Secrétaire général adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem proclame que les conclusions de l’enquête internationale ne doivent entraîner aucun effet politique. Précisant que c’est uniquement à la lumière d’un jugement définitif que des positions politiques pourraient être prises. En clair, cela signifie que l’on ne doit pas inquiéter le régime avant un tel jugement. Qui pourrait bien, du reste, n’être rendu qu’après la fin du mandat prorogé, dans deux ans. De plus, le Hezbollah applaudit très fort au discours tenu à New York par le président Émile Lahoud. En tout cas, plusieurs professionnels pensent que le Hezb n’accepterait de se rallier à l’idée d’un départ anticipé du régime qu’à la stricte condition d’une entente autour d’un successeur qui aurait son propre agrément. Il veut des garanties concernant la neutralisation de la 1559 et de la 1614.
Parmi les autres forces réputées favorables au maintien du régime tant que l’on ne sait pas qui va lui succéder, on cite les aounistes. Certaines parties laissent entendre que Bkerké, de son côté, jugerait plus raisonnable de laisser le président Lahoud terminer son mandat. Il se murmure aussi qu’en raison de divergences croissantes avec le président Siniora, tant au sujet des privatisations ou de la suppression de la Caisse des déplacés qu’à cause du facteur américain, les progressistes ne sont plus aussi chauds pour la démission du président Lahoud. Mais leur position officielle reste quand même que le changement doit intervenir. Cependant, ni les aounistes (dont le leader s’est d’ailleurs porté candidat à la présidence) ni les socialistes ne sont engagés dans une défense ouverte du maintien. Ils ne s’avancent pas dans cette voie aussi loin que le Hezbollah. Qui ne semble pas du tout disposé à lâcher le président Lahoud, parce qu’il a toute sa confiance. Alors qu’un autre pourrait lui être moins favorable, sinon hostile. On peut penser du reste que l’attitude du Hezbollah a incité Walid Joumblatt, qui tient beaucoup à de bons rapports avec cette formation, à mettre en sourdine sa campagne contre le régime Lahoud. Bien entendu, le président Berry suit la même ligne générale que le Hezbollah.
Quant au patriarcat, les politiciens avertis jugent que les propos répandus quant à sa position ne sont que de l’intox. Ils rappellent que le patriarche Sfeir n’appuyait pas, au départ, la candidature du général Émile Lahoud à la présidence de la République. Car, selon l’avis qu’il émettait à l’époque, le général dont les mérites professionnels étaient indéniables, manquait d’expérience politique. Plus tard, rappellent les mêmes sources, le patriarche s’est opposé à une prorogation qui mettait à mal l’esprit de la Constitution. Cependant, Mgr Sfeir est évidemment contre le recours à la violence, et à la rue, pour révoquer le régime. Il met en garde contre les dangereuses divisions intérieures qui prendraient corps alors, plongeant le pays dans l’anarchie politique sinon sécuritaire. Face à une telle perspective, le maintien serait un moindre mal. Le prélat pense dès lors que l’éviction doit se faire en douceur, régulièrement. Et ne pourrait bien se dérouler que si elle était précédée d’un accord de présélection des candidats à la succession. Qui devraient tous être de toute première qualité. Ce qui faciliterait le choix, au moment crucial, évitant au pays un vide institutionnel prolongé, susceptible de déboucher sur un compromis bancal favorisant des postulants peu reluisants. Ce dont le Liban souffrirait fatalement. Il reste que le patriarche Sfeir ne compte pas du tout entrer dans le jeu des noms, qui est de la responsabilité des pôles politiques et des blocs parlementaires. Il rappelle que Bkerké n’a qu’une autorité morale, pas exécutive. Et que son rôle est d’éclairer, d’orienter, de conseiller, d’avertir. De rappeler constamment la nécessité de pourvoir aux besoins de la population, comme de défendre les intérêts nationaux bien compris. En ce qui concerne la présidentielle, il n’appartient au patriarche que de définir des critères de sélection.
Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Secrétaire général adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem proclame que les conclusions de l’enquête internationale ne doivent entraîner aucun effet politique. Précisant que c’est uniquement à la lumière d’un jugement définitif que des positions politiques pourraient être prises. En clair, cela signifie que l’on ne doit pas inquiéter le régime avant un tel jugement. Qui pourrait bien, du reste, n’être rendu qu’après la fin du mandat prorogé, dans deux ans. De plus, le Hezbollah applaudit très fort au discours tenu à New York par le président Émile Lahoud. En tout cas, plusieurs professionnels pensent que le Hezb n’accepterait de se rallier à l’idée d’un départ anticipé du régime qu’à la stricte condition d’une entente autour d’un successeur qui aurait son propre agrément. Il veut des...