Comme L’Orient-Le Jour l’a mentionné dans ses colonnes de l’édition d’hier (rubrique en coopération avec FFA), les choses ont vraiment bougé en ce début de semaine à la Bourse de Beyrouth.
C’est moins la tendance haussière des actions cotées à la Bourse de Beyrouth que le pourcentage de hausse qu’elles ont enregistré en une seule journée qui a attiré l’attention des opérateurs.
Dans les faits, la valeur des actions A de Solidere a enregistré une fluctuation de 11,57 %, clôturant hier à 24,48 $ contre 21,94 $ vendredi, au dernier jour de travail de la Bourse de Beyrouth pour la semaine dernière. Dans la même tendance s’inscrivent les GDR de la Bank Audi et ceux de la BLOM Bank. Le premier a clôturé hier à 95,15 $ contre 86,75 $, enregistrant une variation de 9,68 %, alors que les GDR de la BLOM Bank ont clôturé hier à 96,55 $, contre 90,20 $ vendredi dernier, enregistrant un changement de 7,03 %. Aussi, faut-il rappeler que la limite de hausse et la limite de baisse pour les actions Solidere sont de 15 % en rythme journalier et de 10 % pour les actions bancaires. Cela signifie que le pourcentage de changement de la valeur des GDR de la Bank Audi ont flirté hier avec « le limit up ».
« Il y a une certaine euphorie sur le marché, un certain effet de marché qui se produit sur la place de Beyrouth. Rien ne justifie fondamentalement la variation des prix des actions enregistrée depuis un an », souligne un expert des salles de marché. Selon lui, les investisseurs locaux et étrangers tablent sur une stabilité à moyen terme dans le pays et un potentiel de croissance certain des sociétés cotées à la Bourse de Beyrouth. Il insiste sur la liquidité de la place de Beyrouth, faisant référence au chiffre d’affaires de la séance d’hier qui a porté sur 42 millions de dollars. Un volume qui contraste grandement avec celui qui était enregistré au cours des deux dernières années, dit-il.
En réponse à une question, il affirme préférer que cette euphorie d’achat soit étalée sur au moins un an. « Ceci ne signifie nullement qu’il faudrait vendre aujourd’hui ou que les actions libanaises ne pourraient pas être traitées à un prix encore plus haut », dit-il.
Surévaluation
Un autre expert évoque « une psychose collective », qualifiant aujourd’hui la situation de « fragile » et n’écartant pas un phénomène de « retour de bâton ».
D’après lui, la hausse de l’action Solidere, à titre d’exemple, s’est faite de 13,5 à 24,50 $, presque sans aucune correction sensible.
Il estime que « cette hausse est techniquement rapide » et qu’on pourrait se trouver, selon certaines études qui ne sont jamais assez objectives, dans une zone de surévaluation de certaines actions libanaises.
L’expert Ghazi Wazni estime pour sa part que les placements des investisseurs du Golfe à la Bourse de Beyrouth, aussi minime soient-ils, ont un impact direct sur le volume de la demande et par suite sur la tendance boursière d’une manière générale. Il donne à titre d’exemple le volume d’affaires de la Bourse de l’Arabie saoudite qui peut atteindre un milliard de dollars par jour, alors que celui du Liban ne dépasse pas les centaines de millions de dollars.
On vend ou on achète ? Les courtiers spécialisés ne souhaitent plus conseiller les opérateurs. Ils préfèrent afficher une attitude de neutralité dans « cette vague de folie », comme certains ont qualifié la tendance boursière à la place de Beyrouth.
Liliane MOKBEL
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