Selon le Dr Paul Salem, qui en est membre, la commission chargée de la loi électorale n’attend pas seulement la désignation de deux maronites pour remplacer les démissionnaires, Michel Tabet et Ziyad Baroud. Elle attend aussi, et surtout, que le gouvernement lui dise son point de vue sur le découpage concernant Taëf. Car ce document fondamental est clair-obscur : il ordonne l’adoption du mohafazat ; mais d’autre part, il commande une modification du découpage administratif. C’est à la lumière de la position gouvernementale que la commission procéderait à ses propres recommandations. Elle attend également, en restant bloquée du fait des démissions, que le pouvoir proroge son délai de mission, qui est achevé depuis fin février.
Il reste que Tabet et Baroud sont partis parce qu’ils s’opposaient à l’option ouverte. C’est-à-dire qu’à leur sens, la commission devrait proposer un seul choix de découpage au gouvernement et à la Chambre et non deux ou plusieurs, pour laisser les instances décider. C’est en effet vers cette idée que l’on s’acheminait et elle n’est d’ailleurs pas encore abandonnée. Tabet et Baroud étaient en outre favorables aux trois circonscriptions et non au projet de neuf circonscriptions.
Le Dr Salem espère qu’ils réviseront leur décision de retrait. Parce que, à son avis, la porte du débat reste ouverte, rien n’est encore fixé. Il souligne cependant que le projet envisagé est le meilleur en termes de saine représentation générale. Et de défense du droit des minorités à choisir elles-mêmes, de fait, leurs propres représentants. Cela par l’adoption de la proportionnelle. Il y aurait des listes fermées, l’électeur retenant seulement deux noms, pour que la masse n’écrase pas la minorité. Et pour que les voix ne soient plus virées en bloc par les chefs de listes. Au niveau du caza, les trois candidats ayant obtenu le plus de suffrages l’emporteraient.
Le manque de temps a empêché la commission de parvenir à une formule de découpage donnant satisfaction à tous. Pour Beyrouth, l’on avait pensé à une solution s’approchant de celle de 1960 qui avait établi les trois secteurs électoraux.
Le Dr Salem insiste sur les avantages de la proportionnelle qui permet aux candidats disposant d’une réelle popularité de gagner et non aux candidats qui reçoivent des voix virées.
Il est important, dans la phase historique que traverse le Liban, qu’il y ait une Chambre vraiment représentative. La femme devrait avoir un quota de 20 % au moins dans les candidatures. Il est également important que les Libanais de l’étranger puissent voter. Avec une carte électorale ou avec leur passeport. Quant à la réduction de l’âge à 18 ans, elle devrait permettre à la jeunesse de peser plus justement dans la balance.
Cependant, on se demande si le pouvoir, toujours divisé, va s’entendre, à commencer sur la désignation de deux nouveaux membres de la commission. Et sur le nouveau délai qui serait imparti à cet organisme consultatif pour qu’il termine ses travaux. Il reste aussi à savoir si le rapport final serait adopté tel quel. Ou si le gouvernement et le Parlement ne vont pas y apporter des modifications essentielles, pour servir des intérêts déterminés.
Émile KHOURY
Selon le Dr Paul Salem, qui en est membre, la commission chargée de la loi électorale n’attend pas seulement la désignation de deux maronites pour remplacer les démissionnaires, Michel Tabet et Ziyad Baroud. Elle attend aussi, et surtout, que le gouvernement lui dise son point de vue sur le découpage concernant Taëf. Car ce document fondamental est clair-obscur : il ordonne l’adoption du mohafazat ; mais d’autre part, il commande une modification du découpage administratif. C’est à la lumière de la position gouvernementale que la commission procéderait à ses propres recommandations. Elle attend également, en restant bloquée du fait des démissions, que le pouvoir proroge son délai de mission, qui est achevé depuis fin février.
Il reste que Tabet et Baroud sont partis parce qu’ils s’opposaient à l’option...
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