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Actualités - Opinion

IMPRESSION Atmosphères

Piégez un peu de vapeur dans une sphère, quelques atomes tranquilles ou turbulents. Voilà, dit l’étymologie, de quoi faire une atmosphère. Très vite on pense terre, on pense à l’air et à l’eau, à la pluie, aux nuages, au bleu du ciel et à la neige. Et puis, on pense aux « boules à neige », ces sphères de verre où une tempête de cristaux blancs, parfois de paillettes, s’abat sur une figurine, à peine a-t-on secoué l’appareil. Sans être chionosphèrophile (c’est le nom barbare que portent les collectionneurs de ces délicatesses), la vue des boules à neige me réjouit. Les retourner doucement, observer la chute des cristaux qui s’accumulent au sommet de la bulle, redresser l’objet brusquement. C’est magique. Une nuée de flocons retombe en tourbillonnant dans une infinie lenteur, portée par une eau lourde de paraffine. Les personnages piégés dans ces miniatures m’ont toujours fascinée. De mon bon vouloir dépend leur quiétude. Loin de ma main, seuls dans leur aquarium, ils contemplent la part étroite de monde qui s’agite autour du silence qui les enveloppe. Que l’envie me prenne de lever les orages, et les voilà saisis, pour quelques secondes, d’une stupeur immobile qui ne laisse rien apparaître de leur émotion. Impunément je les mets en danger pour voir danser la neige. Entre deux secousses, leur vie de plâtre et d’ennui se résigne. Mais quand leur planète bascule et qu’il y pleut des paillettes, quand valse la lumière au gré du vent liquide que soulève un caprice, alors des poussières d’étoiles font briller leurs yeux peints. Ainsi, allons-nous vers Noël qui s’approche. La fête impose ses préparatifs, ses lumières, ses surprises. Elle remue autour de nous des scintillements oubliés. L’année qui s’achève a charrié tant d’angoisse, tant de douleur. Elle nous laisse figés dans notre bulle de verre. Sans doute est-ce le rôle des calendriers et des éphémérides d’exhumer à date fixe les gaîtés convenues. Noël renverse notre « chionosphère ». La fête soulève ses vapeurs dorées. Ce sont rêves d’enfance, nuées de nostalgie. L’atmosphère fait de son mieux. Le cœur suivra. Forcément. Fifi ABOU DIB

Piégez un peu de vapeur dans une sphère, quelques atomes tranquilles ou turbulents. Voilà, dit l’étymologie, de quoi faire une atmosphère. Très vite on pense terre, on pense à l’air et à l’eau, à la pluie, aux nuages, au bleu du ciel et à la neige. Et puis, on pense aux « boules à neige », ces sphères de verre où une tempête de cristaux blancs, parfois de paillettes, s’abat sur une figurine, à peine a-t-on secoué l’appareil. Sans être chionosphèrophile (c’est le nom barbare que portent les collectionneurs de ces délicatesses), la vue des boules à neige me réjouit. Les retourner doucement, observer la chute des cristaux qui s’accumulent au sommet de la bulle, redresser l’objet brusquement. C’est magique. Une nuée de flocons retombe en tourbillonnant dans une infinie lenteur, portée par une eau...