L’euro a repris le chemin de la hausse face au dollar hier, à la faveur de commentaires officiels haussiers sur les taux d’intérêt européens. À cet égard, les opérateurs ont fait état des propos attribués à un membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), le Luxembourgeois Yves Mersch, et au chef économiste de la BCE, Otmar Issing, pour racheter l’euro. « Il n’y a rien de déterminé à l’avance. Nous sommes libres et prêts si nous pensons que c’est nécessaire de relever nos taux », a déclaré Mersch au Financial Times, laissant entendre que « des nouvelles hausses des taux par la BCE ne sont pas exclues à court terme ». De son côté, Issing a fait savoir à des journalistes en marge d’un colloque sur la politique monétaire à Francfort que la BCE agira sur ses taux si elle le juge nécessaire. Et d’ajouter que « la décision d’augmenter les taux ne doit pas être vue comme une étape », faisant allusion au message officiel livré jeudi dernier par le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, juste après le relèvement de son principal taux directeur de 2 % à 2,25 %. Celui-ci avait déçu les détenteurs de l’euro en déclarant que la BCE ne prévoyait pas de s’engager « a priori dans une série de hausses de taux ». De plus, l’avertissement lancé hier par le président de la Bundesbank, Axel Weber, sur les risques inflationnistes élevés en zone euro, malgré la récente hausse des taux décidée par la BCE, a contribué aussi à donner de l’actualité à l’achat de la monnaie unique. Enfin, l’annonce d’une augmentation de 6 000 du nombre des demandes d’allocations chômage aux États-Unis la semaine dernière pour s’établir à 327 000, a également déçu les détenteurs du dollar, dans la mesure où ce développement signale des suppressions d’emplois entraînées par le ralentissement de l’économie américaine. Cela d’autant que le maintien des taux britanniques à 4,50 %, à l’issue de la réunion hier de la Banque d’Angleterre, et l’annonce par la Banque du Japon d’un changement probable de politique monétaire à partir du 1er trimestre 2006, ont pesé aussi sur le dollar. L’euro a profité de tous ces développements pour recouvrer tout le terrain qu’il avait récemment perdu et regagner davantage de points, se négociant finalement à New York à 1,1820 $ contre 1,1720 $ la veille, en hausse de 0,85 %.
Rebond de Solidere à 14,75 $
La Bourse de New York a continué de battre en retraite hier, souffrant du renchérissement du pétrole et de statistiques américaines décourageantes. En plus de la nouvelle hausse des demandes hebdomadaires d’allocations chômage, les opérateurs ont fait état aussi de la chute record de 4 % des crédits à la consommation aux États-Unis en octobre par rapport à septembre pour se débarrasser de plusieurs titres américains. L’augmentation de 4 % des ventes mondiales de McDonald’s dans le monde en novembre a été neutralisée par l’annonce par Texas Instruments qu’elle a resserré ses prévisions de chiffres d’affaires pour le 4e trimestre.
Les Bourses européennes ont, au contraire, terminé en hausse, soutenues par l’amélioration des perspectives économiques en zone euro illustrée par la remontée de 1,1 % de la production industrielle allemande en octobre. Les producteurs de pétrole et les sociétés offrant des services de base ont également tiré la cote vers le haut ainsi que les pharmaceutiques.
À la Bourse de Beyrouth, on a relevé le rebond des bancaires et surtout de Solidere dont les actions A et B sont remontées de 14,07 $ à 14,45 $ et à 14,52 $ respectivement après un plus haut à 14,75 $.
Élie KAHWAGI
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