L’île de Chypre commence à ployer sous l’afflux massif d’étrangers évacués en catastrophe du Liban, obligeant les autorités chypriotes à demander l’aide de l’Union européenne, indique l’AFP.
Les ports et aéroports de l’île plient sous le poids des milliers de personnes qui quittent le Liban. Les réfugiés arrivent à Chypre au plus fort de la saison estivale : les places libres sont rares dans les hôtels du pays, ou à bord des vols au départ de Larnaca ou de Paphos. Et alors que l’exode des étrangers et des Libanais est loin de devoir s’arrêter, l’évacuation des réfugiés est en train de tourner au cauchemar logistique pour les autorités locales. Ces dernières estiment qu’au moins 70 000 personnes pourraient transiter par l’île, en plus des 11 500 qui sont déjà passées par Chypre après le début de l’offensive israélienne, le 12 juillet.
« Le nombre de personnes fuyant les bombardements est appelé à augmenter », estimait jeudi le chef de la diplomatie chypriote, George Lillikas, après une réunion sur la gestion de la crise. Le ministre a également lancé un appel à l’Union européenne pour qu’elle l’aide à faire face et a clairement fait savoir que Chypre ne pouvait constituer qu’une base de transit, pas un lieu d’installation durable. « Nous ne pouvons pas faire face à de longs séjours » de réfugiés, a expliqué M. Lillikas. « Nous faisons le nécessaire pour que les séjours durent quelques heures ou le temps nécessaire. C’est pourquoi nous avons demandé (à l’UE d’affréter) un nombre important d’avions », a-t-il ajouté. Selon M. Lillikas, les Européens ont promis de faire le maximum pour satisfaire la demande de Chypre.
Quand Chypre s’est proposée comme base de repli pour les réfugiés du Liban, elle n’a pas demandé d’aide financière. Et plusieurs pays participant aux opérations d’évacuation en ont eux-mêmes supporté le coût. Depuis plusieurs jours, Larnaca et Limassol, sur la côte sud de l’île, voient un nombre record de navires accoster dans leurs ports, alors que l’engorgement dans le port de Beyrouth a causé des retards. L’aéroport de Larnaca est obligé de maintenir en vol les avions à cause de la saturation au sol des emplacements de parking occupés par les appareils qui évacuent les réfugiés. Et les aiguilleurs du ciel chypriotes vont devoir faire face à de nouveaux casse-tête avec l’arrivée prochaine d’avions supplémentaires américains, français, canadiens et britanniques. Les navettes incessantes d’hélicoptères entre Beyrouth et Larnaca ajoutent encore à l’embouteillage général.
« Il y a des demandes constantes d’avions qui veulent atterrir et embarquer les étrangers, mais la place est limitée et nous devons nous occuper aussi des vols de touristes », déplore un responsable de l’aviation civile. Plusieurs vols ont dû ainsi être détournés vers l’aéroport de Paphos, à une centaine de kilomètres plus à l’ouest. Et des centaines de membres des représentations diplomatiques sont venus coordonner l’évacuation et parfois le placement de leurs ressortissants dans des hôtels souvent pleins. Un camp improvisé a également été monté par les Américains pour un millier d’entre eux près de la capitale Nicosie. « Nous nous attendons à un afflux de 2 200 personnes dans les 24 prochaines heures. Cela va être un véritable défi », a déclaré l’ambassadeur américain à Chypre, Ronald Schlicher. « Je sais quelle contrainte doit gérer le gouvernement chypriote. Cela a été remarquable et l’effort n’est pas seulement noble, mais surhumain », a estimé M. Schlicher.
L’île se sent abandonnée
Par ailleurs, et bien qu’elles aient demandé l’aide de l’UE, les autorités chypriotes se plaignent de l’absence de soutien de la communauté internationale pour faire face à l’afflux grandissant de personnes évacuées du Liban. « Jusqu’à maintenant, Chypre a été pratiquement livrée à elle-même pour aider ces milliers de personnes », a regretté le porte-parole du gouvernement chypriote, Christodoulos Pashardes, devant la presse. « Ce chiffre si incroyablement élevé constitue déjà un défi pour nos infrastructures et pour la capacité de Chypre à répondre efficacement à ce grave problème humanitaire », a ajouté le porte-parole.
« Nous sommes confrontés à un dilemme », a ainsi expliqué à la radio le ministre des Affaires étrangères George Lillikas. « Soit nous continuons notre effort humanitaire avec les moyens dont nous disposons, soit nous faisons ce que les autres pays font, c’est-à-dire interdire Chypre aux non-Européens (...). Nous préférerions que cela n’arrive jamais », a dit le ministre.
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Les ports et aéroports de l’île plient sous le poids des milliers de personnes qui quittent le Liban. Les réfugiés arrivent à Chypre au plus fort de la saison estivale : les places libres sont rares dans les hôtels du pays, ou à bord des vols au départ de Larnaca ou de Paphos. Et alors que l’exode des étrangers et des Libanais est loin de devoir s’arrêter, l’évacuation des réfugiés est en train de tourner au cauchemar logistique pour les autorités locales. Ces dernières estiment qu’au moins 70 000 personnes pourraient transiter par l’île, en plus des 11 500 qui sont déjà passées par Chypre après le...