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SOCIÉTÉ Des prostituées de Rio lancent leur griffe de mode

Un groupe de prostituées de Rio vient de lancer la griffe Daspu, une manière de se procurer des revenus réguliers et d’afficher leur vision de la mode tout en luttant contre les stigmates de la profession. Les prostituées de la place Tiradentes, située en plein cœur de Rio, qui se consacrent au projet ont entre 30 et 65 ans. « Les plus jeunes qui gagnent encore leur vie sur le trottoir pourront arrondir leurs fins de mois en défilant comme mannequins. Pour les plus vieilles, la confection et la vente des modèles seront leur seule source de revenus », a déclaré hier à l’AFP Gabriela Leite, 53 ans, créatrice de la griffe Daspu. Le nom est à la fois un pied de nez à Daslu, la boutique la plus luxueuse du Brésil située sur 20 000 mètres carrés à Sao Paulo et un jeu de mots avec « das putas » (des putes). Ex-prostituée, Gabriela est responsable de l’Organisation non gouvernementale de prévention du sida et de défense des droits des prostituées Davida, qui s’occupe de 4 500 « travailleuses du sexe » dans l’État de Rio. Elle se bat pour que les filles aient les mêmes droits que les autres travailleurs du Brésil. Un projet de loi sur la question est à l’examen au Parlement. Cependant, la nouvelle griffe a soulevé la colère des propriétaires de Daslu. Leurs avocats ont exigé la semaine dernière un changement de nom estimant que Daspu « dénigre » l’image de leur boutique de luxe. Par ailleurs, la première collection Daspu, confectionnée par les prostituées, sera prête en mars 2006 et, à l’image de toutes, il est prévu une ligne pour les femmes « rondelettes » par exemple et l’une des mannequins a 60 ans. Pour l’instant, seul un tee-shirt est en vente au prix de 25 reals (9 euros) mais les commandes ne cessent d’affluer par Internet. Quelques « modèles pilotes » de petite robe rouge, minijupe orange et petits hauts décolletés sont prêts. Jane Lucia da Silva Eloy, 31 ans et depuis 13 ans dans la profession, est l’une des mannequins et considère l’initiative « merveilleuse ». Jane est mère de trois enfants et veuve depuis trois ans. Arrivée de l’État du Minas Gerais à Rio à l’âge de 7 ans avec sa mère, elle a gagné sa vie comme domestique avant de connaître la place Tiradentes où elle « se fait de 400 (140 euros) à 3 000 reals (1000 euros), selon les mois ». « J’ai trouvé deux maris grâce à la profession. Le premier est mort d’un infarctus à 60 ans, le deuxième de la tuberculose à 42 ans. Maintenant je reste célibataire », dit-elle avec bonne humeur.
Un groupe de prostituées de Rio vient de lancer la griffe Daspu, une manière de se procurer des revenus réguliers et d’afficher leur vision de la mode tout en luttant contre les stigmates de la profession.
Les prostituées de la place Tiradentes, située en plein cœur de Rio, qui se consacrent au projet ont entre 30 et 65 ans. « Les plus jeunes qui gagnent encore leur vie sur le trottoir pourront arrondir leurs fins de mois en défilant comme mannequins. Pour les plus vieilles, la confection et la vente des modèles seront leur seule source de revenus », a déclaré hier à l’AFP Gabriela Leite, 53 ans, créatrice de la griffe Daspu. Le nom est à la fois un pied de nez à Daslu, la boutique la plus luxueuse du Brésil située sur 20 000 mètres carrés à Sao Paulo et un jeu de mots avec « das putas » (des putes)....