Précisions du ministre du Tourisme
Réponse à Nelly Stéphan Abdallah.
Je voudrais tout d’abord souhaiter un bon retour à Mme Nelly Abdallah ainsi qu’aux 150 Libanais rentrés au Liban à bord du paquebot Orient Queen, venant de Limassol.
Par le même occasion, je souhaite à notre cher Liban un retour à la normale dans un très proche avenir, à la suite de la mise en place d’un projet qui assurerait au Liban une nouvelle ère de paix, de stabilité et de prospérité.
Je n’aurais pas répondu à Mme Abdallah n’était-ce sa mention que « le gouvernement libanais assiste impuissant à la destruction de notre pays et que nous nous sentons abandonnés de tous ».
Je voudrais informer Mme Abdallah que la « chance » qu’elle a eue, elle et les 150 passagers de l’agence Nakhal, d’embarquer sur le paquebot Orient Queen est due, entre autres, à mon intervention personnelle, à la demande de M. Élie Nakhal, propriétaire de l’agence, auprès de l’ambassadeur des États-Unis au Liban, qui, à son tour, a transmis ma demande à son gouvernement, le tout ayant abouti à l’obtention du feu vert israélien en dernière minute. Je n’ai fait que mon devoir.
Encore une fois, bon retour au pays.
Joseph SARKIS
Ministre du Tourisme
L’enfer
Le samedi 20 mai de l’an 2000, alors que le Liban vivait en paix sous la férule syrienne et que la vie intellectuelle faisait ce qu’elle fait tellement bien,discuter des affaires de ce monde sans rien y changer, le professeur Jean Salem a donné une conférence dans le grand amphithéâtre de la faculté de droit de l’USJ. Il a fait la critique de notre système politique, tout en prenant soin de proposer de mettre un peu d’ordre dans notre système foireux. Son discours fut reçu avec froideur. Personne n’aime se voir critiqué, surtout dans notre culture orientale. Cela est d’autant plus vrai que la critique concernait des points névralgiques. Tout s’est passé alors comme si le professeur s’attendait à ce que ses paroles tombent dans l’oreille d’un sourd. En effet, il a terminé sa conférence de la manière suivante:
« Si le Liban, longtemps décrit par l’étranger comme la “perle de l’Orient”, ne parvient pas à s’arracher, tant que l’irréversible n’est pas encore accompli, à ses fatalités historiques, à ses contradictions dans l’organisation de l’État, et à tout ce que les erreurs et l’incurie des hommes ont ajouté aux inadéquations institutionnelles, il n’y aura plus qu’à faire graver, sur les murs restaurés et flambant neufs de nos édifices publics, le vers sur lequel s’ouvre le troisième chant de L’Enfer de Dante : “Vous qui entrez, laissez ici toute espérance. ” »
Aujourd’hui, dans les circonstances que l’on sait, je ne puis que relire ces paroles en savourant tout ce qu’elles ont d’amèrement actuel.
Joseph CODSI
Les vrais terroristes
Réagir, tout le monde veut réagir. Aujourd’hui, le monde est contre cette injustice, mais malheureusement, il ne peut réagir face à l’Amérique et à Israël. Pourquoi ? Parce que la majeure partie des dirigeants de ce monde sont des pions américano-israéliens. Après chaque action n’y a-t-il pas une réaction ? Il est tout à fait normal que les pays et les populations attaqués et victimes de cette injustice flagrante voient leurs peuples se défendre et se révolter.
Comment et de quelle manière pouvons-nous réagir face à cette offensive israélienne qui détruit notre si beau pays ? Les État-Unis se croient tout permis, Dans le passé, ils ont attaqué le Koweït sous prétexte de l’offensive irakienne uniquement pour s’approprier le pétrole. Il y a eu ensuite l’Afghanistan, après les attentats du 11-Septembre, sous prétexte de se saisir de Ben Laden (lequel court toujours....). Et encore l’Irak, sous prétexte de renverser Saddam Hussein – encore le pétrole. Aujourd’hui, c’est au tour du Liban sous le prétexte de l’enlèvement de deux soldats israéliens.
Le monde est-il dupe ? La réponse est non. L’Amérique traite les Arabes et le Hezbollah de terroristes. En réalité, qui sont les vrais terroristes ? Ne serait-ce pas ses dirigeants, Bush père et fils, et ces responsable israéliens ?
Aujourd’hui, nous voulons tous la paix dans ce beau pays qui est le Liban, mais aussi dans ce monde où l’injustice règne en même temps que la misère. Sauvons le Liban, sauvons le monde !
