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Actualités - Chronologie

Le gouvernement palestinien au bord de la rupture

La plupart de ses ministres étant arrêtés par Israël ou réduits à la clandestinité, il ne reste plus guère que son nom au gouvernement palestinien dirigé par les islamistes du Hamas. L’offensive israélienne lancée pour récupérer un soldat capturé par un commando palestinien menace de mettre un terme à l’expérience gouvernementale du mouvement de la résistance islamique, entamée il y a trois mois. Porté au pouvoir par un raz-de-marée électoral auquel il ne s’attendait peut-être pas, le gouvernement Hamas a été aussitôt mis au ban par l’Occident pour son refus de reconnaître Israël, fragilisé par le blocus financier et contesté par les nationalistes du Fateh. L’opération « Pluie d’été » pourrait lui porter le coup de grâce si un règlement de la crise n’intervient pas à bref délai. Interrogé par l’AFP, le ministre israélien de l’Habitat, Méir Sheetrit, a d’ailleurs clairement exprimé les intentions de son gouvernement : faire tomber le gouvernement du Hamas. « Personne ne versera une larme si l’Autorité palestinienne s’effondre. Même pas les Palestiniens. C’est le Hamas qui a mis les Palestiniens le dos au mur. S’il n’y a plus de gouvernement Hamas, les Palestiniens pourront élire une équipe différente », a-t-il estimé. « Israël a une occasion unique d’en finir avec le Hamas. C’est pourquoi l’objectif d’Israël n’est pas seulement de libérer Gilad Shalit mais d’éradiquer le gouvernement du Hamas », soulignait en outre le quotidien Yediot Aharonot. Peu de spécialistes soupçonnent en effet le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, d’implication dans la capture du caporal Shalit. En revanche, la branche armée du Hamas est plus proche des dirigeants en exil du Hamas (dont Khaled Mechaal, qui vit en Syrie) qui ont, eux, moins à risquer en cas d’échec de l’expérience gouvernementale. Par ailleurs, en admettant que le gouvernement Haniyeh soit tout de même en mesure d’amener les activistes à libérer le tankiste israélien qu’ils détiennent, il lui serait politiquement difficile de le faire sous la pression militaire des Israéliens. Loin de relancer des perspectives de négociations israélo-palestiniennes, un effondrement du gouvernement créerait plutôt un vide du pouvoir que Mahmoud Abbas, le modéré président de l’Autorité palestinienne, ne serait pas certain de combler. Et risquerait d’enfoncer davantage encore les Territoires dans la violence. « L’alternative à l’Autorité palestinienne, c’est le chaos », assure le secrétaire de la présidence. « Abou Mazen (Abbas) est dans une situation très difficile sur le plan intérieur », admet-on dans son entourage. « Peut-être que dans deux ou trois semaines, et afin d’éviter l’effondrement du système politique palestinien, il sera contraint de proclamer l’état d’urgence et de former un gouvernement totalement indépendant de toute faction », ajoute-t-on. La constitution d’un gouvernement d’unité est dans les cartons depuis que Abbas et le Hamas sont parvenus, au moment où l’armée israélienne entrait en action, à un accord visant à mettre fin à la crise interpalestinienne. « Depuis le premier jour, nous savons que ce gouvernement n’ira pas au terme de son mandat », soulignait, d’ailleurs, sous le couvert de l’anonymat, un responsable du Hamas. Si le mouvement intégriste est éjecté du pouvoir, cela pourrait faire les affaires de certains courants, notamment au sein de sa branche armée, qui trouveraient là le prétexte d’un abandon de la trêve que le Hamas observe peu ou prou depuis début 2005. La Loi fondamentale palestinienne autorise le président de l’Autorité palestinienne à limoger à tout moment pour mettre un terme à la crise. Mais, si ce limogeage suit l’offensive israélienne, Abbas se retrouvera en situation délicate pour mettre en place un nouveau gouvernement, la population palestinienne risquant alors de l’accuser de céder à Israël. Pour le quotidien israélien Haaretz, le gouvernement israélien est accusé d’avoir « perdu la raison » et de s’être engagé « dans une escalade militaire dénuée de toute logique ». « Faire pression sur le gouvernement palestinien ne sert à rien car il est clair qu’il ignorait qu’une attaque serait perpétrée dimanche », écrit le journal en référence à l’opération au cours de laquelle le caporal a été enlevé. Les dirigeants de l’État hébreu se sont lancés dans une « expérience » dangereuse, affirme pour sa part Hicham Ahmad, professeur de sciences politiques à l’Université Bir Zeit de Ramallah. « Ils ne savent pas vraiment ce qu’ils font. » « Ils sont en train de détruire l’idée de l’Autorité palestinienne, de la démocratie » dans la région, estime-t-il, en référence à la victoire du Hamas aux élections de janvier, reconnue internationalement.

La plupart de ses ministres étant arrêtés par Israël ou réduits à la clandestinité, il ne reste plus guère que son nom au gouvernement palestinien dirigé par les islamistes du Hamas.
L’offensive israélienne lancée pour récupérer un soldat capturé par un commando palestinien menace de mettre un terme à l’expérience gouvernementale du mouvement de la résistance islamique, entamée il y a trois mois. Porté au pouvoir par un raz-de-marée électoral auquel il ne s’attendait peut-être pas, le gouvernement Hamas a été aussitôt mis au ban par l’Occident pour son refus de reconnaître Israël, fragilisé par le blocus financier et contesté par les nationalistes du Fateh. L’opération « Pluie d’été » pourrait lui porter le coup de grâce si un règlement de la crise n’intervient pas à bref...