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OMC La réunion de Genève s’annonce mal

La réunion d’hier et d’aujourd’hui, à Genève, des ministres du Commerce d’un certain nombre de grands pays pour tenter de débloquer les négociations dites du cycle de Doha sur la libéralisation des échanges commerciaux s’annonce mal, les États-Unis et l’Union européenne s’accusant mutuellement de refuser de faire des concessions. Malgré l’appel pressant à « crever l’abcès » lancé par le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) Pascal Lamy, les États-Unis ne semblent pas prêts à améliorer encore leur offre sur les subventions agricoles, tandis que les Vingt-Cinq ne vont pas aussi loin que Washington le voudrait dans la réduction des droits de douane sur les produits agricoles, résument les diplomates sur place. « Nous savons tous que sur Doha, nous arrivons à un point critique, a déclaré le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson. Nous ne progresserons pas si les négociateurs restent retranchés sur leurs positions. » Une soixantaine de ministres, soit un tiers des membres de l’OMC, se réunissent en urgence à Genève pour tenter de parvenir à un compromis sur le dossier agricole et sur les biens industriels, pierres d’achoppement du cycle de Doha. « Dans chaque négociation, il y a un moment où l’heure a tourné. Les ministres doivent crever l’abcès maintenant, pas plus tard », a prévenu mercredi Pascal Lamy au cours d’une conférence de presse, estimant que l’accord risquait de ne pas être bouclé comme prévu avant la fin de l’année. La ligne dure des USA Selon Peter Mandelson, l’UE est prête à se rapprocher des propositions émises par un groupe de grands pays en développement menés par le Brésil et l’Inde, le G20. Ces propositions sont considérées par Pascal Lamy et par d’autres comme un possible moyen terme. Encore faut-il que des concessions soient avancées en face, a rappelé Mandelson. Mais les États-Unis, représentés par la nouvelle déléguée au Commerce, Susan Schwab, estiment que la proposition du G20 qui demande aux pays riches de réduire en moyenne de 54 % les droits de douane sur leurs importations agricoles est trop faible. Washington veut 66 %, Bruxelles a offert 39 %. « Il ne faut pas accepter des demi-mesures (...) qui seraient handicapantes d’un point de vue économique pour la population de tous les pays », écrit Susan Schwab dans une tribune publiée par le Wall Street Journal hier. Pour Pascal Lamy, la solution se trouve dans le « triangle », les États-Unis et l’Union européenne faisant un geste sur le dossier agricole, et les grands pays en développement faisant des concessions quant aux droits de douane sur les biens manufacturés. Mais, soulignent les diplomates, les États-Unis font l’objet de pressions très importantes de leur lobby agricole. « Ils estiment qu’ils doivent adopter une ligne dure cette semaine. Ils n’ont pas beaucoup de marge », estime une source du secteur qui s’est entretenue avec la délégation américaine.

La réunion d’hier et d’aujourd’hui, à Genève, des ministres du Commerce d’un certain nombre de grands pays pour tenter de débloquer les négociations dites du cycle de Doha sur la libéralisation des échanges commerciaux s’annonce mal, les États-Unis et l’Union européenne s’accusant mutuellement de refuser de faire des concessions.
Malgré l’appel pressant à « crever l’abcès » lancé par le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) Pascal Lamy, les États-Unis ne semblent pas prêts à améliorer encore leur offre sur les subventions agricoles, tandis que les Vingt-Cinq ne vont pas aussi loin que Washington le voudrait dans la réduction des droits de douane sur les produits agricoles, résument les diplomates sur place.
« Nous savons tous que sur Doha, nous arrivons à un point...