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Actualités - Opinions

L’agression israélienne et ses retombées

Profiteurs, arrêtez ! En ces moments tragiques que traverse notre pays, il est nécessaire de dire aux profiteurs d’arrêter. Aux chauffeurs de taxi qui ont doublé ou triplé leurs tarifs de cesser. Pas plus de quatre personnes à bord pour un aller simple à Damas et pour 1 000 ou même 1 500 dollars ? Un peu de pudeur ! Quant à nos marchands de légumes, on peut comprendre par exemple la rareté de ces produits, voire des fruits en ces temps de guerre, mais les vendre pourris parfois et à des prix exorbitants, voilà qui est inadmissible Et que dire du marché noir où le dollar atteint parfois le seuil des 1 600 ou 1 700 livres libanaises ? Dans les supermarchés, certains produits, comme par exemple les boîtes de thon, sont bien là et en quantité, mais une fois que vous ouvrez une boîte, vous remarquez qu’elle contient du piquant sans que rien ne le signale à l’extérieur. D’autres produits ne comportent aucune date d’expiration. Soyons au moins solidaires pour sauver notre pays. Antoine SABBAGHA Aidez-nous ! Une question me taraude : que fait, au juste, l’ONU ? Pour le moment, autant dire rien. Israël continue à frapper froidement en tuant sans lésiner, sans faire de quartiers. On nous dit qu’Israël n’applique que le principe de légitime défense instauré par l’article 51 de la Charte des Nations unies. Cet article énonce expressément la règle suivante : « Aucune disposition de la présente charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un membre des Nations unies est l’objet d’une agression armée, jusqu’à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales (...) » Si nous prenons à la lettre cet article, oui Israël a le droit de se défendre, à la condition cependant que la riposte soit proportionnée, mesurée. Je suis sidéré, une fois de plus, face à l’impuissance de l’ONU, qui se plie aux exigences américaines, même sans se l’avouer ouvertement. Agir comment ? Nous sommes face à des parties inégales en force. Une organisation mondiale faible, un pays d’une force inégalée, une Europe incapable d’agir seule (sauf par quelques aides humanitaires, ce qui est déjà pas mal) et un pays meurtri, éternel bouc émissaire dans la région. Au lieu d’agir rapidement et efficacement, l’ONU prône le dialogue conformément aux principes de sa charte. Mais dialoguer avec qui ? Quelle issue pour le Liban dans tout cela ? Une dernière fois, je pousse un cri d’alarme : aidez-nous avant que notre pays ne soit radié de la carte. J-P MOUBARAK Qui d’autre qu’Israël ? Aujourd’hui je ne suis pas fier d’être Français et Européen, pas fier de notre manque de réaction. Nous sommes juste capable de rapatrier nos ressortissants, mais les Libanais, nous n’en avons rien à faire. Je me demande combien de temps le peuple libanais va payer un génocide vieux de plus de soixante ans. En effet, excepté Israël, quel autre pays au monde pourrait se permettre d’attaquer l’un de ses voisins sans aucune réaction de la communauté internationale ? Je crois qu’il ne faut pas confondre être antisémite et s’opposer à l’agression israélienne ; ce serait là faire le jeu des extrémistes sionistes que de faire cette assimilation. Je pense que le but d’Israël est de détruire l’un de ses voisins, seul pays pluriculturel et multiconfessionnel parmi ses voisins et qui plus est capable de rivaliser avec lui sur le plan culturel intellectuel et touristique. Je pense qu’il faut envoyer une force d’interposition européenne. Je pense qu’il faut aussi prendre des sanctions économiques contre Israël pour forcer ce pays à rembourser les dégâts occasionnés. Le pays croule sous les dettes de la reconstruction. Qui va payer les milliards de dégâts ? C’est à Israël seul d’assumer. L’Allemagne paie encore aujourd’hui les frais de l’Holocauste. Les Israéliens assumeront-ils aussi ceux des dégâts ? Michel DUC Courage et dignité Je ne veux pas revenir sur les tenants et les aboutissants politiques de cette nouvelle agression Israélienne contre le Liban, dont le prétexte a été généreusement offert par le Hezbollah avec la capture des deux soldats, mais je voudrais souligner l’importance de cet élan de solidarité dont ont fait preuve les Libanais dans cette guerre de destruction et d’annihilation qui leur a été imposée une fois de plus. Je voudrais souligner à cet égard le formidable dévouement des jeunes Libanais, toutes tendances confondues, ceux de la Croix-Rouge, les jeunes étrangers étudiants au Liban ou stagiaires, la mobilisation de la diaspora libanaise et les étrangers (surtout les Français en France). Il est important de se soutenir les uns les autres dans cette crise, de ne pas se perdre de vue... simplement pour survivre. Nous sommes embarqués sur un même navire qui chavire et notre unique planche de salut est de s’épauler