Ali BAHSOUN
Appel à l’unité
L’union fait la force ! Les Israéliens sont soutenus par les USA, alors qu’aucun pays arabe ne nous soutient ! Arrêtons de nous taper dessus. Comment peut-on rendre la fierté au Liban si nous ne mettons pas de côté nos différences de religion ? C’est le Liban qui est en jeu! Pourquoi toutes les forces présentes au Liban ne s’unissent-elles pas pour combattre l’ennemi ? Comment retrouver notre fierté si, entre Libanais, il n’y a pas d’entente ? Pourquoi accuser le Hezbollah d’avoir pris deux soldats, alors que des crimes de guerre sont commis, dont sont victimes des civils libanais ? Une minute de silence a été observée à Rome pour les quatre Casques bleus tués. Qui a observé une minute de silence pour tous nos civils massacrés ? On condamne un peu partout le Hezbollah, mais qui ose vraiment condamner Israël ? Ils ont présenté des excuses aux Chinois, mais qui a fait des excuses aux Libanais ?
Quand allons-nous comprendre que les ennemis profitent de nos différences pour nous affaiblir ?
Un été des plus beaux s’annonçait, mais quelqu’un a-t-il pensé à l’été qui s’annonçait dans les geôles israéliennes, où se trouvent nos prisonniers qui se sont battus pour le retrait de l’ennemi et qui faisaient partie du Hezbollah que nous avons tous félicité en 2000 ? A-t-on pensé à leurs parents druzes, chrétiens, sunnites ou autres ? Quelle que soit notre religion, nous prions tous le même Dieu. Pourquoi ne pas s’unir pour régler une fois pour toutes ce problème ? Ils ont détruit, et ils continueront à le faire si nous ne réagissons pas ensemble.
Levons-nous, unissons-nous comme des frères, avec Dieu pour père et notre patrie pour mère. J’aime mon pays,j’aime tous les Libanais et je suis fier d’être libanais.
Ali ALI
À défaut de…
« À défaut de pain, mangez des biscuits », disait allègrement Marie-Antoinette.
Chez nous au Liban :
À défaut de festivals de Baalbeck, de Byblos, de Beiteddine, nous profitons, 24h sur 24, d’un spectacle son et lumières, de bombes et d’explosions.
À défaut de dormir la nuit, nous dormons debout, toute la journée.
À défaut d’essence, nous perdons nos sens en ne sachant plus où on va.
À défaut de voyages organisés, on nous impose un blocus et on nous organise des évacuations en tout genre.
À défaut d’électricité, nous nous remettons à la mode des chandelles, sans les dîners qui vont avec.
À défaut d’une saison d’été, on a eu droit à une saison d’enfer.
« Partir, c’est mourir un peu », disait le poète. Mais quand rester – au Liban – devient une petite mort, c’est qu’il y a péril en la demeure.
Jean-Claude NAHAS
Un blog pour le Liban
Je m’appelle Léa Labaki, j’ai 15 ans et je viens de créer un blog pour les jeunes sur la situation actuelle au Liban. Je voudrais qu’il soit surtout alimenté par des témoignages et des articles de jeunes vivant au Liban ou qui viennent d’en revenir.
Est-ce que vous pourriez demander à vos enfants ou à des jeunes que vous connaissez de m’envoyer des textes ou des photos ? L’adresse e-mail est : save lebanon_2006@hotmail.com.
L’adresse du blog : http://savelebanon2006.skyblog.com.
Merci d’avance.
Léa LABAKI
Tout pour vous aider
Nous sommes français et amis du Liban, de confession catholique. Notre fils a fait plusieurs chantiers avec l’association Offre-Joie et a dû quitter votre pays dimanche alors qu’il effectuait un stage. Nous sommes plus que choqués par l’agression dont fait l’objet votre pays. Nous condamnons très fermement Israël qui, quelque part, utilise des méthodes dignes de Hitler, dont les juifs ont tant eu à souffrir. La construction de murs partout – cela tourne à l’idée fixe – rappelle les violences qui leur ont été faites dans le temps en Europe (les différents ghettos dont celui de Varsovie). On peut se demander si, derrière tout cela (notamment cette guerre), il n’y aurait pas la volonté de certains fanatiques religieux d’établir un « Grand Israël » qui correspondrait à la Terre promise. Certaines réactions dans les milieux juifs français iraient dans ce sens. Dans notre entourage, beaucoup de Français ne prennent pas position, prétendant que c’est un conflit aux origines complexes. Si le Hezbollah a dépassé une ligne bleue, Israël a dépassé la ligne rouge.
