La presse anglaise, impitoyable jeudi, réclamait quasi à l’unisson le départ du sélectionneur Sven-Goran Eriksson, après la débâcle de l’Angleterre en Irlande du Nord (0-1), en match de qualifications au Mondial 2006 à Belfast.
Depuis son entrée en fonctions en janvier 2001, le Suédois, 57 ans, a appris à composer avec la fureur des tabloïdes. Mais la charge menée jeudi est parmi les plus sévères qu’il ait eu à endurer. « Virez le nul », s’emporte le Daily Mirror, « Taxi pour Eriksson », demande le Sun, des titres faisant écho aux « Virez le Suédois » chantés par les supporteurs anglais à Windsor Park.
Les chiffres sont certes brutaux pour Eriksson. L’Irlande du Nord n’est que 116e au classement mondial – alors que, la veille, le technicien suédois prétendait encore que l’Angleterre pouvait lutter d’égal à égal avec le Brésil, champion du monde –, et elle n’avait pas battu les Anglais à Belfast depuis 78 ans.
Les Nord-Irlandais n’avaient plus non plus marqué le moindre but aux Anglais depuis 1980. Dans l’équipe dirigée par Lawrie Sanchez, qui avait battu samedi l’Azerbaïdjan (2-0), son premier succès depuis quatre ans en compétition internationale, figuraient seulement trois joueurs évoluant en 1re division anglaise.
Ce revers, qui suit celui déjà très remarqué à la mi-août en amical au Danemark (1-4), met aussi fin au record d’invincibilité d’Eriksson en matches de qualifications à un tournoi majeur (21 matches sans défaite). L’ancien entraîneur, entre autres, de Benfica, l’AS Rome et la Lazio Rome est fustigé pour sa ligne tactique illisible.
« Je ne vais
pas démissionner »
Le positionnement côté gauche de Wayne Rooney s’est révélé être un fiasco. L’attaquant s’est de plus énervé au point d’insulter ses partenaires et d’écoper d’un avertissement qui le prive du prochain match contre l’Autriche, le 8 octobre.
Au milieu de terrain, David Beckham a brillé depuis son poste axial. Mais au détriment de Steven Gerrard et Franck Lampard, apparus bien loin de leurs standards. Globalement, les joueurs se sont montrés « sans imagination ni envie, étranglés par un système qu’ils n’aimaient clairement pas », comme le dit le Daily Telegraph.
Eriksson, premier sélectionneur étranger de l’Angleterre, paie aussi sans doute le prix de sa froideur, de son manque de passion apparents. Il « a refusé la seule chose décente : démissionner, car l’Angleterre n’a aucune chance de gagner la Coupe du monde sous ses ordres. En fait, nous pourrions même ne pas y aller », reproche le Sun.
« Je ne vais pas démissionner », avait prévenu le Suédois, admettant tout de même : « C’est ma pire expérience comme sélectionneur de l’Angleterre.» L’éventualité de son départ reste plus qu’improbable, avant les deux matches que l’Angleterre doit remporter face à l’Autriche et la Pologne pour se qualifier directement.
Le Suédois n’a certainement pas l’intention d’abandonner de lui-même son poste, alors que son éviction lui permettrait d’empocher 10 millions de livres (14,7 millions d’euros). Une perspective qui fera longuement et mûrement réfléchir la Fédération anglaise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La presse anglaise, impitoyable jeudi, réclamait quasi à l’unisson le départ du sélectionneur Sven-Goran Eriksson, après la débâcle de l’Angleterre en Irlande du Nord (0-1), en match de qualifications au Mondial 2006 à Belfast.
Depuis son entrée en fonctions en janvier 2001, le Suédois, 57 ans, a appris à composer avec la fureur des tabloïdes. Mais la charge menée jeudi est parmi les plus sévères qu’il ait eu à endurer. « Virez le nul », s’emporte le Daily Mirror, « Taxi pour Eriksson », demande le Sun, des titres faisant écho aux « Virez le Suédois » chantés par les supporteurs anglais à Windsor Park.
Les chiffres sont certes brutaux pour Eriksson. L’Irlande du Nord n’est que 116e au classement mondial – alors que, la veille, le technicien suédois prétendait encore que l’Angleterre pouvait...