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Actualités - Opinion

Rationnement des médicaments pour éviter la pénurie

Dès les premiers jours du blocus, les Libanais, « surtout les cardiaques, les diabétiques et les personnes ayant des problèmes de tension », se sont rués dans les pharmacies, dévalisant les rayons. « Un rush sur le lait pour nourrisson, la ventoline et les tranquillisants a été également enregistré », disent en gros la dizaine d’apothicaires contactés par L’Orient-Le Jour. « Les gens sont inquiets. Nous essayons de leur expliquer que nous ne sommes pas en rupture de stock, que les fournisseurs continuent à livrer normalement la marchandise, mais ils ne veulent rien entendre. Ils font leur réserve pour deux et trois mois », souligne un pharmacien. « Il n’y a pas de pénurie de médicaments », confirme Armand Pharès, président du syndicat des importateurs de médicaments. Malgré le cortège de difficultés, « nous avons de quoi nous suffire pour trois à quatre mois ». Les fournisseurs sont des « professionnels qui multiplient les initiatives pour répondre aux besoins du marché, c’est-à-dire de toute la population » et pour assurer les produits manquants dans les quartiers et régions où la présence des réfugiés a triplé ou doublé le nombre d’habitants. Néanmoins, les pharmaciens sont appelés « à ne pas gonfler leur commande de manière injustifiée et à ne pas stocker leur marchandise. Nous sommes en état de siège et il faut être solidaires », car les besoins des hôpitaux vont être nécessairement multipliés par vingt et trente, a encore souligné M. Pharès. Les produits vont être écoulés beaucoup plus rapidement qu’en temps normal. Certains pourraient manquer et d’autres suffire pour douze mois encore. Aussi, « en attendant la levée du blocus, notre devoir national est de rationner le médicament et de gérer la situation intelligemment ». M. Pharès a, par ailleurs, démenti la rumeur selon laquelle les distributeurs refusent de livrer les médicaments aux hôpitaux et aux pharmacies à moins d’être payés comptant. « On leur demande de rembourser les arriérés. Cela a toujours fonctionné ainsi et je ne vois pas pourquoi ils ne peuvent pas payer leur dette alors qu’ils encaissent cash la vente de leur produit », souligne M. Pharès. En ce qui concerne le prix des médicaments, le président du syndicat des importateurs rappelle que depuis les années cinquante, le médicament est tarifé par le ministère de la Santé et les importateurs se sont engagés à respecter cette tarification. « Nous sommes une trentaine d’importateurs, si l’un de nous va s’amuser à augmenter ses prix, il sera vite pointé du doigt par les pharmaciens », a dit M. Pharès. Il ajoute, cependant, que « si, à Dieu ne plaise, la guerre devait durer, nous serons obligés d’importer la marchandise par le port d’Alexandrie, de Larnaca ou celui d’Athènes. Il y aura, par conséquent, des frais exceptionnels. Si le ministre de la Santé décrète un taux de marge supplémentaire qui nous permettra de couvrir les coûts, c’est bien. Dans le cas contraire, nous assumerons nous-mêmes les frais. En tout cas, nous ne ferons rien de notre propre initiative, rien sans l’accord du ministère ». May MAKAREM
Dès les premiers jours du blocus, les Libanais, « surtout les cardiaques, les diabétiques et les personnes ayant des problèmes de tension », se sont rués dans les pharmacies, dévalisant les rayons. « Un rush sur le lait pour nourrisson, la ventoline et les tranquillisants a été également enregistré », disent en gros la dizaine d’apothicaires contactés par L’Orient-Le Jour. « Les gens sont inquiets. Nous essayons de leur expliquer que nous ne sommes pas en rupture de stock, que les fournisseurs continuent à livrer normalement la marchandise, mais ils ne veulent rien entendre. Ils font leur réserve pour deux et trois mois », souligne un pharmacien.
« Il n’y a pas de pénurie de médicaments », confirme Armand Pharès, président du syndicat des importateurs de médicaments. Malgré le cortège de difficultés, «...