La Bourse de Beyrouth est parvenue hier à refaire une partie du terrain qu’elle avait perdu mercredi dernier, à la veille du chômage officiel de jeudi, clôturant en hausse de 41,65 points à 1 752,96 points, soit l’équivalent de 2,43 %. Elle a été tirée par Solidere et certaines valeurs bancaires ainsi que par les producteurs de ciments. Certains opérateurs ont saisi l’occasion de la forte chute de mercredi dernier (-6,58 %) pour faire une chasse aux bonnes affaires, en rachetant les valeurs injustement attaquées. Ce mouvement s’est produit dans des échanges relativement nourris, portant sur 1 172 680 titres (dont 743 217 actions A et B de Solidere) d’une valeur de 20 942 156 $ (dont 16 765 537 $ sur Solidere).
Pour ce qui est des Bourses européennes, elles ont fini en baisse, affectées par des prises de bénéfices sur de nombreux secteurs et des pertes sensibles essuyées par les pétrolières dans le sillage de la rechute du brut. Les technologiques ont pâti des nouvelles selon lesquelles le marché européen des semi-conducteurs était presque arrivé au sommet de son cycle actuel. Cela étant, les pertes l’ont emporté sur les hausses enregistrées par les valeurs automobiles sous la conduite de Renault et VW qui ont annoncé des plans de restructuration de leurs activités.
La Bourse de New York a évolué hier en terrain négatif hier, avant de revirer vers le haut en fin de journée sur des ajustements de portefeuilles. À cela aurait contribué l’annonce d’un excédent budgétaire fédéral de 20,99 milliards $ en janvier, pour le 4e mois consécutif, reléguant au second plan la nouvelle augmentation du déficit commercial américain en décembre qui s’est inscrit à 65,7 milliards $, légèrement supérieur aux attentes du marché (voir par ailleurs). Mais les investisseurs sont restés hésitants avant le discours du nouveau président de la Fed, Ben Bernanke, mercredi prochain, devant le Congrès, dans lequel il pourrait évoquer les grandes lignes de sa politique monétaire. Enfin, l’inversion de la courbe des taux obligataires pendant la séance n’a pas pour autant pesé sur le sentiment général des boursiers, quoi que cela signifie que l’économie se dirige vers un ralentissement.
Rechute de l’euro
Sur les marchés des changes, l’euro a glissé à son plus bas niveau depuis plus d’un mois face au dollar, les opérateurs négligeant le creusement du déficit commercial américain et privilégiant les perspectives de politique monétaire aux États-Unis. Des grandes banques américaines ont racheté hier des dollars contre euros au lendemain des propos tenus par le président de la banque de Réserve de Chicago, Michael Moscow. Celui-ci avait estimé que le principal taux directeur de la Fed, actuellement à 4,50 %, était entré dans « la marge du niveau neutre », mais il pourrait encore être relevé en raison des risques posés par l’inflation. Cela d’autant que les opérateurs venaient d’apprendre que les prix à la consommation en Allemagne ont reculé de 0,5 % en janvier et que la production industrielle s’est repliée de 0,3 % en décembre en France dont le PIB n’a progressé que de 0,2 % au 4e trimestre 2005 et de seulement 1,4 % sur l’ensemble de l’année dernière. Ces statistiques, qui ne plaident pas en faveur d’un prochain durcissement de la politique monétaire de la BCE qui a récemment maintenu son principal taux directeur à 2,25 %, ont donc œuvré contre l’euro. Celui-ci a dû subir la pression des ventes bénéficiaires, le ramenant finalement à New York à 1,19 $ contre 1,1980 $ la veille, en baisse de 0,57 %.
Élie KAHWAGI
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