L’orchestre cycliste de l’Italien Ivan Basso s’apprête à jouer sa partition dans le contre-la-montre par équipes du Giro (38 km), aujourd’hui, entre Piacenza et Crémone, la ville du célébrissime luthier Stradivarius, après la journée de repos hier.
À la baguette, Bjarne Riis, manager de la formation CSC, a une revanche à prendre. Il lui faut effacer le malheureux exercice de l’année passée dans le Tour de France quand la chute de David Zabriskie près de l’arrivée à Blois avait provoqué la perte de la victoire d’étape (à deux secondes près) et du maillot jaune que portait l’Américain. Un traumatisme ? « Non, on n’y pense pas », affirme Alain Gallopin, l’un des directeurs sportifs du groupe danois. « On part pour gagner, même si cela s’annonce serré sur une distance de 38 kilomètres. Mais si on ne gagne pas, ce ne sera pas une catastrophe. Il n’y aura pas beaucoup d’écarts entre les grosses équipes. » La formule du temps réel, sans barème de correction, risque de peser lourd pour les formations les plus fluettes. Entre autres, celle du grimpeur vénézuélien José Rujano (3e du Giro 2005), pénalisé par rapport aux Discovery Channel (Savoldelli) et aux CSC (Basso), voire aux Lampre (Cunego) ou aux T-Mobile (Ullrich). « On n’a pas préparé spécialement le chrono car on est toujours prêts pour ce genre d’effort, sourit Gallopin. C’est le travail de plusieurs années qui finit par payer. L’équipe est rodée, elle sait comment fonctionner. Dans notre groupe du Giro, six coureurs étaient présents sur le Tour l’an dernier (Basso, Julich, Lombardi, Sastre, Sorensen, Voigt). »
De là à imaginer que le contre-la-montre par équipes, oublié par le Giro depuis 1989, a pesé sur le choix des hommes, et le pas reste à franchir. « Si Voigt est présent, explique Gallopin, ce n’est pas à cause de ce “chrono” mais parce qu’il marche fort, Julich aussi d’ailleurs. Il a bien récupéré après la première étape contre la montre qu’il a ratée, sans doute à cause du pollen. »
Le handicap de partir avant le rival annoncé (Savoldelli) ? « C’est toujours bien de connaître les temps des autres. Mais la distance de 38 kilomètres est relativement courte. Cela jouera moins », estime Gallopin, qui reconnaît toutefois le « stress élevé » que provoque l’exercice. Dans le Tour, Riis, très attaché au symbole collectif de cette étape, a joué paradoxalement de malheur jusqu’à présent. En 2002, un cafouillage dans sa direction d’équipe avait privé Laurent Jalabert d’un maillot jaune à sa portée à l’approche de Château-Thierry. Deux ans plus tard, l’un de ses coureurs entraînait dans sa chute trois coéquipiers sur la route détrempée conduisant à Arras. Nul n’est à l’abri. Pas même Lance Armstrong, un maître pour diriger la manœuvre et s’effacer le temps d’une étape derrière le rendement collectif. En 2001, le détenteur du record des victoires dans le Tour avait eu besoin de tout son sang-froid quand deux de ses hommes (Vandevelde, Heras) s’étaient retrouvés à terre. L’Américain, qui est arrivé mardi sur le Giro, pourra toujours conseiller son ancienne équipe. Mais ses « boys » (Savoldelli, Beltran, Padrnos et Rubiera faisaient partie de l’équipe gagnante du Tour 2005) connaissent la musique.
Petacchi opéré du genou gauche
L’Italien Alessandro Petacchi (Milram) a subi hier à Pise une intervention chirurgicale au genou gauche, deux jours après sa chute dans le Tour d’Italie cycliste, a-t-on appris auprès de sa formation.
Petacchi souffre d’une fracture de la rotule qui nécessite un temps de consolidation de cinq semaines, de l’avis des médecins. « J’espère que les radiographies de contrôle que je vais passer dans trois semaines permettront de gagner un peu de temps. J’ai hâte de recommencer à courir et de gagner à nouveau, mais je ne veux pas compromettre la guérison. J’ai encore plusieurs années de carrière devant moi », a déclaré Petacchi après cette intervention, « parfaitement réussie » selon son équipe.
« Pendant cinq semaines, je vais devoir porter un plâtre et me déplacer avec des cannes », a précisé le sprinteur italien qui, à moins d’une guérison inespérée dans les délais, ne pourra pas être compétitif pour le départ du Tour de France, le 1er juillet à Strasbourg. Petacchi a subi une anesthésie par péridurale pour les deux heures qu’a duré l’intervention chirurgicale pratiquée par le professeur Spinelli à la clinique San Rossore de Pise. « Je n’ai pas senti de douleur pendant l’opération. À vrai dire, je ne sentais pas mes jambes. Je comprends mieux ce que doivent ressentir les personnes paralysées », a ajouté le coureur de La Spezia.
Petacchi, 33 ans, a chuté lundi dans la troisième étape du Giro, entre Perwez et Namur (Belgique). Depuis 2003, il a gagné dix-neuf étapes de la course rose.
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À la baguette, Bjarne Riis, manager de la formation CSC, a une revanche à prendre. Il lui faut effacer le malheureux exercice de l’année passée dans le Tour de France quand la chute de David Zabriskie près de l’arrivée à Blois avait provoqué la perte de la victoire d’étape (à deux secondes près) et du maillot jaune que portait l’Américain. Un traumatisme ? « Non, on n’y pense pas », affirme Alain Gallopin, l’un des directeurs sportifs du groupe danois. « On part pour gagner, même si cela s’annonce serré sur une distance de 38 kilomètres. Mais si...