C’est clair : il n’y a plus que la principauté de Monaco, la Micronésie et quelques villages paumés au milieu de la forêt amazonienne qui n’ont pas encore demandé à la Syrie de collaborer avec la commission d’enquête de l’ONU sur
l’assassinat de Rafic Hariri.
Ce qui n’empêche pas Bachar el-Assad d’empiler les
impairs et d’organiser des scènes surréalistes de la vie de château où les délégations se précipitent en cohortes
empressées, les bras chargés de tubes de pommade et de boîtes de cirage.
Tactique classique : puisque les choses le dépassent, il feint d’en être l’organisateur. Son dernier discours devant une claque d’avocats arabes fournit ainsi une assez bonne
mesure de la haute considération dans laquelle il tient le gouvernement de Beyrouth.
Il n’y a pas si loin, au temps de sa période britishe, le jeune Bachar présentait bien pourtant. Avec son complet veston, son allure frêle et sa petite moustache, il avait un look de gentleman farmer assez avenant. Rien à voir avec les hures d’assassins des gamins de Saddam, ses lointains cousins baassistes d’Irak. Jusqu’au jour où papa Assad, qui avait un pied dans la tombe et l’autre sur une peau de banane,
l’appela aux affaires. Depuis, le Sphinx s’en est allé et pour le petit, ce fut le cursus habituel des Pinochet arabes : un score électoral digne des potentats africains, avec pour seul émule le Tunisien Ben Ali qui le dépasse dans la caricature avec les 99 % de suffrages qu’il s’attribue à chaque élection, des lunettes noires, des galons militaires express avec
carpette de colifichets sur le poitrail, enfin la méthode Assimil du « savoir faire la gueule ». Tant et si bien d’ailleurs, qu’il n’a pas vu venir la tuile après la
réinstallation, en novembre 2004, d’Émile 1er le Prolongé.
On rappelle que Bachar el-Assad est médecin, une science qui consiste, selon Voltaire, « à prescrire des remèdes dont on ne sait pas grand-chose, pour soigner des maladies sur lesquelles on en sait encore moins, à des êtres dont on ne sait rien ».
On rappelle aussi que notre ami est ophtalmo, ce qui est un comble pour un président doté d’une si courte vue…
Gaby NASR
C’est clair : il n’y a plus que la principauté de Monaco, la Micronésie et quelques villages paumés au milieu de la forêt amazonienne qui n’ont pas encore demandé à la Syrie de collaborer avec la commission d’enquête de l’ONU sur
l’assassinat de Rafic Hariri.
Ce qui n’empêche pas Bachar el-Assad d’empiler les
impairs et d’organiser des scènes surréalistes de la vie de château où les délégations se précipitent en cohortes
empressées, les bras chargés de tubes de pommade et de boîtes de cirage.
Tactique classique : puisque les choses le dépassent, il feint d’en être l’organisateur. Son dernier discours devant une claque d’avocats arabes fournit ainsi une assez bonne
mesure de la haute considération dans laquelle il tient le gouvernement de Beyrouth.
Il n’y a pas si loin, au temps de sa...
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