Juillet 2006. Comme promis, les Israéliens nous ont ramenés vingt ans en arrière. Aux temps de la guerre et du repli vers les montagnes. Certes, nous sommes en pleine saison estivale, mais la villégiature cette fois est forcée !
En plein cœur du Metn, Bikfaya et ses alentours (de Dhour el-Choueir à Bhersaf et plus loin Baabdate) grouillent de monde. Contrairement aux années précédentes, on n’y voit pas une seule maison aux volets fermés.
Les Bikfayotes de la capitale, qui avaient délaissé ces dernières années leurs maisons de famille, se sont empressés de fuir les nuits blanches et l’atmosphère oppressante de Beyrouth pour retrouver un semblant de calme à la montagne. Ils ont entraîné dans leur sillage, amis et parents. À Bikfaya, on ne trouve plus de maisons à louer. Idem pour le parc hôtelier de la région. Grands ou petits hôtels, établissements luxueux ou pensions de famille : du Bois de Boulogne à Bhersaf, ils affichent complets. Ceux du Naas notamment, habituellement prisés par des ressortissants arabes, ont vite vu les annulations de réservations de ces derniers remplacés par l’arrivée des habitants du Sud et de Beyrouth. Évidemment, il s’agit de ceux qui ont les moyens ! Car, malheureusement, l’appât du gain l’emporte parfois, l’emporte encore malgré tout, sur l’esprit de solidarité en ces temps de catastrophe.
À Baadate, de nombreux appartements, restés innocupés durant plusieurs étés, s’arrachent aujourd’hui à prix d’or. Certains propriétaires n’ayant aucun scrupule à exiger un an de location !
Les écoles publiques, ici comme ailleurs, ont ouvert leurs portes aux plus démunis parmi les déplacés. Et si à Bikfaya la municipalité a annulé tous les événements festifs, sportifs, artistiques et culturels qui devaient émailler la saison estivale, Dhour el-Choueir qui, depuis de nombreuses années, n’avait connu pareille animation, se transforme à partir de 18h en un gigantesque café-trottoir improvisé. Dans toute la localité, les souks ne désemplissent pas. On s’approvisionne en produits alimentaires (dont les prix grimpent de jour en jour), en pain, en bonbonnes de gaz. Ces dernières commencent d’ailleurs à manquer, ce qui présage une augmentation substantielle des prix (elle atteindrait les 50 000LL, selon la rumeur) et bien que la plupart des stations d’essence soient ouvertes en permanence, elles appliquent un système de rationnement.
Dans les banques, les queues devant les guichets s’allongent de jour en jour. Outre les habitants qui préfèrent avoir du liquide chez soi, les nombreux voyageurs, qui empruntent la route de Bikfaya-Dhour-Tarchiche-Zahlé qui conduit à la fontière libano-syrienne, s’arrêtent également à Dhour Choueir pour retirer l’argent nécessaire à leur départ.
Un départ qui en rappelle de nombreux autres, au cours des décennies passées. Un style de départ que l’on avait eu la naïveté de croire définitivement révolu. Mais c’était sans compter ce retour au cycle infernal...
Zéna ZALZAL
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En plein cœur du Metn, Bikfaya et ses alentours (de Dhour el-Choueir à Bhersaf et plus loin Baabdate) grouillent de monde. Contrairement aux années précédentes, on n’y voit pas une seule maison aux volets fermés.
Les Bikfayotes de la capitale, qui avaient délaissé ces dernières années leurs maisons de famille, se sont empressés de fuir les nuits blanches et l’atmosphère oppressante de Beyrouth pour retrouver un semblant de calme à la montagne. Ils ont entraîné dans leur sillage, amis et parents. À Bikfaya, on ne trouve plus de maisons à louer. Idem pour le parc hôtelier de la...