Berry, Joumblatt et Nasrallah sont tous trois représentés au sein du gouvernement. Cela ne les a pas empêchés de lancer contre les prestations de Siniora à New York une véritable campagne de critiques. Une contestation qui ne passe évidemment pas inaperçue du côté des chancelleries. Aussi, des diplomates arabes et étrangers en poste à Beyrouth ne cachent pas la crainte de voir l’élan de solidarité internationale à l’égard du Liban se ralentir. Pour la bonne raison que les puissances sont désormais en droit de se demander si le président Fouad Siniora, confronté à une opposition aussi forte et miné de l’intérieur, a effectivement les moyens de tenir ses engagements de réformes. Ces cadres diplomatiques pensent pour leur part que les procès d’intention visant le président du Conseil ne sont pas du tout dans l’intérêt du Liban. Ils soulignent que tout ce que Siniora a fait, à New York, c’est exposer, avec le concours d’Azour, de Haddad et de Salamé, son programme de réformes. Sans se soumettre à des injonctions dans ce domaine, injonctions qui ne lui ont d’ailleurs pas été faites. Ni par la partie invitante ni par aucun participant. Toujours selon les diplomates, l’attention internationale n’équivaut pas du tout à une immixtion dans les affaires intérieures du Liban. À preuve les attestations de Kofi Annan mais aussi des Affaires étrangères russes. Qui ont souligné, dans un communiqué, que Moscou participe volontiers aux efforts déployés en faveur de la stabilité, du développement et de la prospérité. Pour mettre ensuite l’accent sur l’importance de ce dialogue interlibanais pour les réformes que la Russie a toujours prôné en réitérant en conclusion l’engagement de toujours soutenir les initiatives en faveur de l’avenir du Liban.
Les mêmes diplomates notent que le bruitage hostile s’est accentué quand Siniora a été voir Dick Cheney. Ils notent que Berry lui a reproché d’agir sans le consulter. Et il a répondu qu’il applique le principe de la séparation des pouvoirs. Et qu’il est prêt à rendre compte à la Chambre. Berry a répliqué avec sarcasme en lançant que Siniora n’a pas inventé la poudre. Et en affirmant que ses propres propos entrent dans le cadre de la fonction de censure du Parlement. En tout cas, il a fixé une séance d’explications, place de l’Étoile, mercredi prochain. Non sans égratigner encore Siniora sur les privatisations en affirmant que nul ne peut vendre le pays. Siniora a répondu que les privatisations sont prévues dans la déclaration ministérielle, approuvée par la Chambre. Soulignant en outre que Berry est représenté au sein du gouvernement. Cependant, Siniora s’est vu reprocher par des membres de son propre bloc de n’avoir pas évoqué le plan de réformes exposé à New York en Conseil des ministres, alors même qu’il en avait dirigé une séance la veille de son voyage. La réponse des loyalistes est que Siniora a été pris de court. Il ne voulait pas se rendre en Amérique, et on l’y a convié avec insistance. Il n’était pas vraiment prêt, et il aurait travaillé sur le plan des réformes pendant le voyage même.
Toujours est-il que les diplomates cités relèvent que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, bien que manifestement réticent, a souligné qu’il faut attendre, avant de juger, d’entendre Siniora. Nasrallah est concerné par la 1559 et le désarmement du Hezbollah. Il n’a pas dû lui échapper que le Premier ministre a affirmé que les États-Unis, la France et les autres nations participant au Core Group se sont montrés compréhensifs à l’égard de la position libanaise. Qui est qu’il faut laisser aux Libanais la latitude et le temps de trouver entre eux une solution
Khalil FLEYHANE
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Berry, Joumblatt et Nasrallah sont tous trois représentés au sein du gouvernement. Cela ne les a pas empêchés de lancer contre les prestations de Siniora à New York une véritable campagne de critiques. Une contestation qui ne passe évidemment pas inaperçue du côté des chancelleries. Aussi, des diplomates arabes et étrangers en poste à Beyrouth ne cachent pas la crainte de voir l’élan de solidarité internationale à l’égard du Liban se ralentir. Pour la bonne raison que les puissances sont désormais en droit de se demander si le président Fouad Siniora, confronté à une opposition aussi forte et miné de l’intérieur, a effectivement les moyens de tenir ses engagements de réformes. Ces cadres diplomatiques pensent pour leur part que les procès d’intention visant le président du Conseil ne sont pas du tout dans...