Carole Montillet et Michaela Dorfmeister ont donné hier le meilleur d’elles-mêmes pour la dernière sortie olympique de leur carrière, la première accrochant la plus belle place de son rude hiver, 5e du super G de San Sicario, à 84/100 de l’Autrichienne désormais double médaillée d’or.
Une semaine après son sévère accident, lors du deuxième entraînement à la descente, l’Iséroise a réagi en championne, livrant son meilleur ski de la saison, attaquant, tirant les lignes les plus courtes. Pendant dix minutes, elle est restée sur le podium sans trop y croire. Derrière elle, devaient encore s’élancer les « Dorf », Kostelic, Meissnitzer, tiercé finalement gagnant de ce super G disputé sous le soleil après trois jours de neige.
« Je ne sais pas si je dois être déçue ou contente en fait, avouait Montillet une demi-heure après avoir donné une accolade complice à Dorfmeister. Pour l’instant, je ne sais pas trop. Je suis arrivée en bas supercontente de moi. Je n’ai pas de regrets, j’ai pris un maximum de risques, j’ai fait du bon ski et les trois autres étaient vraiment meilleures que moi, ce sont les plus fortes cet hiver. »
Tous ses moyens
À elles trois en effet, les médaillées ont remporté cinq des six super G disputés depuis novembre. Un signe propre à rassurer ceux qui craignaient une course loterie, du fait des intempéries. À commencer par Dorfmeister qui avait, sans le savoir vraiment, rêvé de ce doublé olympique, inédit chez les hommes comme chez les femmes dans les disciplines de vitesse.
La nuit suivant son sacre en descente, après avoir eu du mal à s’endormir, elle avait en effet vu en songe une Autrichienne remporter un nouveau titre : « C’était une autre médaille d’or, c’est sûr, pour une fille, mais je ne peux pas dire dans quelle discipline », racontait alors celle que ses rivales avaient mis tout en haut de leurs pronostics pour le super G.
Hier, elle a très vite mis fin au suspense. Partie en 30e position, celle dévolue à la meilleure supergéantiste de la saison, « Dorf » a, dès le premier intermédiaire, effacé tous les doutes que l’on pouvait nourrir à son sujet : cinq jours après son titre de descente qui avait effacé 26 ans de disette autrichienne, elle avait bien retrouvé la pleine possession de ses moyens sur une Fraiteve piquetée par son entraîneur Jurgen Graller. Celui-là même qui avait tracé le super G de Val-d’Isère (Savoie), théâtre de son retour victorieux en Europe.
Kostelic dans l’histoire
En franchissant la dernière ligne d’arrivée olympique de sa carrière, « Dorf » a pourtant déchanté. Tout en haut du tableau, elle n’a vu que le nom de Kostelic, a cherché le sien, en vain, le visage étrangement fermé, persuadée pourtant d’avoir montré son meilleur ski.
« J’ai regardé le tableau, mais je ne voyais pas mon nom. C’est Janica qui m’a dit que j’étais première », expliquait plus tard Dorfmeister. Première d’un podium de reines. Sa dauphine Kostelic, reléguée à 27/100, entrait en effet en même temps dans l’histoire en devenant la première skieuse lauréate de six médailles olympiques. À 24 ans seulement.
Alexandra Meissnitzer a, elle, conquis une troisième médaille pour ses derniers jeux, heureuse en bronze. Elle ne connaîtra jamais les joies de l’or, mais dit s’en moquer. Pour elle, l’important c’est de ne pas repartir effondrée comme des jeux de Salt Lake City, où elle était restée deux fois au pied du podium, aussi malheureuse quatrième que Montillet fut, lundi, une cinquième comblée
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Carole Montillet et Michaela Dorfmeister ont donné hier le meilleur d’elles-mêmes pour la dernière sortie olympique de leur carrière, la première accrochant la plus belle place de son rude hiver, 5e du super G de San Sicario, à 84/100 de l’Autrichienne désormais double médaillée d’or.
Une semaine après son sévère accident, lors du deuxième entraînement à la descente, l’Iséroise a réagi en championne, livrant son meilleur ski de la saison, attaquant, tirant les lignes les plus courtes. Pendant dix minutes, elle est restée sur le podium sans trop y croire. Derrière elle, devaient encore s’élancer les « Dorf », Kostelic, Meissnitzer, tiercé finalement gagnant de ce super G disputé sous le soleil après trois jours de neige.
« Je ne sais pas si je dois être déçue ou contente en fait, avouait Montillet...