Un règlement durable de la crise entre Israël et le Hezbollah ne peut se faire sans le soutien diplomatique de la Syrie, qui garde une influence considérable au Liban par l’intermédiaire du parti de Dieu, estiment des analystes, cités par Joëlle Bassoul de l’AFP.
Damas veut une trêve entre les belligérants avec son aide, pour montrer qu’il pèse toujours au pays du Cèdre malgré le retrait de ses troupes en avril 2005 après des années d’influence politico-militaire, estime le chercheur américain Joshua Landis, spécialiste de la Syrie.
« La Syrie a été chassée du Liban par les États-Unis. Afin de préserver son influence dans le pays, elle a soutenu le Hezbollah », a-t-il affirmé. Maintenant, selon lui, elle veut participer à une solution diplomatique de la crise.
« En étant partie prenante à une trêve, la Syrie remplira, en quelque sorte, le vide par son propre poids diplomatique », a-t-il ajouté.
Dans son dernier rapport, le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG), basé à Bruxelles, appelle les Occidentaux à « réintégrer la Syrie dans l’équation régionale (...) en contrepartie de son engagement à mettre un terme aux efforts de déstabilisation du Liban et à soutenir le désarmement par étapes du Hezbollah ».
« C’est risqué de contourner la Syrie à tout prix », renchérit un diplomate occidental sous le couvert de l’anonymat, en conseillant de « faire un pas » vers ce pays.
Or cela ne semble pas être la tactique des puissances internationales, qui ont ignoré la Syrie dans leurs tractations pour mettre fin à la crise. Au mieux, elles se sont contentées de lui lancer des accusations et des menaces, pour qu’elle retire son soutien au parti de Dieu.
Le président américain George W. Bush et le Premier ministre britannique Tony Blair ont prévenu le 28 juillet l’Iran et la Syrie qu’ils encouraient le « risque de confrontation croissante » s’ils refusaient de jouer un rôle constructif au Proche-Orient.
Le président français Jacques Chirac a écarté tout contact avec le régime de Damas dans son dernier entretien au Monde, sommant la Syrie de ne pas chercher à se venger du Liban parce que cela « risque d’être très dangereux pour elle ».
Pourtant, Damas s’est dit disposé à coopérer en faveur d’une solution à la crise.
« Nous sommes prêts à intervenir pour jouer un rôle positif. Nous demandons que les États-Unis fassent pression sur Israël pour qu’il accepte le cessez-le-feu et l’échange de prisonniers », a récemment déclaré son ministre des Affaires étrangères, Walid Moallem.
Pour les analystes interrogés, l’isolement de Damas ne peut qu’avoir des retombées négatives, surtout si la communauté internationale décide d’un déploiement militaire étranger au Liban sans son feu vert. Et de rappeler le drame de 1983. Un an auparavant, les forces internationales avaient débarqué à Beyrouth en pleine invasion israélienne. Le 23 octobre 1983, des attentats-suicide, imputés par la communauté internationale au Hezbollah, fauchaient 241 marines et 58 militaires français.
Avant même l’adoption à l’ONU d’une résolution pour un tel déploiement, Damas parle déjà de « force d’occupation », d’« internationalisation » du conflit et de renforcement de « l’agressivité de la Résistance ».
« La force internationale (...) occupera le Liban-Sud et sera chargée d’éradiquer la Résistance nationale libanaise en lieu et place d’Israël », écrit, dans ce sens, le quotidien gouvernemental Techrine.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un règlement durable de la crise entre Israël et le Hezbollah ne peut se faire sans le soutien diplomatique de la Syrie, qui garde une influence considérable au Liban par l’intermédiaire du parti de Dieu, estiment des analystes, cités par Joëlle Bassoul de l’AFP.
Damas veut une trêve entre les belligérants avec son aide, pour montrer qu’il pèse toujours au pays du Cèdre malgré le retrait de ses troupes en avril 2005 après des années d’influence politico-militaire, estime le chercheur américain Joshua Landis, spécialiste de la Syrie.
« La Syrie a été chassée du Liban par les États-Unis. Afin de préserver son influence dans le pays, elle a soutenu le Hezbollah », a-t-il affirmé. Maintenant, selon lui, elle veut participer à une solution diplomatique de la crise.
« En étant partie prenante à une trêve,...