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Marché de l’immobilier Les deux points noirs de Solidere

Alors que la société en charge de la reconstruction du centre-ville de Beyrouth annonce en grande pompe depuis plusieurs semaines des centaines de millions de dollars d’investissements en provenance des pays du Golfe, il ne faut pas oublier que la multiplication des fermetures d’enseignes et le large stock de bureaux inoccupés restent deux problèmes récurrents. À court terme, aucune amélioration n’est en vue. Le mois dernier, la barre symbolique des 200 établissements (restaurants et boutiques) fermés a été atteinte au cours des six dernières années. Ce chiffre est effarant et considérable. Aucun autre espace marchand au Liban n’a connu une telle hécatombe en si peu de temps. L’ampleur du processus n’est pas récente. Le nombre de fermetures ne cesse de progresser d’année en année : 22 en 2002, 39 en 2003, 52 en 2004 et 68 en 2005. Les derniers événements (multiples manifestations populaires et crise sécuritaire en 2005, blocage du centre-ville à chaque réunion du dialogue national en 2006) ne vont pas inverser la tendance. Depuis sa reconstruction et l’arrivée des premières fonctions en 1999, le constat est simple : le succès escompté du secteur commercial au centre-ville – hormis quelques exceptions – n’est pas encore au rendez-vous. Comble de malchance, dans le même temps, les restaurants de Gemmayzé et de la rue de Damas et les centres commerciaux (ABC Achrafieh et Citymall) séduisent de plus en plus les investisseurs et les clients. Si de nombreuses fermetures sont liées à l’amateurisme de certains commerçants et restaurateurs qui ont accepté des loyers prohibitifs pour des emplacements isolés, même les groupes les plus expérimentés qui ont plusieurs adresses à Beyrouth s’y sont cassé les dents et ont dû mettre la clé sous la porte. Preuve qu’il y a un problème, depuis des mois, des dizaines d’emplacements ne retrouvent pas de repreneurs. Certaines rues offrent un linéaire de vitrines vides. Cela fait relativement désordre pour un espace urbain nouvellement rénové et censé devenir le cœur commercial de Beyrouth. On est loin des rues et des souks animés et grouillant de monde des années 1970. Seule lueur d’espoir à l’horizon, l’ouverture des Souks de Beyrouth d’ici à l’année prochaine pourrait entraîner un effet positif sur le centre-ville. Comme nous l’avons souvent expliqué dans cette rubrique, le nombre de bureaux encore disponibles au centre-ville est toujours considérable. À court terme, le phénomène n’est pas près de s’inverser puisque la majorité de la demande est aujourd’hui focalisée sur la périphérie de Solidere. À ce jour, le centre-ville compte plus de 130 000 m2 de bureaux inoccupés. Sans surprise, cela touche les bureaux situés dans des immeubles anciens constitués d’espaces réduits, cloisonnés et dépourvus de parking. Aujourd’hui, les sociétés désireuses de s’implanter au centre-ville n’ont que l’embarras du choix. Cette situation implique obligatoirement un réajustement des loyers qui sont en baisse depuis plusieurs mois. Certains propriétaires cherchent à brader leur stock. Il est désormais possible de louer des bureaux très bien situés à moins de 150 dollars le m2. En coopération avec RAMCO
Alors que la société en charge de la reconstruction du centre-ville de Beyrouth annonce en grande pompe depuis plusieurs semaines des centaines de millions de dollars d’investissements en provenance des pays du Golfe, il ne faut pas oublier que la multiplication des fermetures d’enseignes et le large stock de bureaux inoccupés restent deux problèmes récurrents. À court terme, aucune amélioration n’est en vue.
Le mois dernier, la barre symbolique des 200 établissements (restaurants et boutiques) fermés a été atteinte au cours des six dernières années. Ce chiffre est effarant et considérable. Aucun autre espace marchand au Liban n’a connu une telle hécatombe en si peu de temps.
L’ampleur du processus n’est pas récente. Le nombre de fermetures ne cesse de progresser d’année en année : 22 en 2002, 39 en...