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OMC Les États-Unis font un geste limité sur le coton

Les États-Unis ont fait hier une petite ouverture en faveur des producteurs africains de coton, un dossier-clé des négociations à l’OMC, mais ce geste appelé à être inclus dans un plan d’aide ciblé pour les pays pauvres a été fraîchement accueilli par les intéressés. « Les États-Unis sont prêts à permettre un accès sans droits de douane au coton des pays d’Afrique de l’Ouest » sur leur marché, a annoncé devant la presse le représentant américain au Commerce, Rob Portman, au troisième jour de la conférence de l’institution. Le coton est un élément hautement sensible des négociations en cours. L’absence de progrès dans ce domaine lors de la précédente conférence de l’Organisation mondiale du commerce à Cancun (Mexique) en 2003 avait précipité son échec. Et les pays africains concernés (Bénin, Mali, Tchad, Burkina-Faso) ont menacé de bloquer tout accord à Hong Kong si rien n’avançait dans le secteur. L’Union européenne, qui, elle, n’impose déjà plus de droits de douane sur le coton africain, a parlé d’un pas « positif », mais en a souligné aussitôt les limites, de concert avec les pays africains. « Cette mesure ne résoudra pas le problème actuel du marché du coton », à savoir « que les États-Unis versent (à leurs producteurs) des subventions qui dépriment les prix mondiaux et empêchent les producteurs africains d’être compétitifs », a estimé un porte-parole européen. « Nous savons avec certitude que ce sont les subventions américaines qui causent des problèmes à nos agriculteurs », a également estimé le ministre nigérien du Commerce et de l’Industrie Mahmadou Salissou Habi. L’ONG Oxfam a parlé pour sa part de « promesse creuse ». Actuellement, les États-Unis appliquent un droit de douane « inférieur à 2 % » sur un quota d’importation fixe, qui n’est pas atteint, a-t-on indiqué de source officielle américaine. Washington ne paraît en effet guère prêt à bouger sur l’essentiel, les 4 milliards de dollars versés l’an dernier à ses cotonniers (accusés de faire baisser les cours mondiaux de « l’or blanc »), d’autant que se profilent les élections de mi-mandat dans le pays en 2006. Même très timide, le geste américain pourrait permettre d’alimenter un train de mesures spécifiques en discussion en faveur des pays les moins avancés (PMA). Il y est en particulier question du coton. La commissaire européenne à l’Agriculture Mariann Fischer Boel a émis l’espoir que la conférence de Hong Kong parviendra dès aujourd’hui à une « solution honorable » en faveur des cotonniers africains. Les pays riches et émergents envisagent aussi plus largement de laisser les PMA exporter certains produits sans droits de douane et de quotas. Dans la veine de ce que fait déjà l’Union européenne pour l’Afrique avec son programme « Tout sauf les armes ». Le problème tient dans la définition des produits concernés : le Canada voudrait par exemple exclure le lait et les États-Unis, sous pression de leurs industriels, encadrer le textile. Ce plan apparaît comme le plus petit dénominateur commun des membres de l’OMC qui ne parviennent pas à Hong Kong à se mettre d’accord sur l’essentiel : la baisse des subventions à l’agriculture. Les États-Unis, le Brésil et l’Inde ont accru la pression hier sur l’Union européenne pour qu’elle accepte de fixer une date, 2010, pour la fin des subventions à l’exportation. Mais le négociateur européen, étroitement surveillé par la France, est resté ferme. Peter Mandelson a exclu toute « concession unilatérale » des Européens sans réciprocité de la part des autres pays.
Les États-Unis ont fait hier une petite ouverture en faveur des producteurs africains de coton, un dossier-clé des négociations à l’OMC, mais ce geste appelé à être inclus dans un plan d’aide ciblé pour les pays pauvres a été fraîchement accueilli par les intéressés. « Les États-Unis sont prêts à permettre un accès sans droits de douane au coton des pays d’Afrique de l’Ouest » sur leur marché, a annoncé devant la presse le représentant américain au Commerce, Rob Portman, au troisième jour de la conférence de l’institution.
Le coton est un élément hautement sensible des négociations en cours. L’absence de progrès dans ce domaine lors de la précédente conférence de l’Organisation mondiale du commerce à Cancun (Mexique) en 2003 avait précipité son échec. Et les pays africains concernés...