et se soutenir. Paul SAWAYA The Lebanese Network For Peace Initiatives Pour ne jamais plus en arriver là Depuis la désillusion qui a suivi la chance historique pour un Liban libre, indépendant et souverain, un certain 14 mars 2005, les déceptions se sont succédé jusqu’au jour maudit du 12 juillet 2006. Et pourtant, les lecteurs continuent à s’exprimer : condamnation de l’irresponsabilité du Hezbollah et/ou de ses intentions, condamnation du monstre prénommé Israël, du machiavélisme des États-Unis, du silence de la communauté internationale, de la stérilité de la Ligue arabe, etc. Ceci est naturellement compréhensible. La déception est en effet grande, surtout qu’en juillet 2006, beaucoup de Libanais et d’amis du Liban pensaient avoir atteint un certain niveau de maturité politique et communautaire, que la guerre faisait vraiment partie d’un passé douloureux, qui nous a mûris tous. Et pourtant, on en est arrivé là. En juillet 2006, n’importe quel personne qui lit régulièrement la presse locale, régionale et internationale d’une façon objective aurait pu prévoir une réaction démesurée de l’État hébreu à l’enlèvement de ses soldats. Et pourtant, on en est arrivé là. Ne pensez-vous pas que depuis le 11 septembre 2001 les messages des États-Unis sont clairs ? Chers lecteurs, Libanais et amis du Liban, il est temps de commencer à assumer nos responsabilités et d’arrêter de continuellement pointer du doigt les « autres » pour les malheurs du Liban. Condamner les « injustices étrangères perpétrées à l’encontre du Liban » ne nous mènera à rien. Mais commencer à agir pour l’intérêt du Liban, oui agir, car nous sommes les premiers responsables ! Commencer à comprendre que personne ne peut renforcer le Liban à part les Libanais eux-mêmes, les amoureux d’un Liban civilisé, libre et indépendant, comme vous et moi. Et le plus important : rester lucide et honnête envers soi-même. Oui, si nous voulons vraiment avancer vers un futur meilleur, apprenons à agir avec lucidité et, surtout, éviter le défaitisme, la naïveté, le manque de confiance et d’audace, et la passivité qui nous suit depuis 1969. Soyons actifs, au Liban et à l’étranger, pour ne plus laisser les « autres » agir à notre place, pour ne jamais plus en arriver là… G. M. Le jeu de la guerre Je vous lis tous les jours. N’ayant pas de gros moyens, je ne puis m’abonner pour vous lire intégralement. Pour les personnes qui veulent se distraire et réfléchir sur la violence de la guerre, j’ai un nouveau concept : s’affronter en jouant aux échecs. Les vies ne sont pas en jeu et pas de destructions. En plus, on devient plus réfléchi et intelligent. Voici l’adresse blog : http://echecabush.over-blog.com Bon courage à tous les Libanais qui subissent cette guerre. Annick LELEU Lettre de Lorient J’ai 50 ans, je demeure près de Lorient, en Bretagne française. Depuis mon adolescence, je vois des images du Liban à la télévision : des chars dans la plaine de la Békaa et les murs troués de Beyrouth. Pourtant les cèdres j’en rêve et de vous aussi, sans jamais vous avoir visités. Je vous aime, je vous aime tous, je vous aime tant, je vous aime et j’en ai marre de la connerie du monde. Robert Des questions Au nom de l’homme et des Libanais : la raison du plus fort restera-t-elle toujours la meilleure ? Jusqu’à quand l’homme va-t-il rester sourd à l’appel de son frère qui souffre ? Jusqu’à quand le Liban, mon pays, le pays du Cèdre chanté dans les psaumes va-t-il souffrir et payer la facture des guerres qui ne sont pas les siennes ? Chers compatriotes, ne pensez-vous pas que Dieu est amour et paix de l’homme qui a « droit » de vivre en paix ? À ma famille, à mes amis, je suis de cœur très profondément unie avec vous… À tous les Libanais, unissez-vous et surtout dans la prière. À tous les croyants, priez pour nous et à tous les non-croyants, unissez-vous aux hommes que nous sommes. À tous les responsables, pensez que vous aurez à rendre compte de ce que vous avez accompli, et surtout de ce que vous deviez faire. Marianne HADDAD Un Liban beau et souverain L’action menée par Israël fera plier le Hezbollah. À la condition que le peuple libanais fasse pression sur ses gouvernants. À condition que la volonté de vivre en paix l’emporte. Pour cela, il faut des sacrifices, il faut y mettre de la détermination. N’oublions pas que l’on a les gouvernants que l’on mérite. Je rêve d’un Liban beau et souverain... j’y crois ! Gilles-Henri AYGALENQ Une mentalité du Moyen Âge Que le Liban, terre d’exil, pays que nous Français aimons, cesse de payer lourdement son accueil charitable et sa grande fraternité à des peuples, sans scrupule, qui vivent encore avec une mentalité du Moyen Âge : une religion qui engendre la haine et non l’amour, la mort et non la vie. Geneviève BADOUX Bons baisers de Damas Loin des manifestations de soutien aussi peu spontanées qu’utiles, très