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Actualités - Opinion

Histoires de rien

Il est désormais de notoriété publique que les Libanais ne s’entendent plus sur rien. Seulement, le rien en question est tellement complexe qu’au fil des ans, il a fait des dizaines, voire des centaines de petits riens. Avec, au final, une classe politique qui vaut moins que rien. Mais, comme disait Raymond Devos, si l’on peut trouver « moins que rien », c’est que « rien » vaut déjà quelque chose. L’argument est certes tiré par la touffe, mais il s’est confirmé en moins de deux semaines par la formidable capacité des barons du dialogue à basculer d’un rien à l’autre, avec d’autant plus de facilité que le premier rien n’ayant rien donné, ils espèrent tirer du deuxième un peu plus qu’un « rien de rien ». Récapitulons. Premier couac : trouver un successeur forcé à Émile Ier le Prolongé. Pas facile, puisque le maître du Château n’accepte d’en livrer les clés qu’à un copain de régiment, Michel Aoun. Certes, Mongénéral de Rabieh a largué depuis 20 ans la Grande Muette, mais qu’est-ce qu’il parle depuis ! Et même s’il a cocufié son électorat en pactisant avec les barbus, il reste le seul à afficher clairement ses appétits présidentiels. Sauf que, dans ce cas précis, la boulimie est largement partagée par une palanquée d’autres candidats maronites aussi frileux que virtuels et éthérés, mais que la démarche de l’Amer Michel a déstabilisés. Bref, le fond de l’air est frais… et le fond du Aoun effraie. Deuxième bernique : les réformes économiques. L’État téléphoniste, électricien et marchand d’essence, les ministères transformés en bureaux de placement, la truellée d’instituteurs ignares à l’Éducation nationale, l’Administration publique gangrenée par des fonctionnaires planqués avec des salaires de misère encourageant la corruption… Le tout dans des horaires de Club Med : pas même 20 heures de turbin par semaine, pour un pays endetté jusqu’au trognon. Là, comme il se doit, on retrouve des ministres chiites en embuscade, appuyés par une CGTL tirant sur la ficelle de l’argent du contribuable. Mais aussi un revenant : Sélim Hoss, le sinistre au teint bistre, venu déverser ses jérémiades pour s’opposer aux privatisations. Salauds de riches ! Mais restons zen : entre une présidentielle insoluble et une économie qui se dissout, les Libanais ont tous les motifs d’être optimistes… quant à l’avenir du pessimisme. Gaby NASR
Il est désormais de notoriété publique que les Libanais ne s’entendent plus sur rien. Seulement, le rien en question est tellement complexe qu’au fil des ans, il a fait des dizaines, voire des centaines de petits riens. Avec, au final, une classe politique qui vaut moins que rien. Mais, comme disait Raymond Devos, si l’on peut trouver « moins que rien », c’est que « rien » vaut déjà quelque chose.
L’argument est certes tiré par la touffe, mais il s’est confirmé en moins de deux semaines par la formidable capacité des barons du dialogue à basculer d’un rien à l’autre, avec d’autant plus de facilité que le premier rien n’ayant rien donné, ils espèrent tirer du deuxième un peu plus qu’un « rien de rien ». Récapitulons.
Premier couac : trouver un successeur forcé à Émile Ier le Prolongé. Pas...