La Chine, déjà très présente en Afrique, investit de plus en plus sur ce continent qu’elle considère comme un pourvoyeur de ressources stratégiques, comme le pétrole, dont Pékin a un besoin pressant, mais aussi comme un marché en expansion.
La tournée africaine en cours du ministre chinois des Affaires étrangères, Li Zhaoxing, illustre cet intérêt grandissant, comme la publication le 11 janvier à Pékin du Livre blanc La Politique de la Chine à l’égard de l’Afrique.
Selon le ministre adjoint des Affaires étrangères, Lu Guozeng, « les investissements et le développement des entreprises chinoises en Afrique ont un gros potentiel, car l’Afrique est riche en ressources naturelles dont le développement économique chinois a un besoin urgent ».
« Les deux parties sont hautement complémentaires. L’énergie, y compris le pétrole, n’est qu’une partie de l’histoire. Notre développement économique a également besoin d’autres ressources qui se trouvent dans les pays africains », a-t-il ajouté.
Cet intérêt convient d’autant plus à certains États africains, que Pékin affiche une « non-ingérence » dans les affaires intérieures de ses partenaires économiques. Ainsi au Zimbabwe, mis à l’index par une bonne partie de la communauté internationale, les investissements chinois se multiplient dans le tabac (40 millions de dollars exportés vers la Chine en 2005).
La Chine renforce ses positions dans le bois (Liberia, Guinée, Cameroun, Centrafrique) et fait une entrée remarquée dans l’exploitation des champs pétrolifères africains (Tchad, Soudan, Libye, Gabon).
Au Nigeria, où M. Zhaoxing sera le 16 janvier, la première compagnie pétrolière chinoise, China National Offshore Oil Corp (CNOOC), a annoncé une prise de participation de 45 % dans un champ offshore, pour 2,268 milliards de dollars sur fonds propres.
Mais il n’y a pas que le brut : récemment, l’administration nigériane a annoncé qu’elle espérait gagner un milliard de dollars par an grâce à ses exportations non pétrolières vers la Chine.
« Entre 1999 et 2004, le volume du commerce bilatéral a fortement augmenté, passant de 578 millions de dollars à 1,5 milliards », note le poste d’expansion économique chinois à Abuja précisant que « plus de 67 compagnies chinoises ont investi au Nigeria », où s’est rendu le président chinois, Jiang Zemin, en avril 2002.
Les domaines de prédilection des entreprises chinoises demeurent les travaux publics (routes, stades, immeubles).
Les Chinois financent depuis 2004 la construction à Bangui d’un stade de 20 000 personnes pour 16,7 millions d’euros, construisent un palais des sports à Yaoundé, et au Congo-Brazzaville un barrage d’une capacité prévue de 120 mégawatts pour 2009 et d’un coût prévu de 280 millions de dollars, financés à 85 % par la Chine.
Les technologies de pointe ne sont pas laissées de côté par Pékin qui a pris le contrôle de plusieurs sociétés de téléphonie mobile et la banque gouvernementale d’import-export, China Exim Bank, vient d’annoncer qu’elle accordait 200 millions de dollars de crédits préférentiels au Nigeria pour l’aider à se doter d’un satellite de télécommunications.
Globalement, les échanges commerciaux sont en faveur de la Chine : le Cameroun a par exemple importé en 2005 environ 100 millions de dollars de produits chinois (industrie légère, quincaillerie, motos, vêtements, sacs, chaussures...) contre 70 millions de dollars d’exportations vers la Chine (coton, bois, pétrole). La Mauritanie a importé en 2004 pour 12 millions de dollars de biens chinois et exporté vers la Chine pour 9,5 millions de dollars (poissons, fer).
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