Au troisième jour des évacuations décidées par les chancelleries occidentales, les ressortissants étrangers qui n’ont pas encore quitté le pays s’impatientaient hier sur les docks du port de Beyrouth, rapporte un reportage de l’AFP signé Marc Burleigh.
Ils s’en prennent particulièrement à la lenteur des évacuations, prévues notamment à bord de bateaux, dépêchés par leur gouvernement.
Alors que des centaines de Français, Norvégiens, Britanniques et Américains ont déjà quitté la capitale dans la nuit de mardi, d’autres attendent toujours l’arrivée des quelque 20 bateaux ayant obtenu le feu vert d’Israël pour mouiller dans le port de Beyrouth, malgré le blocus total imposé sur l’ensemble du pays.
Une question est sur toutes les lèvres : « Ils ont eu cinq jours pour se préparer, pourquoi sommes-nous encore coincés ici ? » s’indigne un homme, assis parmi une centaine de personnes, elles aussi dans l’attente.
Pour des raisons qui n’ont pas pu être précisées, un navire grec loué par le gouvernement australien pour transporter ses ressortissants de Beyrouth jusqu’à Chypre n’est pas arrivé hier comme prévu, a affirmé l’ambassadrice australienne, Lyndall Sachs. Elle a notamment promis l’arrivée du navire grec pour aujourd’hui, précisant en outre que le gouvernement britannique était en train d’assister l’Australie « en prenant 100 personnes à bord de chacun de leurs bateaux ». Un Australien de Melbourne, Soirse Flanagan, 35 ans, juge la semaine écoulée « praticulièrement effrayante ; tout s’est produit si rapidement. Je sens les Israéliens très agressifs ». Hier dans la matinée, le port de Beyrouth a accueilli le bateau américain venu transporter en lieu sûr quelque 750 ressortissants américains, sur les 25 000 résidant au Liban.
Deux navires de guerre britanniques sont de plus arrivés mardi, chacun d’eux pouvant transporter 500 passagers. L’ambassade de Grande-Bretagne a annoncé dans ce cadre qu’elle poursuivait l’évacuation des milliers de Britanniques présents au Liban, ainsi que celle « de leur famille immédiate, quelle que soit leur nationalité d’origine ».
Une Canadienne mariée à un Libanais, Gordanna Atallah, se désole : « C’est un si beau pays, c’est triste de le voir partir en fumée. » Plus loin, un couple de Canado-Libanais, encore sous le choc, voit son projet de mariage s’envoler. Rentré au pays pour célébrer ses noces, il attende à présent d’être évacué. Patrick, 27 ans, est effondré : « Voilà un an que je prépare ce mariage » ; sa fiancée Jihane, du même âge, renchérit : « Il est impossible de célébrer quoi que ce soit dans cette situation. » D’ailleurs, nombre de leurs 170 invités – munis pour la plupart de passeports étrangers – sont déjà partis ou attendent d’être évacués.
Interrogée sur le nombre de candidats au départ, l’ambassade du Canada n’a pas été en mesure de fournir un chiffre précis. Elle évalue ses ressortissants à 40 000, et les opérations de rapatriements vont encore s’étaler sur quelques jours.
700 Allemands ont par ailleurs quitté le pays avec le premier navire français lundi soir. D’autres se sont rendus par voie terrestre vers la Syrie, empruntant des routes très endommagées ou encore des chemins détournés. Une cinquantaine de bus étaient de plus attendus hier pour évacuer 2 500 Allemands supplémentaires vers la Tyrquie où ils devaient par la suite prendre un avion militaire qui les ramènerait en Allemagne.
À noter que les gouvernements occidentaux ont reçu la garantie de l’État hébreu que leurs ressortissants pourront être transportés sans risque hors du pays, selon l’ambassadeur allemand, Marius Haas. Pour Ali Sabeh, 40 ans, un Libanais doté d’une carte de résident allemand, tout se passe bien : « Il n’y a pas de panique, mais tout le monde veut partir. »
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Ils s’en prennent particulièrement à la lenteur des évacuations, prévues notamment à bord de bateaux, dépêchés par leur gouvernement.
Alors que des centaines de Français, Norvégiens, Britanniques et Américains ont déjà quitté la capitale dans la nuit de mardi, d’autres attendent toujours l’arrivée des quelque 20 bateaux ayant obtenu le feu vert d’Israël pour mouiller dans le port de Beyrouth, malgré le blocus total imposé sur l’ensemble du pays.
Une question est sur toutes les lèvres : « Ils ont eu cinq jours pour se préparer, pourquoi...