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Ainsi va le Liban

Le silence est d’or, dit-on. Encore faudra-t-il interpréter ce silence, l’analyser, le situer dans un contexte logique, qu’il soit positif ou négatif, pour en tirer, finalement, la signification. Qu’on ait donc l’amabilité d’éclairer notre lanterne sur certains points, vu que, d’une part, la fidélité à la Syrie, on l’a bien assimilée, et, d’autre part, la haine d’Israël (justifiable, cela personne ne le nie) est plus que claire. Mais la cause que certains partis continuent à défendre devient de plus en plus confuse à mesure que le temps passe et au gré des attentats meurtriers dont l’élite, et je dis bien l’élite du peuple libanais, fait l’objet. Messieurs du Hezbollah, nous avons compris vos prises de position, nous vous avons même soutenus dans vos combats, à une époque où nous étions, et sommes toujours, l’objet de la haine des partis que vous souteniez, et soutenez toujours. Mais une chose est sûre : votre obstination à ne voir le Liban qu’à travers des lunettes de myope ne nous conforte que davantage dans la vision d’une nation placée sous un triple signe, celui de la liberté, de la souveraineté, de l’indépendance. Un Liban libre de toute pression, de toute contrainte quelle qu’elle soit. Indépendant de ses voisins comme des autres. Souverain grâce à ses citoyens ainsi qu’à leurs représentants. L’histoire pénible, sanglante et toute proche nous a appris beaucoup plus de leçons que certains ne le croient. Du moins assez pour savoir que, dorénavant, nos conflits, nous les gérons à mains nues, sans arme aucune. Nos prisonniers dans les geôles syriennes, tout aussi libanais que ceux dans les prisons israéliennes, hurlent à la liberté. Une certaine décence, ne serait-ce que par respect pour la souffrance de leurs familles, voudrait qu’on les mentionne lors de l’un de ces grands discours élogieux à l’adresse de la Syrie. Honte à tout Libanais qui serait mû par une volonté ou une cause étrangère à la sienne ! Honte aux initiateurs de conflits intérieurs entre Libanais, toutes confessions confondues, à l’heure où des grands de la nation tombent en héros au nom de la liberté ! Honte au 14 mars qui n’a pas su montrer sa détermination face aux dangers qui guettent la nation ! Honte à ceux qui ont pu dormir sur leurs lauriers, croyant qu’une révolution d’un jour et l’acquisition de sièges suffiraient à faire d’un pays une nation souveraine et digne de ses citoyens ! Honte à tous ceux qui continueraient à exploiter la volonté d’un peuple qui souffre le martyre depuis trente ans ! Honte à ceux qui hésitent encore à se consacrer entièrement à la naissance magnifique, non seulement d’un pays qui se bat pour sa liberté et sa souveraineté, mais surtout à la conscience d’un peuple qui se réveille ! Honte à ceux qui continuent à ne percevoir leur pays, son évolution vers une vraie démocratie et vers une vraie nation, qu’à travers les discours préhistoriques de leurs leaders, de leurs chefs de clan attitrés et de leurs appartenances religieuses ! Il y a quelques jours, c’est la rage au cœur et la mort dans l’âme que nous avons suivi les funérailles de Gebran Tuéni. Vidés de notre sang, nous avons regardé la rive s’éloigner et le bout du tunnel devenir lointain. Il est évident qu’il ne suffit plus seulement de se battre pour le Liban tant rêvé ; il faudrait surtout enseigner à la jeune génération ainsi qu’à celles à venir la notion de tolérance et de non- appartenance ethnique et sociale, parce qu’il appartient à eux et à eux seuls de prendre la relève et de continuer, avec l’aide de Dieu, celui de tous, le chemin long et aride que nous ne faisons qu’entamer . Pour ma part, la première promesse de fidélité en arabe et sous forme de prière, que j’ai fait mémoriser à mon fils de cinq ans, est la suivante : « Naksimou Billah al-Aazim… » Comme Martin Luther King, j’ai un rêve. Nayla ABI ZEID RAMY
Le silence est d’or, dit-on. Encore faudra-t-il interpréter ce silence, l’analyser, le situer dans un contexte logique, qu’il soit positif ou négatif, pour en tirer, finalement, la signification.
Qu’on ait donc l’amabilité d’éclairer notre lanterne sur certains points, vu que, d’une part, la fidélité à la Syrie, on l’a bien assimilée, et, d’autre part, la haine d’Israël (justifiable, cela personne ne le nie) est plus que claire.
Mais la cause que certains partis continuent à défendre devient de plus en plus confuse à mesure que le temps passe et au gré des attentats meurtriers dont l’élite, et je dis bien l’élite du peuple libanais, fait l’objet.
Messieurs du Hezbollah, nous avons compris vos prises de position, nous vous avons même soutenus dans vos combats, à une époque où nous étions,...