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Actualités - Opinion

Possible offensive antigouvernementale des prosyriens

Sauf énorme coup de théâtre et retournement spectaculaire de situation, les prosyriens ont tout l’air d’avoir remporté la bataille de la présidence. Plus exactement, du maintien du président Lahoud jusqu’à la fin de son mandat prorogé. Ayant ainsi marqué des points, les partisans de Damas pourraient tourner maintenant leurs armes contre le gouvernement pour le faire sauter. Des ministres de la majorité assurent avoir reçu des indications à ce propos. En soulignant que la Syrie souhaite reprendre le contrôle, à travers un gouvernement qui lui serait acquis, notamment dans les affaires sécuritaires, défensives et en matière de politique étrangère. On sait en effet que, sous la tutelle, la diplomatie libanaise était pratiquement au service de Damas. Qui voit d’un mauvais œil le Liban afficher désormais, dans les instances internationales ou arabes, les lignes convenant à ses propres intérêts. Les succès du président Siniora tant aux États-Unis qu’auprès du Conseil de sécurité de l’ONU froissent la Syrie qui n’a jamais vu, en 30 ans, un chef de gouvernement libanais graviter hors de son orbite. En parvenant à revigorer les pressions internationales sur Damas. Les prosyriens ont-ils des chances sérieuses de dégommer le cabinet ? Il est clair que leurs coups de boutoir vont s’articuler sur la crise socio-économique, sur les problèmes des gens, sur le refus populaire de nouveaux impôts. Ils vont s’efforcer de démolir, pan par pan, le programme de réformes et de torpiller Beyrouth I, conférence des pays donateurs. En imputant au gouvernement la responsabilité du désastre socio-économique qui en découlerait. Les prosyriens comptent sur le concours du régime pour une réédition de la stratégie d’obstruction qui avait servi contre le président Rafic Hariri, lors de Paris II. Les privatisations, la fiscalité, la TVA, les taxes sur les intérêts bancaires vont être les chevaux de bataille de cette campagne. Certains exigent par ailleurs, déjà, que la réforme économique passe après les réformes politique, administrative et judiciaire. En faisant valoir que, sans cela, les décisions prises dans les domaines économique et financier pourraient être sabotées par des zizanies politiciennes. Il faut cependant relever que le chef de l’État, pour sa part, soutient qu’il faut s’occuper en priorité des besoins sociaux, pédagogiques et médicaux des Libanais. Et ne pas se focaliser uniquement sur les questions politiques. Une réforme globale Toujours est-il que le gouvernement et la majorité sont sur leurs gardes. Ils ne comptent pas laisser les prosyriens exploiter la fibre du social. Ainsi les forces du 14 Mars vont-elles demander au gouvernement de s’occuper des besoins des Libanais, de ne pas leur infliger de nouveaux impôts, de n’effectuer des privatisations que par consensus général. Car la réforme est une responsabilité générale, nationale, qui ne peut donner lieu à des surenchères. Cette réforme doit être globale, traiter des institutions dont le mauvais fonctionnement est l’une des causes majeures du déficit budgétaire et de l’écrasante dette publique. Il faut ainsi résoudre le problème, accablant pour le Trésor, de l’électricité et de la Sécurité sociale. Il faut également assurer une privatisation profitable, réussie, du domaine des télécommunications en mettant en place le comité organisateur. Il n’est pas admissible que des attitudes négatives soient adoptées pour des considérations politiciennes. Le dossier doit être examiné par tous sous un angle objectif et scientifique. Pour en revenir aux visées antigouvernementales des prosyriens, un ministre assure qu’elles ont peu de chances de réussir. Il estime qu’il existe une sorte d’équilibre des forces entre le 14 et le 8 Mars. Dans ce sens que si ce dernier camp a pu obtenir le maintien de Lahoud par blocage, il n’est pas en mesure de faire sauter le cabinet, toujours soutenu par une majorité consistante. De plus, la menace d’un recours à la rue tombe à plat, car le gouvernement ne décidera de nouveaux impôts qu’avec l’approbation de tous. Et si des manifestations devaient quand même être organisées, les forces du 14 Mars feraient alors de même pour faire sauter le régime. La responsabilité du chaos retomberait alors sur l’opposition. Si le gouvernement était contraint à la démission, la majorité désignerait Siniora pour se succéder à lui-même. Et s’il y avait obstruction, il continuerait à expédier les affaires courantes. Émile KHOURY
Sauf énorme coup de théâtre et retournement spectaculaire de situation, les prosyriens ont tout l’air d’avoir remporté la bataille de la présidence. Plus exactement, du maintien du président Lahoud jusqu’à la fin de son mandat prorogé. Ayant ainsi marqué des points, les partisans de Damas pourraient tourner maintenant leurs armes contre le gouvernement pour le faire sauter. Des ministres de la majorité assurent avoir reçu des indications à ce propos. En soulignant que la Syrie souhaite reprendre le contrôle, à travers un gouvernement qui lui serait acquis, notamment dans les affaires sécuritaires, défensives et en matière de politique étrangère. On sait en effet que, sous la tutelle, la diplomatie libanaise était pratiquement au service de Damas. Qui voit d’un mauvais œil le Liban afficher désormais, dans...