Un an. La giga manif du Cèdre, dite du million, a bouté, avec le concours des pressions internationales, le tuteur syrien hors du pays. La devise de l’indépendance s’accompagnait d’un appel à l’édification d’un État véritable. Un an plus tard, seule la moitié du chemin a donc été parcourue. Mais l’anniversaire s’est trouvé, pour ainsi dire, couvert (plutôt que gommé) par le dialogue national, qui a repris, et repris des couleurs, après une interruption inquiétante, provoquée pour la forme par l’absence de Joumblatt et pour le fond par ses déclarations en flèche. De Washington, et du radicalisme, il semble cependant être revenu pour se remettre à table, avec le même esprit responsable positif apparemment, avec les autres. Son vis-à-vis, pour ne pas dire son protagoniste, principal restant Hassan Nasrallah.
En fait, une campagne diplomatique pressante a contribué à conforter le climat pour empêcher l’échec. Les interlocuteurs, animés par le président Nabih Berry, ont choisi de ne pas prendre le risque d’un capotage en décidant tout simplement de passer outre aux positions en flèche du leader progressiste. L’organisateur a mis sur la table un agenda précis, restreint, excluant tout dépassement pour éviter les complications pouvant surgir de l’exposé de certaines vues conflictuelles, notamment sur la présidentielle. On sait en effet qu’avant la reprise, les forces du 14 Mars avaient laissé entendre qu’il faudrait englober ce thème dans les discussions, ce qui aurait pu mener à un rapide blocage. Avec le concours de l’étranger, l’on a finalement accepté de jouer la carte de l’apaisement, tant par rapport aux frictions internes qu’en ce qui concerne le ton à l’égard ou à l’encontre de la Syrie, autre sujet qui fâche. Des parties régionales, arabes, se proposent en effet d’initier un rôle actif pour améliorer les rapports entre le Liban et la Syrie. Une trêve médiatique a donc été conclue. D’autant plus volontiers que les forces du 14 Mars ont bien dû constater que la levée de boucliers anti-Lahoud du 14 février dernier n’avait pas abouti au 14 mars comme promis ou comme envisagé. Pour ce qui est de la Syrie, elle annonce qu’elle coopère avec Serge Brammertz et l’on va voir aujourd’hui même, avec le rapport de ce dernier, ce qu’il en est vraiment.
Selon un diplomate français, l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Koweït attendent et se proposent d’aider si on le leur demande. Tant en vue de concrétiser localement les effets du dialogue interne qu’en ce qui se rapporte à la Syrie. L’initiative arabe éventuelle mettrait l’accent sur l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays voisins. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, devrait dans ce cadre effectuer une nouvelle navette prochainement entre Beyrouth et Damas avant le sommet au Soudan qui, de son côté, avait dépêché un émissaire pour de bons offices. Les Arabes estiment ainsi que Siniora devrait rencontrer Assad avant le sommet.
Cependant, les forces du 14 Mars maintiennent quand même la présidentielle comme une priorité et un préalable. Mais les autres interlocuteurs arrondissent les angles et font valoir que cette question devrait être le point d’orgue du dialogue. C’est-à-dire qu’une fois une entente conclue sur les principaux points à l’ordre du jour, il deviendrait aisé de régler le problème de l’élection d’un successeur à Émile Lahoud.
L’accord général constituerait une jonction entre forces du 8 et du 14 Mars. Il créerait des commissions spécialisées pour l’exécution des diverses résolutions.
Le dialogue va donc reprendre la semaine prochaine dans un climat toujours positif.
Philippe ABI-AKL
Un an. La giga manif du Cèdre, dite du million, a bouté, avec le concours des pressions internationales, le tuteur syrien hors du pays. La devise de l’indépendance s’accompagnait d’un appel à l’édification d’un État véritable. Un an plus tard, seule la moitié du chemin a donc été parcourue. Mais l’anniversaire s’est trouvé, pour ainsi dire, couvert (plutôt que gommé) par le dialogue national, qui a repris, et repris des couleurs, après une interruption inquiétante, provoquée pour la forme par l’absence de Joumblatt et pour le fond par ses déclarations en flèche. De Washington, et du radicalisme, il semble cependant être revenu pour se remettre à table, avec le même esprit responsable positif apparemment, avec les autres. Son vis-à-vis, pour ne pas dire son protagoniste, principal restant Hassan...
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