Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Condamnation des raids et réactions divergentes sur les tirs de katioucha

Le Liban officiel a dénoncé les raids israéliens sur le Liban, mais cet élément constitue le seul point commun entre les déclarations condamnant la reprise des actes de violence au Liban-Sud. Les chefs de l’État, Émile Lahoud, et du gouvernement, Fouad Siniora, ont tous les deux appelé la communauté internationale à réagir. M. Lahoud souhaite que celle-ci intervienne pour « mettre fin aux agressions israéliennes », alors que le Premier ministre lui a demandé de faire pression sur Tel- Aviv pour qu’il se retire des fermes de Chebaa afin de permettre à l’État libanais d’étendre son autorité sur l’ensemble du territoire. Et si le Hezbollah a estimé que les raids « s’inscrivent dans le cadre de la volonté israélienne de miner la stabilité au Liban », le 14 Mars a mis en garde contre « les dangers des stratégies selon lesquelles il faut maintenir le statu quo au Liban-Sud ». M. Siniora a informé en soirée les chefs de l’État et du Parlement des contacts qu’il a effectués avec le commandement de la Finul, le représentant du secrétaire général de l’ONU au Liban, Geir Pedersen, et les ambassadeurs des pays membres permanents du Conseil de sécurité pour obtenir un cessez-le-feu. Dans une déclaration à la presse, il a relevé que les raids israéliens ont été précédés de tirs de Katioucha sur l’État hébreu, tout en insistant sur le fait que l’embrasement à la frontière libano-israélienne est dû à la poursuite de l’occupation israélienne. « Tant qu’Israël continuera à occuper les fermes de Chebaa, la situation restera tendue à la frontière libano-israélienne. C’est pourquoi je réitère, au nom du gouvernement libanais, mon appel à la communauté internationale et aux amis du Liban dans le monde afin qu’ils fassent pression sur Israël et qu’ils obtiennent son retrait de ce qui reste des territoires libanais occupés », a-t-il dit. « Le retrait israélien constitue le moyen approprié pour permettre à l’État libanais d’étendre son autorité sur l’ensemble du territoire national », a ajouté M. Siniora, précisant que les autorités poursuivent les investigations pour élucider les circonstances de l’assassinat, vendredi à Saïda, du responsable du Jihad islamique au Liban, Mohammad Majzoub, et des tirs de katioucha sur Israël. Le président Lahoud a situé les raids de la journée dans le cadre de « la volonté israélienne d’ébranler la stabilité et la sécurité dans le pays », alors que le chef de la diplomatie, Faouzi Salloukh, a accusé Tel-Aviv « d’agression guerrière » à la suite des raids de son aviation contre le territoire libanais. « Israël nous a habitués à des agressions avec ou sans prétexte », a-t-il ajouté en soulignant que ces bombardements interviennent alors que le Liban enquête sur l’origine de « tirs de roquettes » sur le territoire israélien. Dans son communiqué, le Hezbollah a occulté ce dernier point et mis l’accent sur « le plan israélien visant à miner la stabilité et la sécurité, et dont l’attentat de Saïda est l’un des principaux éléments ». « Les raids constituent une violation flagrante de la souveraineté et de l’indépendance libanaises, et représentent une escalade au niveau des violations quotidiennes de cette souveraineté. Ils appellent une position forte et sérieuse du gouvernement ainsi que des différentes forces politiques qui brandissent les slogans de la souveraineté et de l’indépendance », a ajouté le Hezbollah. Les interrogations du 14 Mars Réuni en début de soirée au siège de la Gauche démocratique, le comité de suivi de l’Alliance du 14 Mars a vivement dénoncé les raids, estimant cependant que « les tirs de katioucha ne représentent pas la réponse adéquate à l’assassinat du chef du Jihad islamique et de son frère ». « Ils constituent en réalité un étalage de force qui est une violation flagrante de la souveraineté libanaise et des résolutions de la conférence de dialogue, et qui se recoupe avec le projet israélien visant à empêcher l’édification d’un État au Liban », ajoute le communiqué du 14 Mars, estimant que les tirs de katioucha mettent en relief la présence « d’une grave lacune au niveau de la sécurité dans la partie méridionale du pays ainsi que les dangers des stratégies appelant au maintien du statu quo dans cette région où l’État est pratiquement absent ». « Comment peut-on interdire à l’armée d’accomplir ses obligations nationales au Liban-Sud, et permettre au Jihad islamique et à d’autres organismes d’établir des bases dans cette région ? » poursuit le communiqué, soulignant qu’« il est désormais clair que les armes palestiniennes en dehors des camps n’ont rien à voir avec la cause palestinienne et font en réalité partie de la stratégie syrienne au Liban ». Dans un communiqué publié en soirée, le Amid du Bloc national, Carlos Eddé, a mis en garde contre toute « concession sur le principe de la souveraineté de l’État sur l’ensemble de son territoire », l’assimilant à de la « haute trahison ». Faisant remarquer que l’escalade intervient à quelques jours de la publication du deuxième rapport Brammertz, il a estimé que « le seul moyen de défendre le Liban face à l’agression israélienne est d’édifier un État capable, au sein duquel un gouvernement issu d’élections démocratiques établira un système de défense comprenant toutes les forces qui veulent contribuer militairement à défendre le Liban sous le contrôle du gouvernement libanais ».
Le Liban officiel a dénoncé les raids israéliens sur le Liban, mais cet élément constitue le seul point commun entre les déclarations condamnant la reprise des actes de violence au Liban-Sud. Les chefs de l’État, Émile Lahoud, et du gouvernement, Fouad Siniora, ont tous les deux appelé la communauté internationale à réagir. M. Lahoud souhaite que celle-ci intervienne pour « mettre fin aux agressions israéliennes », alors que le Premier ministre lui a demandé de faire pression sur Tel- Aviv pour qu’il se retire des fermes de Chebaa afin de permettre à l’État libanais d’étendre son autorité sur l’ensemble du territoire. Et si le Hezbollah a estimé que les raids « s’inscrivent dans le cadre de la volonté israélienne de miner la stabilité au Liban », le 14 Mars a mis en garde contre « les dangers des...