Des milliers de touristes des pays du Golfe, ainsi que des travailleurs syriens et des Libanais, surpris par la violence de l’offensive israélienne contre le Liban, sont partis pour la Syrie, comme le montre ce reportage de l’AFP. Une longue file de voitures et de bus étaient garés hier au poste-frontière de Jdeidé sur la route Damas-Beyrouth, seul accès encore ouvert après le blocus maritime et aérien décrété par Israël au pays du Cèdre, malgré les craintes de bombardements sur cette route après des menaces israéliennes.
Talal Fahim, un Saoudien de 29 ans, raconte qu’il a été « choqué » hier matin par la violence du pilonnage israélien de l’aéroport de Beyrouth, où il passe des vacances en famille depuis une dizaine de jours. Nous avons décidé de venir en Syrie après « un coup de fil de notre ambassade à Damas », ajoute-t-il en montant dans sa voiture immatriculée en Arabie saoudite, après avoir terminé les formalités de douane.
Fawziya al-Anbar, 55 ans, une Koweïtienne cachée sous sa robe longue noire et son hijab (foulard) traditionnels, vient de Aley, sur les collines surplombant Beyrouth, où elle passait des vacances avec 18 membres de sa famille, dit-elle. De même, Danielle Farhat, libano-koweïtienne, mais portant short et tee-shirt, prévoyait de rester deux mois à Beyrouth. « Je me rends à Damas, mais je compte retourner à Beyrouth dès que la situation le permettra », assure-t-elle, sourire aux lèvres.
« Que Dieu nous permette de chasser Israël » des territoires libanais et arabes occupés, clame Mohammad, un autre Saoudien dont les vacances libanaises ont été gâchées par les bombardements israéliens. Il a décidé de fuir avec ses amis « en Syrie, je ne sais pas où ». Il se trouvait depuis trois jours seulement à Aley.
Les journalistes de l’AFP ont également vu des dizaines de Syriens rentrer au pays. La plupart sont des travailleurs. L’un d’entre eux, Bassam, 55 ans travaillait à Zahlé, ville de la Békaa, depuis trois mois, affirme-t-il, en cherchant un véhicule qui l’amènera à Damas. À l’instar de beaucoup d’habitants de la banlieue sud de Beyrouth, Issa Kahwaji a décidé de « venir quelques jours en Syrie, le temps que ça se calme ». « Nous allons à Damas avec les enfants, nous fuyons la banlieue sud parce que Israël a menacé de la bombarder », explique ce père de famille libanais.
Ahmad Osmane, 30 ans, originaire de Baalbeck, raconte qu’il a fui « après qu’ils ont bombardé tout autour de nous, près de la maison familiale », ainsi que l’antenne d’al-Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah. « La situation est dangereuse. Nous allons passer quelque temps à Damas, et j’espère que la situation se calme rapidement parce que je souhaite rentrer au plus vite au Liban », dit-il.
À Damas, les hôtels affichent complet en raison de l’affluence de ces touristes arabes du Golfe. Le Méridien est « complet depuis ce matin à cause des circonstances », assure un responsable de l’hôtel joint par téléphone. Le Sheraton et d’autres hôtels dans la capitale syrienne sont également remplis.
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Talal Fahim, un Saoudien de 29 ans, raconte qu’il a été « choqué » hier matin par la violence du pilonnage israélien de l’aéroport de Beyrouth, où il passe des vacances en famille depuis une dizaine de jours. Nous avons décidé de venir en Syrie après « un coup de fil de notre...