Le plus bidonnant dans les primesauteries locales n’est pas tant de voir le patron d’un groupe politique changer de canasson au milieu du gué, que d’admirer la transpiration de ses larbins chargés de faire gober la gymnastique aux neuneus de base.
Que Michel Aoun ait choisi depuis quelque temps d’opérer coup sur coup un double virage sur l’aile pour s’en aller tantôt bécoter les barbus tantôt raccrocher les wagons avec Walid Joumblatt au prétexte de faire table rase est sans doute son droit le plus absolu. Mais là où ça devient cocasse, c’est quand ses pendentifs, avalant les boas constrictors l’un après l’autre, s’emploient à enrober la pirouette d’une pelure d’orange. Ainsi, pour nombre de bigots chrétiens, il est de bon ton aujourd’hui de faire risette au Moukhtariote après avoir fait la danse du ventre devant Hassan Nasrallah. La politique est l’art de l’adaptation, mais la stratégie reste confuse et l’on est bien confus de le dire…
Idem chez les chiites qui ont aussi leurs bigots. Pour eux, c’est le patron du Hezbollah qui donne le « la » : « Israël a tué Rafic Hariri. » Oui, chef ! « Bachar el-Assad est innocent comme l’agneau qui vient de naître. » Oui, chef ! « La grippe aviaire, c’est une invention américaine. » Oui, chef ! À ce train, au prochain round électoral de Baabda/Aley, il pourra même leur demander de voter Albert de Monaco. C’est bon de se faire obéir, rien qu’en sirotant son thé devant les clips d’al-Manar, assis sur une quincaillerie militaire qui vaut son pesant de caviar iranien.
De l’Orangina de Rabieh au jaune citron du drapeau barbu, en passant par le rouge du socialisme assagi et le vert du panarabisme repenti, vogue la bigoterie libanaise partagée entre garde-à-vous et culte niais de la personnalité, sans cesse obligée de courir plusieurs mièvres à la fois.
Certes, il n’est pas interdit d’admirer un homme politique. Mais alors l’admirer réellement. Ce qui veut dire avant tout cesser de le voir avec l’œil de son valet de chambre.
Gaby NASR
Le plus bidonnant dans les primesauteries locales n’est pas tant de voir le patron d’un groupe politique changer de canasson au milieu du gué, que d’admirer la transpiration de ses larbins chargés de faire gober la gymnastique aux neuneus de base.
Que Michel Aoun ait choisi depuis quelque temps d’opérer coup sur coup un double virage sur l’aile pour s’en aller tantôt bécoter les barbus tantôt raccrocher les wagons avec Walid Joumblatt au prétexte de faire table rase est sans doute son droit le plus absolu. Mais là où ça devient cocasse, c’est quand ses pendentifs, avalant les boas constrictors l’un après l’autre, s’emploient à enrober la pirouette d’une pelure d’orange. Ainsi, pour nombre de bigots chrétiens, il est de bon ton aujourd’hui de faire risette au Moukhtariote après avoir fait la danse...
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