Le blocage exercé par les États-Unis à l’idée d’un cessez-le-feu immédiat et son soutien inconditionnel à Israël sont inacceptables. Ils portent en eux les ferments potentiels d’actes de terrorisme à travers le monde. Ce n’est pas en réduisant les gens au désespoir que l’on va vers la paix ; au contraire, on réveille tous les fanatismes.
Nous sommes allés à une manifestation libanaise à Paris pour un cessez-le-feu, et là, nous avons mieux compris la complexité de la situation interne au Liban. À notre niveau, et en utilisant toutes les relations que nous avons, nous ferons tout pour vous aider à obtenir la paix.
Anne-Marie DEBOST
Le dilemme d’une Française
Je suis française, mariée à un Libanais, nous avons trois enfants. En 1998, nous avons fait le choix de venir nous installer définitivement au Liban. Pour moi, ce fut une révélation. Aujourd’hui : partir ? rester? Cette question, je me la pose des centaines de fois par jour. Je pense à mes enfants : j’ai eu la chance, moi, de grandir dans un pays en paix ; sont-ils, eux, obligés de subir de tels événements ? Ne dois-je pas agir avant tout en mère ? Mais je pense aussi à moi. J’aime ce pays, on m’y a accueillie comme nulle part ailleurs on l’aurait fait ; il est devenu le mien. Peut-on quitter le chevet d’un malade ? Ne serait-ce pas se priver de l’immense bonheur d’être près de lui au moment du réveil, de la rémission ?
Il est vrai que notre région (Kesrouan) est épargnée, que nous ne nous sentons pas directement menacés, que nous ne sommes pas obligés de décider dans l’urgence. Cela laisse le temps aux questions. Est-ce utopique de fonder ses espoirs sur ce pays ? Est-ce ridicule de croire qu’en restant, on contribue, non pas à la résistance, mais à la vie tout simplement ?
Pas d’héroïsme, pas de politique, pas de patriotisme dans tout ça, seulement un sentiment sur lequel je ne suis même pas capable de mettre un nom. En résumé : mon dilemme et moi, nous sommes encore là !
Laurence KARAM
Et si l’espoir était encore permis ?
Il est des signes depuis quelque temps qui laissent entrevoir une maturation politique et civique de notre société. Si, si, je vous l’assure, ce n’est pas de l’optimisme beat ; laissez-moi vous expliquer : l’élan de solidarité est quasi total avec les réfugiés du Sud, dans toutes les régions du Liban, et cela malgré les différences politiques déclarées et le patchwork confessionnel congénital.
Il y a bien sûr eu quelques extrémistes qui ont tenté de mettre leur grain de sable, mais il faut reconnaître que globalement, le (et souvent la) libanais(e) moyen(ne) s’est révélé(e) admirable de générosité et d’abnégation. Il y avait déjà eu en 2000, après le retrait israélien sciemment précipité, la retenue exemplaire des forces chiites du Sud, qui avait étouffé toute velléité de règlements de comptes postoccupation sur base confessionnelle. Mis a part, là aussi, quelques incidents isolés et vite circonscrits. Entre ces deux événements, à déclencheur israélien, qui n’avaient pas réussi à mettre le feu à la poudrière confessionnelle, il y eut l’assassinat de Rafic Hariri et la série d’attentats qui suivirent. Ici aussi, mais avec un commanditaire probablement différent (quoique...) et des provocations en série, l’explosion civile n’eut pas lieu non plus.
Il y eut bien sûr le 8 Mars contre le 14, mais en y regardant bien, et pour la première fois depuis des lustres, la bataille n’était plus basée sur une appartenance strictement religieuse. Et surtout, les armes de cette confrontation se limitèrent à des manifestations et contre-manifestations, à des débats parlementaires et/ou télévisés, acerbes certes, mais toujours dans un esprit et un climat des plus démocratiques.
Est-ce que les évènements précités (dont le dernier est malheureusement toujours en cours) laisseraient présager de la naissance – dans la douleur extrême, certes – d’une vraie société libanaise nationale et civique; une société ayant atteint sa majorité politique – au sens noble du terme, et non à celui, clientéliste, moyen-oriental; une société soudée, pouvant transcender la tare confessionnelle et capable enfin de mettre en œuvre un projet de nation libanaise, sur des bases démocratiques, laïques et égalitaires ?
Est-ce que notre « génération de la guerre » a réussi a transmettre à celle de l’après-guerre, ses angoisses certainement, mais surtout sa maturation, sa sagesse, sa compréhension du fait que le sang innocent versé pendant les années de guerre civile n’avait en rien fait avancer la construction de l’État libanais ?
