L’euro a progressé face au dollar, hier, sur les marchés des changes internationaux à la suite de déclarations d’un officiel chinois sur une hypothétique réévaluation du yuan. À cet égard, les opérateurs ont été très sensibilisés par les propos tenus à Tokyo par Yu Yongding, membre du comité de politique monétaire de la Banque centrale chinoise, qui a affirmé que le mécanisme actuellement en vigueur pour fixer la valeur du yuan est « changeable » et que la Banque centrale de la Chine pouvait, du jour au lendemain, décider d’un nouveau taux de change. Des rumeurs sur une réévaluation possible du yuan n’ont pas tardé à profiter aux devises asiatiques, et au premier chef au yen, dans la mesure où cette hypothèse évoque pour les investisseurs la possibilité d’une réduction de l’interventionnisme des Banques centrales asiatiques sur les marchés des changes. Ce mouvement, qui a soutenu le yen, a donc affaibli le dollar, ce qui a profité à l’euro, comme ce fut le cas fin juillet quand la Chine avait réévalué le yuan de 2,1 %, pour la première fois depuis 1997, en fixant un nouveau taux de change de 8,11 yuans pour un dollar et en la liant à un panier de devises. L’annonce par le président George W. Bush qu’il nommait Ben Bernanke, le président du Conseil économique de la Maison-Blanche, à la tête de la Réserve fédérale (Fed) pour succéder à Alan Greenspan, n’a pas pu aider durablement le dollar. Il en est de même de la publication des résultats d’un sondage de l’Association américaine des économistes d’entreprises (NABE), faisant état de pressions inflationnistes quasiment sans précédent depuis plus de 20 ans aux États-Unis et qui est passée comme inaperçue, quoiqu’elle soutienne la perspective d’un relèvement des taux d’intérêt américains de 3,75 % actuellement jusqu’à 4,25 % d’ici à la fin de l’année. L’annonce que la balance des comptes courants de la zone euro a affiché un déficit de 6,6 milliards de $ en août, après 4,7 milliards de $ en juillet, ne devait guère peser sur la monnaie unique ainsi que la baisse de 0,1 % des entrées de commandes dans l’industrie dans cette région pendant la même période. L’euro a continué donc à être recherché, se négociant finalement à New York sur un ton soutenu à 1,1985 $ contre 1,1950 $, vendredi dernier, en hausse de 0,29 %.
Les Bourses soutenues par la baisse du pétrole
La Bourse américaine était en nette hausse hier, après la nomination de Ben Bernanke à la tête de la Fed, une figure connue et appréciée par le marché. D’autres éléments ont également poussé la cote vers le haut, notamment la détente des prix du brut après que l’ouragan Wilma eut changé de trajet, épargnant les infrastructures pétrolières du golfe du Mexique. La publication de bons résultats trimestriels d’entreprises, comme Merck, a également soutenu la tendance.
Les Bourses européennes ont terminé aussi en hausse, portées par de bonnes nouvelles de sociétés et par la baisse des prix pétroliers. La détente sur le front de l’inflation en Allemagne en octobre a soulagé le marché ainsi que la décision du gouvernement français d’ouvrir le capital d’EDF en réservant 35 % du montant de l’augmentation du capital de ce groupe électrique au grand public.
À la Bourse de Beyrouth, on a relevé la nette progression des actions A et B de Solidere de 13,23 $ à 13,49 $ et de 13 $ à 13,39 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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