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Actualités - Chronologie

Désabusés, les Irakiens se réfugient dans l’humour noir

Les forces américaines capturent un kamikaze et le présentent au président irakien Jalal Talabani qui lui demande à brûle-pourpoint : « Alors, combien de fois t’es-tu déjà fait exploser ? » Désabusés par la situation de leur pays depuis l’invasion américaine de mars 2003, les Irakiens se réfugient dans l’humour noir. La vie sociale étant quasiment nulle à cause des couvre-feux, c’est par SMS ou via Internet que ces blagues circulent. Dans ces échanges, Abou Moussab al-Zarqaoui, le chef d’el-Qaëda en Irak tué dans un raid aérien américains le 7 juin au nord de Bagdad, et soupçonné d’avoir lancé les attentats-suicide dans le pays, occupe une place de choix. Après l’arrivée de l’islamiste en enfer, Satan est réveillé par une énorme explosion. Rapidement, ses gardes lui ramènent Zarqaoui. Le maître de la géhenne veut comprendre la signification de son geste et l’ancien chef d’el-Qaëda lui répond piteusement : « Je n’arrive pas à me débarrasser de mes mauvaises habitudes. » Sa haine des Américains est aussi source de plaisanterie. Pour déclarer son amour à l’élue de son cœur, un jeune homme lui envoie ce message : « Je t’aime autant que Zarqaoui aime les Humvees », les véhicules utilisés par l’armée américaine en Irak. Les attentats, qui ont coûté la vie à des milliers de personnes, font également rire jaune. Lors de l’explosion contre le siège de l’ONU à Bagdad en août 2003 (22 tués), un Irakien veut porter secours à un Chinois gisant dans son sang. La victime s’égosille mais son sauveteur ne comprenant rien lui propose d’écrire pensant qu’il s’agit de ses dernières volontés. Il se précipite à l’ambassade de Chine pour montrer le papier, mais le diplomate lui explique : « Il a griffonné : “Enlève ton pied du tube à oxygène, j’étouffe”. » L’ex-président Saddam Hussein, sur lequel les Irakiens plaisantaient en cachette quand il était au pouvoir, continue d’être l’objet de quolibets. Un soldat américain se dispute avec un Irakien et veut le traiter de « fils de p... » mais ne sait pas comment le dire en arabe, alors il lui lance : « Toi, comme Saddam : une maman, mais beaucoup de papas », faisant allusion aux multiples mariages de la mère de l’ancien dictateur. La vaine traque des autorités de l’ancien bras droit de Saddam Hussein, Izzat Ibrahim, atteint d’un cancer et dont la mort a été annoncée plusieurs fois mais qui ressuscite tel le Phénix, fait également sourire les Irakiens. Ainsi, l’indéboulonnable conseiller irakien à la Sécurité nationale, Mouaffak al-Roubaye, demande, agacé, à ses agents des nouvelles. « Nous n’arrivons pas à lui mettre la main dessus, il fond comme de la glace », lui répond l’un d’eux en allusion au premier métier d’Izzat Ibrahim, vendeur de pains de glace. La sinistre prison d’Abou Ghraib, objet d’un énorme scandale en 2004 avec la publication de clichés pris par les geôliers américains et montrant des détenus irakiens dénudés, est aussi brocardée. Un prisonnier, récemment relâché, demande à sa mère : « Alors, tu m’as reconnu sur les photos ? c’est moi le troisième fessier à droite ! » Alors que les milices islamistes renforcent leur emprise sur la société, les Irakiens, impuissants, ont pour seule défense la dérision. Un Irakien va voir un dignitaire religieux pour lui demander comment se protéger d’un djinn, mauvais génie dans les croyances arabes. Mais l’autre comprend qu’il s’agit du gin et lui répond : « Bois-en et tu m’en diras des nouvelles... » Un milicien islamiste entre dans la maison d’un Irakien et s’empare d’un film érotique. L’autre est stupéfait car il l’avait caché entre des DVD de sport. « Tu me prends pour un imbécile, lui répond l’homme armé, tu avais écrit dessus : Irak 4, Brésil 1. C’est impossible ! » Les confessions ne sont pas non plus épargnées. Un couple mixte se dispute sur les programmes de télévision. Elle, sunnite, veut Rotana, spécialisée dans les vieux films arabes et dont le message publicitaire est : « la chaîne qui vous empêche de fermer les yeux ». Lui s’entête à regarder une station chiite. « Ta chaîne, c’est celle qui ne vous fait jamais baisser les bras », allusion au fait qu’elle diffuse des scènes de chiites se frappant la poitrine en signe de contrition. Les Kurdes ont également droit à une mention spéciale : un Kurde joue avec une grenade et ses amis atterrés lui lancent : « Tu n’as pas peur qu’elle explose ? » « Ne vous en faites pas j’en ai d’autres à la maison », répond-il... Sammy KETZ (AFP)

Les forces américaines capturent un kamikaze et le présentent au président irakien Jalal Talabani qui lui demande à brûle-pourpoint : « Alors, combien de fois t’es-tu déjà fait exploser ? »
Désabusés par la situation de leur pays depuis l’invasion américaine de mars 2003, les Irakiens se réfugient dans l’humour noir. La vie sociale étant quasiment nulle à cause des couvre-feux, c’est par SMS ou via Internet que ces blagues circulent.
Dans ces échanges, Abou Moussab al-Zarqaoui, le chef d’el-Qaëda en Irak tué dans un raid aérien américains le 7 juin au nord de Bagdad, et soupçonné d’avoir lancé les attentats-suicide dans le pays, occupe une place de choix. Après l’arrivée de l’islamiste en enfer, Satan est réveillé par une énorme explosion. Rapidement, ses gardes lui ramènent Zarqaoui. Le...