La réponse se trouve en chacun de nous. Nelson Mandela disait, lors de la chute du régime de l’apartheid : « Nous ne sommes pas encore libres, nous avons seulement atteint la liberté d’être libres. »
Elio SASSINE
La honte
La honte d’être français et européen quand Israël, l’État terroriste, assassine en direct devant les caméras et se réjouit de ses meurtres. Chaque jour la honte, à chaque nouvelle tuerie de Tsahal, à chaque nouvelle lâcheté de la communauté internationale. Comment ne pas penser à 1936, quand le fascisme italien écrasa sous les bombes l’Éthiopie et que le frêle Négus obtint des sanctions, inefficaces, de la pitoyable SDN ? Fouad Siniora n’a pas même eu cela de G. W. Bush, Blair et des gouvernements de l’UE, pas même un mot de l’ONU. La honte.
Comment des millions de gens ne sont-ils pas dans les rues du monde comme en 2003 pour crier leur honte devant le crime ? Comment les dirigeants de la lâcheté occidentale peuvent-ils dormir en paix ? La honte a submergé l’Occident.
Luc PERRIN
Penser au pays
J’espère que, cette fois-ci, les politiciens auront la décence de ne pas mettre l’aide étrangère dans leurs poches. Le pays, les Libanais de la banlieue sud, du Liban-Sud, de la Békaa, de Baalbeck, l’armée en ont un besoin urgent. S’ils veulent récupérer le peuple qui soutient le Hezbollah, ils ne doivent pas céder à la tentation. Ils se sont assez enrichis sur le dos de tout le monde durant la première reconstruction. J’espère que, pour une fois, ils sauront penser au pays et au long terme.
Nada HADDAD
Mon Liban
Je t’écris cette lettre pour te dire que je ne t’ai pas oublié et que je ne t’oublierai jamais ! Tu es toute ma vie. Mon passé, mon présent et mon futur ! Je ne saurais comment vivre sans toi. C’est difficile de croire qu’on soit loin l’un de l’autre. Toi qui m’as appris à aimer de tout mon cœur, sans condition et sans discrimination. Toi qui m’as appris à ne pas haïr et à toujours pardonner. Comment alors pourrais-je t’oublier ?
C’est dur pour moi d’accepter ce qui t’arrive. Pourquoi, d’ailleurs ? Je me pose cette question souvent ces derniers jours. Tu as toujours laissé les autres te dire ce qu’ils voulaient et faire ce qu’ils voulaient. Tu ne les as jamais punis et jamais rejetés, et pourtant tu aurais dû ! Comment acceptes-tu ce qui t’arrive ? Tu aurais dû t’isoler loin derrière un grand mur.
Tu es ma vie, et mon cœur saigne de te voir souffrir. Je ne dors plus, je pense à toi. Je passe mes journées à te chercher, à comprendre ta douleur et ta force. Je ne sais plus quoi faire, je voudrais t’aider mais personne ne m’écoute, tout le monde t’a tourné le dos. À part moi et tous ceux qui sont comme moi. Mais il y a aussi une amie, qui ne veut pas que tu souffres, qui veut t’aider. Elle aussi invite les autres à t’aider. Elle aussi saigne de te voir souffrir. Comment expliquer à tes enfants qui t’aiment ta souffrance, ta douleur et tes larmes ?
Éliane BITAR
Refoulé…
Je lis et relis tous ces messages envoyés par des Libanais et autres personnes de nationalités diverses. La terre entière pleure le Liban. Ces petits articles sont très touchants, pleins d’affection et de tendresse, pleins d’attention mais vides de rage. Cette rage qui vous ronge, qui vous « cuit » à feu doux. Ce pays, je l’aime, je l’adore, oui mais... Je suis née en 1976, j’ai vécu toute la guerre avec ses horreurs et sa cruauté. Les souvenirs d’enfance et d’adolescence ne sont que violence, fuite, tristesse, agression, frayeur. Pourquoi revivre cela ? Pour qui revivre cela ? De quel droit nous fait-on revivre cela ? Parce que, de temps à autre, un soi-disant héros veut faire ce que bon lui semble de tout un peuple ? Ce n’est plus un pays, c’est une tour de Babel où chacun s’exprime en une langue. Mais on est tous libanais ! Ce que j’essaye de comprendre, c’est jusqu’où il faut aller dans le sacrifice de sa vie pour un pays qui, en trente ans, ne m’a offert que des horreurs. Naître en guerre, respirer à peine, suffoquer sous le contrôle syrien, survivre sous la crise économique qui n’en finit plus, puis mourir, oui mourir une deuxième fois, en attendant l’inconnu, en réalisant la dureté de l’avenir jamais garanti. Est-ce que nous naissons pour être punis dans ce pays ?