loin des déclarations officielles de solidarité dont le seul intérêt est d’entrecouper le flux de flashs d’information annonçant nos derniers déboires, encore plus loin de tout calcul politique. Les entreprises syriennes, la société civile, les associations et les ONG bougent. Création d’un fonds de soutien alimenté par les entreprises locales et de généreux donateurs, don par les sociétés de télécoms d’un numéro vert et de l’ensemble de leurs panneaux d’affichage, mise en place d’une centrale d’appels, prise en charge à la frontière, camps de fortune, accueil chez l’habitant, couvents, écoles, églises et mosquées mis à disposition, distribution de denrées alimentaires, de médicaments… La mobilisation des associations, des scouts et d’innombrables volontaires bat son plein… La solidarité, ici et aujourd’hui, n’est pas un vain mot. Évidemment tout n’est pas parfait, mais depuis une semaine, être Libanais à Damas n’a, soudain, plus la même connotation. Le froid (légitime ?) entre les peuples voisins ne semble pas résister à l’ampleur du drame humanitaire. Pas de quoi se réjouir… Mais ça fait plaisir quand même ! Jihad R. KOSREMELLI L’alliance avec les USA Qu’en est-il de l’alliance avec les États-Unis ? M. Bush a prôné sur tous les tons les mérites de la démocratie. Il a dit que la révolution du Cèdre devait être protégée et aidée. Pourquoi n’arrête-t-il pas aujourd’hui la destruction systématique du Liban ? Les alliés de Washington doivent tirer la conclusion de cette passivité : ils ne comptent pour rien dans le système de classification des alliances que Condi et George ont établi de par le monde. Dr Mounif El-YOUSSEF Rochester, Minnesota – USA Bon courage ! Juste un petit mot pour vous adresser mes félicitations de réussir à continuer un travail d’une telle qualité dans une situation aussi difficile. Je suis fils de Français qui ont quitté le Liban définitivement et sans savoir ce qui allait arriver, une semaine avant le début de cette tragédie. J’étais moi-même encore à Beyrouth le 30 juin. Nous sommes tous, dans ma famille, catastrophés par ce qui se passe. Surtout tenez bon ! On pense à vous ! Vive l’amitié franco-libanaise ! Vive le Liban et ses merveilleux habitants ! Jérôme DUNANT Ne laissez pas le Liban mourir Je suis Française ; je suis venue m’installer au Liban, après avoir rencontré, bien entendu, l’homme de ma vie, un Libanais. Je suis arrivée en 1999 et suis tombée follement amoureuse de ce pays, de sa population. Ils m’ont accueillie, acceptée comme l’une des leurs. Je n’ai jamais regretté mon choix, même encore aujourd’hui. Quand je vois les avions jeter le feu de leur haine sur l’aéroport de Beyrouth, sur Baalbeck, sur la Békaa, sur Tripoli et sur de petits ports de pêche comme Byblos. Quand je vois les images à la télé de ce Liban que j’ai vu renaître petit à petit durant sept années et qui maintenant n’est que tas de cendres, que tout est à refaire... Je pleure. Ils sont en train de détruire une fois de plus ce magnifique pays qui se relève à peine d’une longue et traumatisante guerre. L’occasion est simplement trop belle de re-essayer encore une fois de faire exploser le Liban. Le prétexte a été fourni. Il y a eu effectivement provocation. Je ne supporte en aucun cas le Hezbollah, mais la riposte d’Israël est démesurée, d’autant plus qu’ils ont attaqué le Liban en violant plusieurs lois internationales et qu’ils continuent en utilisant des bombes au phosphore. Encore une fois, les États-Unis soutiennent le gouvernement israélien, malgré l’ampleur des dégâts et de la force utilisée. Les porte-parole américains affirment que le Liban a eu un an et demi pour implanter la résolution 1559 de l’ONU, mais ne l’a pas fait. Ils pensent que les frappes d’Israël sont un cadeau du ciel pour la population libanaise, prise en otages. Mais se sont-ils posé la question de savoir pourquoi ? Bien triste situation que celle du Liban. Un si beau pays, meurtri, torturé depuis des années... Myriam BOYELDIEU-NADER NDLR Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance.
Profiteurs, arrêtez !

En ces moments tragiques que traverse notre pays, il est nécessaire de dire aux profiteurs d’arrêter. Aux chauffeurs de taxi qui ont doublé ou triplé leurs tarifs de cesser. Pas plus de quatre personnes à bord pour un aller simple à Damas et pour 1 000 ou même 1 500 dollars ? Un peu de pudeur ! Quant à nos marchands de légumes, on peut comprendre par exemple la rareté de ces produits, voire des fruits en ces temps de guerre, mais les vendre pourris parfois et à des prix exorbitants, voilà qui est inadmissible Et que dire du marché noir où le dollar atteint parfois le seuil des 1 600 ou 1 700 livres libanaises ?
Dans les supermarchés, certains produits, comme par exemple les boîtes de thon, sont bien là et en quantité, mais une fois que vous ouvrez une boîte, vous remarquez qu’elle...