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Police irakienne et marines américains main dans la main à Falloujah

Dans un QG fortifié gardé par les marines, plusieurs dizaines de policiers fraîchement débarqués de Jordanie où ils ont été formés, partagent le thé avec des sous-officiers américains. La scène se déroule à Falloujah, bastion sunnite à 50 km à l’ouest de Bagdad, pacifié au prix d’une offensive américano-irakienne majeure en novembre 2004. Une scène inimaginable il y a un an seulement, car les agents et officiers sont exclusivement recrutés parmi les habitants de la ville, qui faisaient cause commune avec les rebelles avant l’offensive. Par contre, les éléments de l’armée viennent principalement des zones chiites du centre et du sud de l’Irak. Ils sont encadrés par des marines et des officiers de l’International Police Liaison Officers, formé d’anciens policiers américains recrutés par une firme privée Dyncorp sous contrat avec le ministère américain de la Défense. À Falloujah, la profession de policiers est à haut risque. Dix policiers ont été tués dans des attaques depuis la fin de l’offensive baptisée Fajr (Aube). À la cantine, certains portent d’ailleurs un sac en plastique avec leurs vêtements civils. « Je me change pour rentrer chez moi, il ne fait pas bon de circuler seul en uniforme de police », explique un officier. C’est que le danger reste réel en ville en dépit de la présence massive des marines et des soldats irakiens qui continuent d’y patrouiller à l’affût de tout incident ou mouvement suspect. Le QG de la police de Falloujah, forte de 1 200 hommes, est installé dans une école à moitié détruite par l’offensive Fajr et fortement gardée par les marines américains. Des agents de Dyncorp inspectent les lieux. Le propriétaire de la cantine réclame de l’argent aux policiers américains pour nourrir les détenus, qui dorment à même le sol dans une salle aux dalles blanches, éclairée au néon. Dans la cour extérieure de la caserne, la carcasse d’un véhicule est noyée sous l’eau des égouts qui s’y déverse. À l’étage supérieur, le Centre de communication conjoint où s’organisent les liaisons entre la police locale et les marines a été installé. Sous un préau, un officier se repose sur un canapé en velours rouge. D’autres s’équipent pour une patrouille sous l’œil d’un sergent-chef des marines américains. « À votre retour, je veux un rapport écrit pour toute balle tirée ou qui manque à l’inventaire », leur lance-t-il. Casques et gilets pare-balles bleus portant la mention « police », Kalachnikov en bandoulière, les hommes embarquent dans leurs véhicules fraîchement repeints aux couleurs bleues et blanches de la police. Le chef de la police de la ville, le général Saleh al-Ani, dit toutefois manquer d’hommes pour assurer la sécurité dans sa ville. 1 200 hommes de la police ne sont pas suffisants. Il lui en faut 2 000 ou plus. « Pas un dirham et pas un cent ne m’ont été versés en équipement ou en matériel par le ministère de l’Intérieur, tout provient des Marines », fulmine-t-il. Un officier de liaison américain, qui requiert l’anonymat, précise qu’à peine 500 officiers, dont 350 occupent des postes de gestion administrative et 150 participent aux patrouilles, sont opérationnels. « Nous sommes en train d’essayer des les convaincre de baisser le nombre des administratifs de 350 à 50, mais personne ne veut aller patrouiller dans les rues », se désole cet officier. Patrick BAZ/AFP
Dans un QG fortifié gardé par les marines, plusieurs dizaines de policiers fraîchement débarqués de Jordanie où ils ont été formés, partagent le thé avec des sous-officiers américains. La scène se déroule à Falloujah, bastion sunnite à 50 km à l’ouest de Bagdad, pacifié au prix d’une offensive américano-irakienne majeure en novembre 2004. Une scène inimaginable il y a un an seulement, car les agents et officiers sont exclusivement recrutés parmi les habitants de la ville, qui faisaient cause commune avec les rebelles avant l’offensive. Par contre, les éléments de l’armée viennent principalement des zones chiites du centre et du sud de l’Irak. Ils sont encadrés par des marines et des officiers de l’International Police Liaison Officers, formé d’anciens policiers américains recrutés par une firme...