L’euro a continué sa progression face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, après la décision la veille de la Réserve fédérale américaine (Fed) de relever son principal taux directeur de 3,75 % à 4 %, une décision largement anticipée par les opérateurs. Les marchés se sont emportés en faveur de la monnaie unique en s’attendant à un ton haussier de la Banque centrale européenne (BCE), aujourd’hui à l’issue de la réunion de son conseil des gouverneurs sur les taux d’intérêt. Bien que les économistes parient sur un nouveau maintien du principal taux directeur de la BCE à 2 %, ils s’attendent en revanche à voir le président de celle-ci, Jean-Claude Trichet, préparer les marchés financiers à une hausse des taux d’intérêt en décembre. À cela auraient contribué les propos tenus par Trichet lors de la dernière réunion de la BCE, au mois d’octobre, selon lesquels une « forte vigilance » était nécessaire face aux risques inflationnistes, tout en précisant que la banque ne préparait pas de hausse des taux. Cette expression a été interprétée par les marchés comme un pas de plus vers un prochain resserrement monétaire. Il est clair donc que le marché attend aujourd’hui un nouveau signe de la part de M. Trichet en utilisant un vocabulaire encore plus haussier. Cela d’autant que plusieurs responsables de la BCE ont aussi mis en garde contre l’impact des prix de l’énergie qui alimentent l’inflation et suggèrent que l’institut d’émission pourrait décider de relever ses taux plus vite que prévu. Cette perspective a été renforcée hier par l’annonce de l’Agence pour l’emploi en Allemagne que le chômage a reculé dans la première économie de la zone euro à 11 % de la population active en octobre contre 11,2 % en septembre, consécutivement à la création de 94 000 emplois dans les secteurs non agricoles. Ce développement, témoignant de la solidité de l’économie au lendemain de la hausse de l’indice PMI mesurant l’activité industrielle dans la zone euro de 51,7 points en septembre à 52,7 points en octobre, est venu donc privilégier la monnaie unique. Celle-ci est parvenue ainsi à se négocier finalement à New York en nouvelle hausse de 0,42 % à 1,2070 $ contre 1,2020 $ la veille.
Les Bourses en bonne forme
La Bourse américaine a renoué avec la hausse hier, sous la conduite de Time Warner qui a publié un bénéfice net en hausse de 80 % au 3e trimestre. L’autorisation par le conseil d’administration de cette société des rachats d’actions pour un montant supplémentaire de 7,5 milliards $, portant le total du programme des rachats à 12,5 milliards $ d’ici à la mi-2007, a également soutenu le marché. Les opérateurs ont donc ignoré les facteurs négatifs (hausse des taux d’intérêt, les prix élevés de l’énergie, l’agitation politique à Washington et les pertes essuyées par Sun Micro) et se sont mis à racheter les actions de plusieurs sociétés.
Les Bourses européennes ont repris des couleurs, après une série de résultats trimestriels de sociétés, de loin supérieurs aux attentes. La tendance a été soutenue également par les bancaires et les technologiques. Pourtant, l’annonce par le Comité des constructeurs français d’automobiles d’une baisse de 5,8 % des ventes de voitures en octobre a un peu pesé sur la Bourse de Paris.
À la Bourse de Beyrouth, les actions A et B de Solidere ont continué de s’apprécier, remontant de 13,55 $ à 13,58 $, et de 13,48 $ à 13,51 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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