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Actualités - Chronologie

La Syrie veut utiliser le conflit pour rompre son isolement international

La Syrie, qui a adopté un attentisme prudent depuis le début de l’offensive israélienne au Liban, cherche à rompre son isolement international en se présentant comme un partenaire incontournable dans tout règlement de la crise, selon des analystes et des diplomates à Damas. Pour l’éditorialiste Imad Chouaïbi, proche du gouvernement, « la Syrie détient la clé du règlement ». « Écarter Damas est absurde. La Syrie est sur la ligne de confrontation directe avec Israël et le Hezbollah est le nœud du problème », a-t-il déclaré à l’AFP. « Israël ne supportera pas une longue guerre d’usure et la communauté internationale sera finalement obligée de solliciter l’aide de Damas », a-t-il poursuivi. Un diplomate occidental abonde dans ce sens. « Pour la Syrie, pays soumis depuis un an à un isolement international assez fort, ce conflit pourrait lui permettre de réintégrer le concert diplomatique international », estime-t-il, affirmant qu’il sera « très difficile de laisser Damas à l’écart ». La Syrie a fait preuve de retenue dans ses déclarations et a évité toute escalade verbale, dans le but apparent de convaincre la communauté internationale qu’elle est un partenaire obligé et réfléchi dans cette crise. Mais la sollicitation de la Syrie se faite attendre, apparemment pour donner à Israël le temps d’infliger le maximum de pertes au Hezbollah. « Israël est en train de faire le travail que beaucoup attendaient : se débarrasser du Hezbollah. Tout le monde est heureux que le Hezbollah soit affaibli », souligne encore le diplomate. « D’une part, il est anormal que des milices contrôlent une frontière, comme c’est le cas du Hezbollah au Liban-Sud, et, d’autre part, les pays arabes sunnites ne voient pas d’un bon œil la montée en puissance d’un mouvement chiite appuyé par Téhéran », ajoute-t-il. « Damas a d’abord observé un mutisme total par souci de ne pas apparaître » comme étant à l’origine du problème, affirme l’analyste Ibrahim Hmeidi. « La Syrie s’attendait aussi à être sollicitée immédiatement pour intervenir dans le règlement de la crise en raison de ses liens stratégiques avec le Hezbollah », a ajouté M. Hmeidi. « Aujourd’hui, Damas offre une initiative complète comprenant un cessez-le-feu immédiat, l’établissement de contacts pour un échange de prisonniers et le lancement d’efforts diplomatiques pour un règlement global », estime-t-il. « En surface, la Syrie apparaît totalement écartée des contacts internationaux. Mais, à y regarder de plus près, nous remarquons des signes d’ouverture vers Damas à travers des tierces parties », poursuit cet analyste. Il cite à l’appui de ses propos la rencontre dimanche d’un envoyé spécial allemand avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem. Il serait, « selon les informations circulant dans les sphères politiques à Damas, venu tâter le terrain et sonder jusqu’à quel point la Syrie est prête à s’impliquer dans le règlement de la crise », a affirmé M. Hmeidi. « La communauté internationale veut que Damas dévie de sa politique traditionnelle et abandonne le Hezbollah et l’Iran, en échange d’une rupture limitée de son isolement », a-t-il ajouté. Le diplomate cité plus haut estime cependant qu’il ne faut pas exagérer la capacité de persuasion de Damas. « Le Hezbollah est certes influencé par la Syrie, mais c’est aussi un mouvement libanais qui répond à des exigences libanaises. Damas ne sera pas facilement entendu maintenant s’il demande (au Hezbollah) la libération des deux soldats » israéliens, estime-t-il.
La Syrie, qui a adopté un attentisme prudent depuis le début de l’offensive israélienne au Liban, cherche à rompre son isolement international en se présentant comme un partenaire incontournable dans tout règlement de la crise, selon des analystes et des diplomates à Damas.
Pour l’éditorialiste Imad Chouaïbi, proche du gouvernement, « la Syrie détient la clé du règlement ».
« Écarter Damas est absurde. La Syrie est sur la ligne de confrontation directe avec Israël et le Hezbollah est le nœud du problème », a-t-il déclaré à l’AFP.
« Israël ne supportera pas une longue guerre d’usure et la communauté internationale sera finalement obligée de solliciter l’aide de Damas », a-t-il poursuivi.
Un diplomate occidental abonde dans ce sens.
« Pour la Syrie, pays soumis depuis un an à un isolement...