C’est comme si toutes les capitales du monde s’exprimaient d’une seule et même voix. Les réactions internationales qui ont suivi l’assassinat de Gebran Tuéni ont été d’une extrême fermeté et d’une rare unanimité : c’est l’indépendance et la liberté qui ont été visées.
La France d’abord, avec une lettre émouvante de Jacques Chirac adressée à Siham Tuéni, la veuve du député-martyr. « C’est avec une grande peine que j’ai appris (cet) assassinat. Il s’agit d’une tragédie pour le Liban. La France condamne avec la plus grande fermeté ce crime qui suscite horreur et indignation », a dit le président français, soulignant que Gebran Tuéni « incarnait le combat du Liban pour la démocratie, l’indépendance et la liberté. C’est une voix qu’on a voulu taire. C’est un processus de libération qu’on veut entraver », a-t-il poursuivi. « Tant de drames ne peuvent être vains. Le Liban n’est pas seul. Ses amis sont mobilisés et la communauté internationale connaît ses responsabilités. La mort de Gebran Tuéni est l’occasion de redoubler d’efforts pour que les résolutions du Conseil de sécurité soient pleinement mises en œuvre », a assuré le président Chirac, rappelant que les autorités françaises « sont disponibles pour apporter leur assistance et répondre aux demandes que le gouvernement libanais serait amené à présenter. »
Quant au ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, il avait lui aussi « condamné très fermement l’attentat » contre Gebran Tuéni. « Face à tous ceux qui cherchent à déstabiliser le Liban, je redis la solidarité et l’amitié de la France pour le peuple libanais. La communauté internationale est unie et déterminée aux côtés du Liban dans cette période cruciale pour son avenir », a-t-il dit dans un communiqué diffusé à Bruxelles lors d’une réunion des ministres des AE de l’Union européenne.
À Londres, le locataire du Foreign Office, Jack Straw, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE jusqu’au 31 décembre 2005, a condamné le « lâche » assassinat du député de Beyrouth, et insisté sur l’« inquiétude » de l’Union européenne après cet attentat. « Ceux qui essaient de s’en prendre à la stabilité du Liban et de la région échoueront », a dit Jack Straw de Bruxelles, réaffirmant la nécessité de traduire en justice les auteurs de ce crime et de tous les autres crimes. « Nous allons nous concerter très rapidement avec nos partenaires européens et au sein du Conseil de sécurité afin de voir comment sanctionner de tels actes criminels », a-t-il poursuivi.
À Moscou, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Kamynine, a déclaré que son pays « condamne ce crime vil qui s’ajoute à la chaîne d’actes terroristes anonymes. Nous espérons que l’on mettra fin à l’activité des forces destructrices qui sont derrière ces actes », a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a également condamné « avec la plus grande fermeté » l’assassinat du jeune député, destiné selon lui à « saboter » l’émergence d’un Liban indépendant et souverain. Il a demandé que les circonstances de l’attentat soient éclaircies et que les coupables soient punis.
L’Union européenne
Pour sa part, le haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, a déclaré que l’UE apportera son appui au gouvernement libanais pour mettre fin aux attentats qui visent les personnes « attachées à l’indépendance et à la souveraineté du Liban. Ces années ont vu trop de fois qu’étaient visés lâchement ceux qui, comme Gebran Tuéni, étaient profondément attachés à l’indépendance et à la souveraineté du Liban, ainsi qu’à la possibilité de s’y exprimer librement », a-t-il écrit dans un communiqué. « Le peuple libanais a déjà exprimé très fortement son attachement à la démocratie et sa volonté de vivre en paix et en sécurité. Il doit être entendu », a souligné Javier Solana.
Quant au chef de la délégation de la Commission européenne à Beyrouth, Patrick Renauld, il s’est prononcé en faveur d’un tribunal international pour « juger les criminels » et « protéger le Liban ». « C’est le seul recours parce qu’il faut protéger les Libanais pour qu’ils puissent juger en droit et en confiance ceux qui ont assassiné leurs hommes politiques, leurs hommes de liberté », a dit l’ambassadeur de l’UE, insistant sur le fait que « seule l’unité des Libanais, tous les Libanais, quelle que soit leur communauté, pourra mettre fin au terrorisme contre le droit libanais, contre le droit international ».
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La France d’abord, avec une lettre émouvante de Jacques Chirac adressée à Siham Tuéni, la veuve du député-martyr. « C’est avec une grande peine que j’ai appris (cet) assassinat. Il s’agit d’une tragédie pour le Liban. La France condamne avec la plus grande fermeté ce crime qui suscite horreur et indignation », a dit le président français, soulignant que Gebran Tuéni « incarnait le combat du Liban pour la démocratie, l’indépendance et la liberté. C’est une voix qu’on a voulu taire. C’est un processus de...