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Actualités - Opinion

Fragrance rance

Trop occupée à gérer ses misères intimes, la classe politique est en point de suspension. Aussi, pour rester dans la même matière, rien ne vaut un petit topo sur les déchets solides dans lesquels le ministre de l’Environnement, le toujours inconnu Yaacoub Sarraf, menace de nous engloutir. À la limite, ce n’est même pas un changement de sujet, le passage de la ménagerie politique aux ordures ménagères se faisant en douceur et quasiment dans le même parfum. Ainsi, ce brave Jacob vient brusquement de découvrir, dans la perspective de la prochaine saturation de la décharge de Naamé, que les chefs libanais ne veulent pas du tout déguster le mélange de leurs remugles. Patrons maronites, sunnites, chiites et druzes veulent traiter chacun tout seul ses propres ordures. Ils pourraient bien un jour lointain se mettre d’accord sur la stratégie de défense, l’élection d’un nouveau chef de l’État, les réformes de l’Administration, voire un règlement de la question palestinienne, mais mélanger les cacas dans un suprême élan de patriotisme, ça jamais ! À chaque communauté ses raclures, et les microbes seront bien gardés… La décharge de Naamé aura été finalement le seul laboratoire actif de solidarité communautaire. Voilà sans doute pourquoi les Israéliens ne s’avisent jamais de la bombarder en profondeur. Les effluves tenaces d’unité nationale qui s’y échapperaient pourraient les soûler. Ceux qui ont eu l’indicible bonheur de draguer de près certains ministres ou députés vous le diront pour sûr : en matière d’assainissement de l’environnement et de développement durable, le Liban en est encore à gratter le bas de la caisse. L’écologie chez nous ne se décline pas en déchets radioactifs, produits toxiques et autres cochonneries industrielles. Nos vieux croûtons de la politique en sont encore à l’hygiène de base : apprendre à se laver les mains avant de passer à la table du dialogue, à se brosser les dents après chaque déclaration incendiaire, à trier soigneusement le langage ordurier avant de jeter à la mer les sacs poubelle… Et dire qu’on nous traite encore de république bananière, alors que les bouffons ont bouffé toutes les bananes ! Yaacoub Sarraf doit se sentir bien seul à gérer les épluchures… Gaby NASR
Trop occupée à gérer ses misères intimes, la classe politique est en point de suspension. Aussi, pour rester dans la même matière, rien ne vaut un petit topo sur les déchets solides dans lesquels le ministre de l’Environnement, le toujours
inconnu Yaacoub Sarraf, menace de nous engloutir. À la limite, ce n’est même pas un changement de sujet, le passage de la ménagerie politique aux ordures ménagères se faisant en douceur et quasiment dans le même parfum.
Ainsi, ce brave Jacob vient brusquement de découvrir, dans la perspective de la prochaine saturation de la décharge de Naamé, que les chefs libanais ne veulent pas du tout déguster le mélange de leurs remugles. Patrons maronites, sunnites, chiites et druzes veulent traiter chacun tout seul ses propres ordures. Ils pourraient bien un jour lointain se mettre...