Et puis, on nous demande de ne jamais partir…
Muriel MOUBARAK
Des évidences
L’opération israélienne contre le Liban, au-delà de l’horreur qu’elle suscite, fait ressortir un certain nombre d’évidences et il faut être aveugle ou aveuglé par un incommensurable orgueil pour ne pas les voir :
1) Toutes les parties sont impuissantes à désarmer et déloger le Hezbollah.
2) L’armée israélienne en a été tout aussi incapable après toutes ces journées d’horreur. Elle ne réussira pas davantage en prolongeant le martyre des Libanais.
3) Une invasion du Liban-Sud ferait le bonheur du Hezbollah pour la raison simple que tout cela se transformerait en guérilla sur son propre terrain. C’en serait fini de l’avantage technologique de l’armée d’invasion.
4) Au contraire, à poursuivre cette opération insensée, ou à l’amplifier encore, Israël est en train de liquider le solde bien maigre qui lui reste de sympathie dans le monde. Le mythe du droit de se défendre a été éventré par les bombes israéliennes. Quelques autres mythes sionistes risquent de se dégonfler à leur tour.
5) Aucune force multinationale ne pourra, ni politiquement ni militairement, engager une guerre contre le Hezbollah.
6) Il serait temps que messieurs les stratèges aveugles, inhumains et insensibles mesurent le potentiel de sympathie que le Hezbollah a gagné ces jours-ci dans l’ensemble du monde arabe, de la presqu’île à l’océan, et des risques aggravés que courent maintenant les régimes alliés des USA de sauter comme des bouchons de mauvais champagne de Californie.
Conclusion douloureuse, mais seule réaliste : au Liban, le Hezbollah est incontournable. Il faut discuter avec lui. Israël l’a déjà fait auparavant. Rien n’empêche de le faire à nouveau. Sauf l’orgueil.
Autre conclusion réaliste à l’usage des USA, celle-ci : à l’échelle régionale, qu’il s’agisse des bourbiers libanais, palestinien ou irakien, l’Arabie, l’Égypte, les pays du Maghreb et du Machrek arabes, réunis ou divisés, ont démontré leur impuissance. L’interlocuteur iranien s’impose. Et c’est une solution globale et équitable qu’il faut rechercher avec son aide.Qu’on aime ou qu’on n’aime pas.
Joseph BERBERY
Laval, Québec – CANADA
Faucons et vrais ennemis
Il y a un peu plus d’un an, des centaines de milliers de Libanais déferlaient dans la rue pour soutenir la renaissance d’un Liban libre et démocratique. Notre diaspora se joignait à une jeunesse ivre de changement. Nos politiciens nous promettaient ce Liban rêvé. Et pour cause : l’Amérique de Bush nous soutenait. Le Texan était en pleine « love story » avec ce Liban dont il avait vraisemblablement ignoré l’existence jusqu’à peu. Liban « here », Liban « there » : l’Amérique entonnait un refrain résolument libanais. « Democratize me », semblait chanter une majorité de la population, convaincue que les faucons de Washington n’étaient somme toute pas la bande d’ignares qu’une certaine partie de la population avait pris peine de fustiger. Un peu plus d’un an plus tard, c’est ce même gouvernement qui donne le feu vert à la destruction systématique du pays. Notre Premier ministre a beau supplier le monde de l’aider, l’Amérique reste de marbre : « Laissez jouer... »
C’est avec dégoût que j’assiste, impuissant, au déluge de haine et de feu qu’Israël déverse sur notre petit pays, incapable de résister à cet agresseur surarmé. Lâché par ceux-là mêmes qui nous promettaient liberté et prospérité. L’agression israélienne a brisé notre beau pays et il faudra des années pour réparer les dégâts matériels et psychologiques.
Comment convaincre les étrangers que le Liban est encore un pays à visiter ? Comment encore attirer les investisseurs à qui on promettait la stabilité ? Comment même espérer un retour au pays de notre diaspora si qualifiée ? Mais comment soutenir le Hezbollah qui a laissé tout cela arriver ? Sayyed Nasrallah ne doit pas regarder la télé. Nous voici acculés à la mort par le Hezbollah, lâchés contre toute attente par nos « amis étrangers ». Quel cynique paysage : ces images de notre pays dévasté par des bombes « made in USA ».
Charles D. CORM
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