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Appel de la CRL à tous les États et organismes internationaux

Le président de la Croix-Rouge libanaise, M. Samy Dahdah, a adressé à tous les États signataires des conventions de Genève et aux organismes internationaux l’appel suivant : « Après trente-trois jours d’offensive militaire, dans un climat de grande violence exercée par les forces israéliennes contre le Liban – violences marquées par le pilonnage systématique de toutes les régions libanaises, violences n’épargnant ni hommes ni bâtiments, provoquant la coupure de nombreuses voies de communications, la destruction de ponts, de routes et de régions résidentielles –, la Croix-Rouge libanaise, en vertu et au nom de sa mission et de ses principes, a pu malgré tout mobiliser ses ressources matérielles et humaines, pour réagir. Une cellule de crise centrale a été créée pour suivre les péripéties des opérations, se tenir aux côtés des sinistrés et des victimes touchés par la guerre et assurer les aides nécessaires aux déplacés dans les divers centres où ils se sont trouvés. « Ainsi 6 000 volontaires ont été envoyés dans les centres et sur le terrain, notamment dans les régions les plus exposées des fronts de la guerre. Les équipes de premier secours ont accompli des opérations humanitaires ainsi que des opérations d’évacuation de civils et de transport des victimes. La CRL a également assuré des services médicaux et des médicaments grâce à ses laboratoires fixes et mobiles, en collaboration avec une équipe médicale volontaire spécialisée. Un recensement a été effectué dans les centres d’accueil des déplacés afin de subvenir à tous leurs besoins. Les centres de transfusion sanguine de la Croix-Rouge ont, en outre, distribué des unités de sang aux hôpitaux. Grâce à son organisation logistique, elle a pu recueillir des aides et les transporter en toute sécurité vers toutes les régions libanaises. » Difficultés de transport « La Croix-Rouge libanaise a également lancé des appels internationaux et locaux d’aide au peuple libanais. Plusieurs organisations ont répondu à cet appel. La Croix-Rouge libanaise a ainsi reçu nombre d’aides humanitaires. Toutefois toutes les aides n’ont pu parvenir à destination, car le transit par les frontières bombardées était très difficile par moments, et en particulier aux premiers jours du blocus. « Les activités et les services humanitaires effectués par la Croix-Rouge durant cette période difficile et véritablement catastrophique ont été retardés et entravés par d’énormes difficultés et de grands obstacles, auxquels le personnel de la CRL a dû faire face dans l’accomplissement de sa mission humanitaire. Ces difficultés ont souvent empêché le déplacement vers les zones sinistrées d’où provenaient de nombreux appels au secours, notamment pour des opérations d’évacuation des blessés et des civils assiégés par les bombardements. Ces entraves étaient dues aux opérations de guerre, qui se sont poursuivies sans relâche, augmentant toujours en intensité, ainsi qu’à la coupure des voies de communications, des ponts détruits, de l’absence de tout couloir humanitaire sécurisé. Comment agir, en effet, en l’absence de tout cessez-le-feu et alors que le nombre de victimes allait augmentant dans les régions intensivement bombardées. Il faut rendre hommage ici au Comité international de la Croix-Rouge, qui est souvent intervenu, mais dont les interventions restaient limitées, en raison du refus israélien de répondre aux demandes d’aides sur le terrain. Ainsi les efforts du Comité international de la Croix-Rouge, acceptables dans l’ensemble, auraient pu avoir de meilleurs résultats, si Israël avait véritablement collaboré. En fait, les Israéliens ont surtout commencé à compliquer la situation après avoir déclaré “zone tampon” le secteur situé au sud du fleuve Litani et détruit le pont de Qassimiyeh. L’emblème de la Croix-Rouge n’a pas été respecté comme il se doit. Les équipes de secours, les équipes médicales, les hôpitaux et les quartiers résidentiels ont été visés. Des massacres ont été commis et des pertes considérables ont été enregistrées au niveau de l’infrastructure. » Violations scandaleuses « Tout ce qui précède prouve que des violations ouvertes, scandaleuses des conventions et traités internationaux, se sont produites et plus précisément la violation des textes du droit international humanitaire et des conventions de Genève, notamment la quatrième convention concernant la protection des civils. Quelle plus grande preuve de la gravité et du caractère abject de ces violations, en effet, que d’attaquer directement des citoyens qui ne participent aucunement aux actes de guerre, ainsi que des équipes médicales de secours et d’assistance, notamment les équipes de la Croix-Rouge libanaise œuvrant sous l’emblème protecteur de la Croix-Rouge, comme le stipulent les conventions de Genève. Ces attaques ont causé, en plus des dégâts matériels subis par les centres et les ambulances, l’arrêt de nombreux centres de services médicaux dans les régions visées par les attaques militaires. Ils ont en outre provoqué la mort d’un secouriste, Mikhaël Georges Gebeily, dans le pilonnage d’un convoi de déplacés, dans la nuit du 11 août. Huit autres secouristes ont été blessés dans divers actes de guerre, dont six dans la région de Cana le 23 juillet et deux autres à Tebnine. Tous ont été visés dans l’accomplissement de leur devoir humanitaire. « Eu égard à tout ce qui précède, la Croix-Rouge libanaise considère comme un fait indéniable que des violations flagrantes des conventions de Genève, notamment celles de 1949, ont été commises. Ces violations consistent dans le ciblage, par les forces israéliennes, de civils situés dans des régions pacifiques. À titre d’exemples non limitatifs, citons : le bombardement aveugle de régions résidentielles à grande densité démographique, dont les populations ont été contraintes de fuir ; le pilonnage direct des convois de déplacés fuyant les régions bombardées ; la destruction d’infrastructures vitales indispensables, dans le but de paralyser la vie civile ; les attaques d’institutions hospitalières et de lieux de culte ; l’attaque des voitures, de convois civils, de véhicules d’associations de secours transportant des équipements médicaux, dont les conventions de Genève assurent la protection et défendent contre toute agression. » Une haute mission « La Croix-Rouge libanaise en appelle donc à toutes les organisations internationales et aux pays signataires des conventions de Genève et leur rappelle leur rôle dans la garantie du respect et de la bonne application de ces conventions. De très graves violations des lois internationales humanitaires ont été commises, dont les effets se prolongent dans le temps, malgré la cessation des hostilités. « La Croix-Rouge libanaise, consciente des principes qui ont présidé à sa création et de sa haute mission au service de tous, assure qu’elle poursuivra sa mission humanitaire quelles que soient les difficultés et les sacrifices, dans le but de défendre la dignité humaine. »
Le président de la Croix-Rouge libanaise, M. Samy Dahdah, a adressé à tous les États signataires des conventions de Genève et aux organismes internationaux l’appel suivant :
« Après trente-trois jours d’offensive militaire, dans un climat de grande violence exercée par les forces israéliennes contre le Liban – violences marquées par le pilonnage systématique de toutes les régions libanaises, violences n’épargnant ni hommes ni bâtiments, provoquant la coupure de nombreuses voies de communications, la destruction de ponts, de routes et de régions résidentielles –, la Croix-Rouge libanaise, en vertu et au nom de sa mission et de ses principes, a pu malgré tout mobiliser ses ressources matérielles et humaines, pour réagir. Une cellule de crise centrale a été créée pour suivre les péripéties des...