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Actualités

La guerre en direct sur les télés arabes

Les télévisions satellitaires arabes diffusent en temps réel depuis cinq jours des images de la « guerre ouverte » déclarée par le Hezbollah à Israël, accompagnées de commentaires d’experts arabes, mais aussi israéliens. De nombreux Libanais terrés chez eux suivent sur les petits écrans les développements dans leur pays. Du Golfe à l’Atlantique, les mêmes images sont diffusées en direct à destination des populations arabes. Al-Jazira, basée au Qatar, et al-Arabiya (Dubaï) se partagent la majorité de l’audience dans le monde arabe et dans les communautés arabes à l’étranger. Leurs journaux sont entrecoupés de bulletins et de flashes relatant en temps réel les opérations militaires de part et d’autre, ainsi que les analyses et commentaires d’experts arabes, mais aussi israéliens s’exprimant parfois directement en arabe, reflétant des points de vue différents. Ils donnent également l’antenne à des porte-parole israéliens, qui répètent inlassablement que l’État hébreu « n’a pas de querelle avec le peuple libanais, mais souhaite au contraire la paix avec son voisin du Nord », et rejettent la responsabilité de la crise sur le Hezbollah qui, selon l’un d’eux, est à la tête d’un « État dans l’État au Liban ». Lorsqu’ils sont interrogés sur la mort de civils libanais, ils répondent invariablement que c’est « un prix à payer dans ce genre d’opération ». « L’intention d’Israël n’est pas de tuer des civils », a dit un officiel israélien. Un analyste israélien, Élie Nissan, explique la mort de civils libanais par le fait que le Hezbollah « a caché des armes dans des immeubles d’habitations », ciblés par les raids. Les deux principales chaînes de télévision arabes ont aussi des correspondants sur le terrain, y compris côté israélien. Gilets pare-balles et casques, ils relatent en direct les événements, montrant d’un geste ample les colonnes de fumée s’échappant des zones bombardées. Adeptes du micro-trottoir, ils recueillent sans retard les commentaires des Libanais dans les zones touchées, prenant des risques sous les bombes. On les voit baisser la tête parfois et s’abriter, lorsque le bruit des avions devient assourdissant et signale que le danger est imminent. Les images qui arrosent l’ensemble du monde arabe sont parfois insoutenables : corps ensanglantés enveloppés dans des couvertures de laine, cris de douleur d’une habitante du Sud qui a perdu des membres de sa famille, entrecoupés de sirènes d’ambulances, etc. Avec des Libanais affirmant devant les caméras leur « détermination à rester et à ne pas fuir devant l’ennemi ». D’autres télévisions arabes ont été contraintes de suivre ces « géants ». La télévision d’Abou Dhabi, dans un geste rare, a ainsi donné la parole à des experts israéliens. Les chaînes satellitaires ne sont pas à l’abri des critiques. Plusieurs éditorialistes de la presse arabe les accusent de « faire monter la tension » en donnant la parole à des commentateurs enflammés. « Rien n’empêche ceux qui aiment “l’héroïsme verbal” de remplir le temps des télévisions. Après tout, il n’y a pas d’impôts sur la parole », ironise Tarek Massarweh dans le quotidien jordanien al-Raï. Il relève que sont taxés de « traîtres » ceux qui ne suivent pas le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et le chef du Hamas Khaled Mechaal, ou ceux qui se démarquent de la politique de Téhéran, très hostile à Israël, dans la région.
Les télévisions satellitaires arabes diffusent en temps réel depuis cinq jours des images de la « guerre ouverte » déclarée par le Hezbollah à Israël, accompagnées de commentaires d’experts arabes, mais aussi israéliens.
De nombreux Libanais terrés chez eux suivent sur les petits écrans les développements dans leur pays. Du Golfe à l’Atlantique, les mêmes images sont diffusées en direct à destination des populations arabes.
Al-Jazira, basée au Qatar, et al-Arabiya (Dubaï) se partagent la majorité de l’audience dans le monde arabe et dans les communautés arabes à l’étranger.
Leurs journaux sont entrecoupés de bulletins et de flashes relatant en temps réel les opérations militaires de part et d’autre, ainsi que les analyses et commentaires d’experts arabes, mais aussi israéliens s’exprimant...