Le cycle des pressions sur Damas est loin d’être clos
le 23 mai 2006 à 00h00
Le Liban pourrait subir une nouvelle phase de turbulences politiques, couplées de secousses sécuritaires. En clair, la série d’attentats aux explosifs pourrait reprendre. Telles sont les informations avancées par de nombreux politiques. Le fait est que la Syrie est de nouveau dans l’œil du cyclone. La communauté internationale, les États-Unis précisément, espèrent pousser Damas à remplir certaines conditions relatives à la situation en Irak, en Palestine et, accessoirement, au Liban. La réaction naturelle de la Syrie baassiste serait de sévir, une nouvelle fois, chez son petit voisin.
Il suffit de relire la résolution 1680 – qui reflète, en certains points, les décisions du dialogue national en ce qui concerne les rapports entre le Liban et la Syrie – pour comprendre que le cycle des pressions sur Damas est loin d’être clos.
Il suffit d’un flash-back sur les incidents qui ont eu lieu à Yanta-Deir al-Achaër, la semaine dernière, qui ont fait un mort dans les rangs de l’armée libanaise lors d’un accrochage avec la faction palestinienne Fateh-intifida, et sur l’incursion de camions d’armes en provenance de Syrie, pour comprendre que Damas joue, une nouvelle fois (désespérément), la carte des Palestiniens armés pour déstabiliser la sécurité du Liban.
Il est vrai que le Premier ministre, Fouad Siniora, et le ministre de l’Intérieur par intérim, Ahmad Fatfat, ont nié l’entrée de camions d’armes. Mais les rapports sécuritaires tombés entre les mains des services de sécurité, au lendemain de l’accrochage entre l’armée et le Fateh-intifada, confirment ces informations et parlaient même du renforcement des positions palestiniennes dans la Békaa. Ce qui n’est pas sans rappeler les incidents de la fin des années 1960 et du début des années 1970.
Même le chef de l’État, Émile Lahoud, qui participait à Charm el-Cheikh au forum de Davos, a évoqué, sans la nommer, « une tierce partie » qui serait à l’origine de l’incident de Yanta. Ce qui reste surprenant (sans l’être vraiment) est que le président ne soit pas entré en contact avec les autorités syriennes pour leur demander d’empêcher que ces drames se reproduisent.
Reste à savoir que les députés libanais qui étaient dernièrement à Washington ont entendu, une nouvelle fois, des propos rassurants qui disent en substance que les États-Unis ne concluront pas de « deal » avec la Syrie aux dépens de l’indépendance et de la souveraineté du Liban et que leurs pressions sur la Syrie ne faibliront pas d’un pouce.
Philippe ABI AKL
Le Liban pourrait subir une nouvelle phase de turbulences politiques, couplées de secousses sécuritaires. En clair, la série d’attentats aux explosifs pourrait reprendre. Telles sont les informations avancées par de nombreux politiques. Le fait est que la Syrie est de nouveau dans l’œil du cyclone. La communauté internationale, les États-Unis précisément, espèrent pousser Damas à remplir certaines conditions relatives à la situation en Irak, en Palestine et, accessoirement, au Liban. La réaction naturelle de la Syrie baassiste serait de sévir, une nouvelle fois, chez son petit voisin.
Il suffit de relire la résolution 1680 – qui reflète, en certains points, les décisions du dialogue national en ce qui concerne les rapports entre le Liban et la Syrie – pour comprendre que le cycle des pressions sur Damas est loin...
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