L’homme ne descendrait pas d’un singe, lui-même descendu de l’arbre pour aller se redresser dans la savane, mais... de son crâne, plus précisément de la formation d’un os niché à la base de sa tête, programmée dans ses cellules.
Telle est du moins l’hypothèse développée par la paléontologue française Anne Dambricourt-Malassé dans Homo sapiens, une nouvelle histoire de l’homme, documentaire tourné par Thomas Johnson en coproduction Arte-France/Play Film/Discovery International Networks/NMO. Contrairement au titre du film, cette histoire relatant une des nombreuses tentatives d’explication de la stature verticale et de la bipédie humaine n’est plus entièrement nouvelle. La chercheuse de l’Institut de paléontologie humaine à Paris y travaille depuis vingt ans, depuis qu’elle a eu l’idée de ne plus regarder les crânes, comme nous autres, d’en haut, mais d’en bas. Elle l’avait déjà publiée, en 1996, dans la revue La Recherche.
Pour Anne Dambricourt-Malassé, les explications environnementales de l’apparition de la bipédie, selon lesquelles ce mode de locomotion a été imposé au préhumain par la disparition des forêts au profit des savanes en Afrique, suite à un changement climatique, ne tiennent plus. Le redressement du corps, clame la Française, est la manifestation d’une force interne, qui aboutit à la formation, chez l’embryon de 7 à 8 semaines, d’un os en forme de papillon à la base du crâne, le sphénoïde.
Tout premier os à se développer chez l’embryon, plat au départ, le sphénoïde fléchit et aboutit à la mise en place non seulement de l’architecture du crâne, mais de celle de l’ensemble du squelette. Alors que les primates primitifs, comme les lémuriens actuels, auront à la naissance un crâne allongé, relié à un cou fixé derrière le cerveau, plus le primate sera évolué, plus le cou sera poussé vers l’avant.
Chez l’homme, ces contractions vont placer tous les os plus ou moins sous le cerveau et décider, bien avant sa naissance, qu’il portera sa tête perchée au sommet d’une colonne vertébrale verticale. Anne Dambricourt-Malassé affirme avoir identifié, dans les 60 millions d’années d’évolution des primates, cinq grands fléchissements, ou « macroévolutions », qui ont abouti à l’homme. (Diffusion sur Arte, le 29 octobre à 20h45).
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Telle est du moins l’hypothèse développée par la paléontologue française Anne Dambricourt-Malassé dans Homo sapiens, une nouvelle histoire de l’homme, documentaire tourné par Thomas Johnson en coproduction Arte-France/Play Film/Discovery International Networks/NMO. Contrairement au titre du film, cette histoire relatant une des nombreuses tentatives d’explication de la stature verticale et de la bipédie humaine n’est plus entièrement nouvelle. La chercheuse de l’Institut de paléontologie humaine à Paris y travaille depuis vingt ans, depuis qu’elle a eu l’idée de ne plus...