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Actualités - Opinion

Éclairage Un risque d’embrasement du Proche-Orient réel mais peu probable

Le risque d’un embrasement régional dû au conflit entre Israël et le Hezbollah, avec une implication directe de la Syrie et l’Iran, est réel, mais un tel développement aurait des conséquences si dévastatrices qu’il est jugé peu probable par des experts. « Le risque d’embrasement régional est réel, et c’est peut-être pour cela que cela va conduire les grandes puissances, qui pour le moment ont été passives dans la gestion de ce dossier, à agir, parce que personne ne pourrait se permettre une extension de ce conflit », selon Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) à Paris. « Il y a un risque réel » d’embrasement, juge aussi Nadim Shehadi, un spécialiste du Moyen-Orient au centre de réflexion Chatham House, à Londres, pour qui seule la Syrie serait aujourd’hui en position d’obtenir un cessez-le-feu en négociant avec le Hezbollah et le Hamas palestinien la libération des trois soldats israéliens capturés. Mais cela « impliquerait la fin de la doctrine Bush, avec la réhabilitation de la Syrie, et aurait des implications sur le dossier nucléaire iranien, ainsi que la restauration d’une certaine influence syrienne au Liban », ajoute-t-il. Si la supériorité militaire d’Israël sur l’armée syrienne ne fait pas de doute, le soutien que Damas reçoit de l’Iran, encore renouvelé lundi par un message du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à son homologue Bachar el-Assad, rend toute extension du conflit à la Syrie lourde de dangers. « À partir du moment où cela risque de mettre en jeu une réaction stratégique de l’Iran, on peut penser que les Américains y réfléchiront à deux fois », en freinant leur allié israélien, estime Pascal Boniface. Israël a indiqué ne pas avoir « à cet instant » de plan d’attaque contre l’Iran et la Syrie, soutiens du Hezbollah. « Il y a non seulement l’Iran, mais également l’Irak, et là c’est vraiment l’ensemble de la région qui est concerné », estime M. Boniface pour lequel « on rentrerait alors dans une situation parfaitement incontrôlable ». « Il existe de gros risques d’escalade si la Syrie et l’Iran décidaient d’intervenir dans le conflit, en liant par exemple dans le cas de l’Iran l’offensive israélienne à la crise du nucléaire », selon Isabel Schiffer, spécialiste du Proche-Orient à l’Institut d’études politiques Otto-Suhr de Berlin. Le déploiement de troupes européennes au Liban-Sud « serait le meilleur moyen de sortir de la crise », juge-t-elle. Pour elle, une intervention directe des États-Unis, qui ont averti que Damas devrait rendre des comptes, serait le « pire scénario » pour la région. « Dans la pratique, aucune mesure n’est prise pour restreindre ou arrêter l’offensive israélienne », constate Éric Rouleau, ancien ambassadeur de France, spécialiste des questions palestiniennes. Les Israéliens « vont peut-être essayer de pénétrer un peu au Liban pour créer une zone tampon, mais ils ont de mauvais souvenirs de leur occupation au Liban-Sud (de 1978 à 2000) », estime Denis Bauchard, de l’Institut français des relations internationales (Ifri). En termes d’influence, tandis que les autres pays arabes font une fois de plus preuve de leur impuissance, « les principaux bénéficiaires de la situation sont l’Iran, la Syrie et le Hezbollah », explique Nadim Shehadi. Il estime que le Hezbollah est notamment parvenu à « briser le mythe de l’invincibilité d’Israël » et à montrer qu’il est la seule force « capable de répondre à ce qui se passe à Gaza ». Boris Cambreleng (AFP)
Le risque d’un embrasement régional dû au conflit entre Israël et le Hezbollah, avec une implication directe de la Syrie et l’Iran, est réel, mais un tel développement aurait des conséquences si dévastatrices qu’il est jugé peu probable par des experts. « Le risque d’embrasement régional est réel, et c’est peut-être pour cela que cela va conduire les grandes puissances, qui pour le moment ont été passives dans la gestion de ce dossier, à agir, parce que personne ne pourrait se permettre une extension de ce conflit », selon Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) à Paris.
« Il y a un risque réel » d’embrasement, juge aussi Nadim Shehadi, un spécialiste du Moyen-Orient au centre de réflexion Chatham House, à Londres, pour qui seule la Syrie serait...