Après le rien, le néant interstellaire, le zéro absolu : 273° Kelvin au compteur… C’est ce qui s’appelle une semaine glaciaire, à peine réchauffée par la parano du Hezbollah face au ministre de l’Intérieur et le tir forain des sbires de Wi’am Wahhab dans un caillou du Druzistan. Pour compléter ce sinistre tableau à faire pleurer dans les chaumières, deux misérables bonhommes qui dorment sur le paillasson : Fouad Siniora, attendant d’être reçu à Damas, et Bachar el-Assad, guettant l’embrasure d’une porte dérobée de la Maison-Blanche. Bref, la « conjoncture », comme disent les salonnards, est tombée si bas qu’à partir de là elle ne peut plus que remonter.
Et puis brusquement un espoir fou : le coup de balai magique promis à la Sécu. Une réforme inespérée pour ces écuries d’Augias, ce tonneau des Danaïdes. Une transmutation lumineuse parachutée du ciel, dont on craint seulement qu’elle ne fasse l’effet d’un diamant tombé dans un étron. Les naïfs y croient, les margoulins ricanent. Pas moins de 800 millions de dollars pour dératiser les lieux ! Une paille, au regard du train de vie que mènent les copains et les coquins qui y végètent avec un salaire mensuel moyen de 4 000 dollars – miam-miam ! – pendant que les employés bas de caisse sont, quant à eux, payés avec des queues de cerises.
Déjà que du temps de sa gloire, la CNSS s’acquittait, un siècle après, des 75 % de la facture santé en classe prolo du siècle d’avant. Aujourd’hui, c’est à peine si elle arrive à rembourser les suppositoires. Sans doute pour adoucir ses procédés qui empruntent le même chemin. Alors si les hôpitaux, les médecins, les infirmiers et surtout les patients pensent que ce vide-ordures administratif va cracher au bassinet, ils peuvent toujours se gratter.
Mais revenons à la réforme. On nous promet ferme un audit financier, une véritable radiographie de la Sécu, et très décolletée de surcroît. Restera tout de même cette question lancinante : comment, en moins de six ans, se sont évaporés l’équivalent de 46 siècles de salaire minimum ?
Pour l’heure, en tout cas, l’affaire se présente mal, s’il faut en croire sœur Anne qui ne voit rien venir. Car ce n’est pas seulement la CNSS qui est usée, mais désormais la poche des Libanais qui est sérieusement râpée.
Gaby NASR
Après le rien, le néant interstellaire, le zéro absolu : 273° Kelvin au compteur… C’est ce qui s’appelle une semaine glaciaire, à peine réchauffée par la parano du Hezbollah face au ministre de l’Intérieur et le tir forain des sbires de Wi’am Wahhab dans un caillou du Druzistan. Pour compléter ce sinistre tableau à faire pleurer dans les chaumières, deux misérables bonhommes qui dorment sur le paillasson : Fouad Siniora, attendant d’être reçu à Damas, et Bachar el-Assad, guettant l’embrasure d’une porte dérobée de la Maison-Blanche. Bref, la « conjoncture », comme disent les salonnards, est tombée si bas qu’à partir de là elle ne peut plus que remonter.
Et puis brusquement un espoir fou : le coup de balai magique promis à la Sécu. Une réforme inespérée pour ces écuries d’Augias, ce...
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