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Actualités - Opinion

La stratégie du gain de temps

Déjà trois résolutions du Conseil de sécurité, et au Liban la situation reste inchangée. Pour reprendre la phrase d’un humoriste célèbre, les Suisses ont les montres et les Arabes le temps. En termes politiques, cela se traduit ainsi : la communauté internationale a beau multiplier les pressions sur la Syrie, affirmer dans toutes les langues et sous toutes les formes qu’elle souhaite l’application de la résolution 1559, au Liban la situation semble baigner dans un flou qui n’a rien d’artistique. Le Conseil des ministres a réussi une grande gageure : éviter de prendre la moindre décision, officiellement pour préserver sa cohésion interne. Mais les Libanais ne savent plus où ils en sont. Un jour, le gouvernement s’inscrit dans la logique internationale et affirme accepter toutes les résolutions, mais le lendemain, les questions litigieuses deviennent une affaire interne, n’en déplaise à la communauté internationale. Un autre jour, l’armée libanaise reçoit l’ordre d’encercler les positions palestiniennes hors des camps, le lendemain, ces ordres sont supprimés et la question des relations libano-palestiniennes est laissée de côté, pour être débattue en tête à tête par les deux parties concernées dans le cadre d’« un dialogue positif et constructif ». Un jour le Liban affirme qu’il compte ouvrir le débat sur les armes du Hezbollah et le lendemain, les représentants de la majorité actuelle défilent chez le secrétaire général du parti ou se font représenter dans une cérémonie qu’il organise. Un jour encore, des voix de la majorité s’élèvent pour réclamer la formation d’un tribunal international pour le procès des assassins de Hariri et le lendemain, le gouvernement décide de ne pas adopter cette revendication. Jusqu’à quand durera ce report constant des décisions ? C’est la question que se posent tous les Libanais qui en ont assez de cette stratégie du gain de temps qui semble être le point commun entre les différentes parties politiques. C’est comme si ces dernières attendaient de voir l’évolution de la situation sur les plans international et régional pour prendre les décisions qui s’imposent. Mais à force de reporter les échéances et de baigner dans la passivité, alors que les médias, eux, entretiennent une mobilisation devenue vaine, Godot pourrait bien passer sans que nul ne l’aperçoive. Plus grave encore, le temps qui passe augmente le marasme et le malaise des Libanais et permet à chaque partie politique de chercher à consolider ses positions. En attendant quoi ? Toujours cet insaisissable Godot. Scarlett HADDAD

Déjà trois résolutions du Conseil de sécurité, et au Liban la situation reste inchangée. Pour reprendre la phrase d’un humoriste célèbre, les Suisses ont les montres et les Arabes le temps. En termes politiques, cela se traduit ainsi : la communauté internationale a beau multiplier les pressions sur la Syrie, affirmer dans toutes les langues et sous toutes les formes qu’elle souhaite l’application de la résolution 1559, au Liban la situation semble baigner dans un flou qui n’a rien d’artistique. Le Conseil des ministres a réussi une grande gageure : éviter de prendre la moindre décision, officiellement pour préserver sa cohésion interne.
Mais les Libanais ne savent plus où ils en sont. Un jour, le gouvernement s’inscrit dans la logique internationale et affirme accepter toutes les résolutions, mais le...