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Diagnostic de l’économie libanaise

La stratégie d’assistance au Liban de la Banque mondiale fait, dans une première partie, un diagnostic de l’économie libanaise dans lequel elle détaille les forces et les faiblesses du pays. Le document fait d’abord état de l’héritage de la guerre, soit le déplacement d’un quart des habitants du pays, l’immigration d’un cinquième de la population, et un revenu par habitant un tiers inférieur à celui de 1975. Mais depuis 1997, relève l’étude, l’effort de reconstruction a doublé ce revenu par rapport à ce qu’il était à la fin de la guerre. Mais il a parallèlement aggravé la dette publique, qui est passée de 15,4 milliards de dollars en 1997, 98 % du PIB, à 38 milliards fin 2005, 171 % du PIB, le ratio le plus élevé du monde. Entre 1997 et 2005, la croissance n’a pas dépassé 2 à 3 %, contre 6 à 7 % pendant la reconstruction (1992-1997). « La baisse des investissements reflète le manque de profitabilité et de compétitivité » explique le document, « cette dernière souffre de la hausse des prix, exacerbée par les flux de capitaux qui ne sont pas compensés par des gains de productivité ». Une des principales richesses du pays, selon la BM, est son capital humain, trilingue, formé et éduqué, qui s’érode au fil des ans avec 2 % de la force de travail émigrant chaque année. Elle relève également l’esprit d ’entreprise très développé, la situation géographique, la capacité à absorber les chocs, l’ouverture de l’économie, la modernité du secteur financier, ainsi que la participation politique, les libertés civiles et celles de la presse parmi les plus élevés de la région. Du côté des faiblesses de l’économie libanaise, le rapport relève la haute dépendance de l’environnement macro-économique de la situation financière, avec le total des dépôts bancaires domestiques dépassant 260 % du PIB. Il insiste aussi sur le taux de chômage, 8 %, et particulièrement celui des jeunes. Ces derniers, entre 15 et 29 ans, représentent 33 % de la population active et 64 % des chômeurs. Il note également l’inefficacité des dépenses sociales, de santé et d’éducation qui représentent 21 % du PIB. La Banque mondiale souligne aussi la dégradation de l’environnement dont le coût est estimé entre 2,8 et 4 % du PIB. Elle relève aussi les barrières administratives. « Au Liban, il faut 46 jours pour enregistrer une société, et l’application d’un contrat prend 721 jours, trois fois la moyenne de l’OCDE .» Selon elle, le Liban est très faiblement classé dans la région en termes de qualité de la bureaucratie, d’indépendance des services publics vis-à-vis des politiques, ainsi qu’en termes de corruption et d’évasion fiscale. La gouvernance est également faible avec un indice inférieur à la moyenne régionale. Le rapport souligne la forte concentration du marché avec près de la moitié des sociétés en situation de monopole ou d’oligopole. Un tiers des marchés sont également dominés par une entreprise qui détient 40 % du marché. Enfin, il ne manque pas de relever le processus de décision politique, basé sur le consensus, qui bloque la mise en place de réformes controversées. S. A.
La stratégie d’assistance au Liban de la Banque mondiale fait, dans une première partie, un diagnostic de l’économie libanaise dans lequel elle détaille les forces et les faiblesses du pays. Le document fait d’abord état de l’héritage de la guerre, soit le déplacement d’un quart des habitants du pays, l’immigration d’un cinquième de la population, et un revenu par habitant un tiers inférieur à celui de 1975. Mais depuis 1997, relève l’étude, l’effort de reconstruction a doublé ce revenu par rapport à ce qu’il était à la fin de la guerre. Mais il a parallèlement aggravé la dette publique, qui est passée de 15,4 milliards de dollars en 1997, 98 % du PIB, à 38 milliards fin 2005, 171 % du PIB, le ratio le plus élevé du monde. Entre 1997 et 2005, la croissance n’a pas dépassé 2 à 3 %, contre 6...