L’Union européenne, qui a suspendu de facto une partie de son aide, est le plus gros soutien financier des Palestiniens avec quelque 500 millions d’euros versés annuellement. Toutefois, cette aide – dont un peu plus de la moitié est gérée directement par Bruxelles, le reste venant des États membres – se divise en de multiples catégories qui, selon des sources européennes, rendent difficile la sélection des aides à supprimer et des aides à maintenir, l’UE ne souhaitant pas que la population palestinienne souffre de cette suspension.
Selon plusieurs sources européennes, la partie de l’aide la plus menacée est celle qui nécessite des contacts directs avec le gouvernement palestinien dirigé par le Hamas.
Selon un document préparé le mois dernier par la Commission, 48 % de l’aide gérée par Bruxelles correspond à de l’aide sociale, économique et de soutien aux services de base (eau, électricité, éducation) rendant nécessaire une « interaction directe » avec les autorités palestiniennes.
Mais en pratique, les dirigeants de l’UE hésitent à supprimer ces 48 % dans leur totalité : certains diplomates soulignent que l’aide sociale, médicale ou éducative nécessitant une interaction directe ne peut pas être comparée aux fonds alloués aux forces de police, par exemple.
L’autre moitié de l’aide de la Commission est moins menacée, même si elle suppose aussi un contact minimal avec le gouvernement palestinien.
Il s’agit, à hauteur de 20 %, de fonds destinés aux réfugiés, qui passent par des agences de l’ONU dont la principale est l’Unrwa, d’aide humanitaire (20 % aussi) et, enfin, de projets gérés par des agences non-gouvernementales (10 %), dont la plupart ont, dans les territoires palestiniens, déjà noué des « liens directs ou indirects » avec le Hamas.
Quant à l’aide venant des États membres, elle dépend de ces derniers, et aucune ventilation précise n’était immédiatement disponible.
Interrogé pour savoir si les pays pourraient continuer leur aide à l’Autorité palestinienne parallèlement à une suspension de l’aide communautaire, un diplomate français a répondu hier : « Il faut avoir une approche cohérente. »
Pour compliquer encore un peu plus les calculs, plusieurs sources européennes ont indiqué que la Commission pourrait réacheminer une partie de l’aide transitant actuellement par le gouvernement palestinien par d’autres canaux. Et augmenter par ailleurs la partie humanitaire de son aide.
Enfin, une grande partie de l’argent versé par la Commission comme par les États membres entre dans le cadre de projets pluriannuels entérinés par des documents signés avec les ministères palestiniens. Les fonds sont alors versés sur le compte unique du ministère palestinien des Finances – désormais tenu par un cadre du Hamas, Omar Abdelrazeq –, une méthode retenue pour éviter au maximum les détournements.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Union européenne, qui a suspendu de facto une partie de son aide, est le plus gros soutien financier des Palestiniens avec quelque 500 millions d’euros versés annuellement. Toutefois, cette aide – dont un peu plus de la moitié est gérée directement par Bruxelles, le reste venant des États membres – se divise en de multiples catégories qui, selon des sources européennes, rendent difficile la sélection des aides à supprimer et des aides à maintenir, l’UE ne souhaitant pas que la population palestinienne souffre de cette suspension.
Selon plusieurs sources européennes, la partie de l’aide la plus menacée est celle qui nécessite des contacts directs avec le gouvernement palestinien dirigé par le Hamas.
Selon un document préparé le mois dernier par la Commission, 48 % de l’aide gérée par Bruxelles...