L’attaquant de l’équipe de France Thierry Henry, en franchissant le mur qui le sépare de Berlin, ce soir contre le Portugal en demi-finale du Mondial 2006, peut faire un pas vers le Ballon d’or, plus prestigieux trophée individuel du football, qui le fuit depuis longtemps.
Une qualification pour la finale de la Coupe du monde, si possible en jouant un rôle majeur, comme contre le Brésil en quart de finale, couronnerait une année grandiose pour « King Henry », devenu meilleur buteur de l’histoire d’Arsenal (214), deuxième meilleur buteur de l’histoire des Bleus (36) derrière Platini (41), deuxième meilleur buteur français en Coupe du monde (6) derrière Fontaine (13), meilleur buteur de Premier League pour la quatrième année, la troisième consécutive (après 2002, 2004, 2005), en sept saisons à Arsenal...
Une année, aussi, qui l’a vu atteindre – et perdre face au FC Barcelone (1-2) – la finale de la Ligue des champions en allant planter une banderille au Santiago-Bernabeu en 8e de finale aller, sous le nez d’une « afición » madridiste qui n’avait plus que son nom à la bouche et avait enfin vu un « galactique », mais dans le camp d’en face.
« Charisme »
Le Brésilien du Barça, Ronaldinho, ayant traversé la Coupe du monde en errant sur le côté gauche d’un carré magique qui a explosé en vol, son coéquipier camerounais Samuel Eto’o n’ayant pas réussi à s’inviter au grand raout mondial, Thierry Henry a bien une carte à jouer pour le Ballon d’or France Football, fin décembre.
En battant le Portugal de Deco, il éloignerait peut-être son dernier rival et se rapprocherait d’un trophée qui lui échappe avec une régularité confondante : 4e en 2005, 4e en 2004, 2e derrière le Tchèque Pavel Nedved en 2003.
En janvier 2005, son ancien coéquipier chez les Gunners et les Bleus, Emmanuel Petit, lui conseillait de « changer certaines choses dans son comportement sur le terrain pour arriver à faire changer d’avis ceux qui ne votent pas pour lui » au Ballon d’or. Il parlait alors de « charisme », de « fair-play ».
Ses façons de célébrer parfois ses buts, visage fermé, doigt sur la bouche ou avec des gestes mal compris, ont pu lui attirer des critiques, des railleries sur un ego un peu enflé. Mais le Gunner a pris une nouvelle dimension cette année en enfilant le brassard de capitaine à Arsenal, après le départ de Patrick Vieira pour la Juventus. Et surtout en y restant attaché jusqu’en 2011, malgré des appels du pied plus que pressants du FC Barcelone.
« Chouchou »
« Je suis quelqu’un qui pense avec son cœur, et mon cœur m’a dit de rester », a-t-il expliqué à propos d’un choix qui a renforcé encore son aura dans la presse anglaise, dont il est le « chouchou ».
Le 17 mai, le quotidien The Guardian étalait ainsi son admiration : « Il n’est pas un adepte des tacles brutaux, sa vie privée ne s’étale pas dans les pages des journaux populaires, il ne se dispute pas avec son manageur ou ses coéquipiers, ne se saoule pas et ne rate pas les contrôles antidopage. »
Médiatiquement un peu éclipsé par les prestations monumentales de Zinedine Zidane et Patrick Vieira, Thierry Henry a pourtant su répondre présent lors de cette Coupe du monde avec trois buts cruciaux : le premier but français en Coupe du monde depuis huit ans, contre la Corée du Sud (1-1) le 18 juin, le but de la qualification en 8e de finale, contre le Togo (2-0) le 23 juin, et celui qui a propulsé les Bleus en demi-finale, contre le Brésil (1-0) samedi.
Encore un face au Portugal, et cela fera quatre. Quatre, comme le nombre de joueurs français qui ont remporté le Ballon d’or : Kopa, Platini, Papin, Zidane.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’attaquant de l’équipe de France Thierry Henry, en franchissant le mur qui le sépare de Berlin, ce soir contre le Portugal en demi-finale du Mondial 2006, peut faire un pas vers le Ballon d’or, plus prestigieux trophée individuel du football, qui le fuit depuis longtemps.
Une qualification pour la finale de la Coupe du monde, si possible en jouant un rôle majeur, comme contre le Brésil en quart de finale, couronnerait une année grandiose pour « King Henry », devenu meilleur buteur de l’histoire d’Arsenal (214), deuxième meilleur buteur de l’histoire des Bleus (36) derrière Platini (41), deuxième meilleur buteur français en Coupe du monde (6) derrière Fontaine (13), meilleur buteur de Premier League pour la quatrième année, la troisième consécutive (après 2002, 2004, 2005), en sept saisons à...