Des rumeurs faisaient état hier en Birmanie et en Thaïlande du renversement du leader de la junte birmane, le général Than Shwe, qui aurait été évincé par le numéro deux du régime militaire. Than Shwe, le chef de la junte au pouvoir depuis 1962, aurait été renversé par le général Maung Aye. Les rues de Rangoon étaient calmes hier et, d’après les habitants, aucun dispositif de sécurité exceptionnel n’était en place.
Un responsable des services de renseignements thaïlandais a déclaré à Reuters qu’une enquête était en cours pour faire la lumière sur cet éventuel coup d’État en l’absence de confirmation officielle des autorités de Rangoon. « Nous avons entendu que Maung Aye avait pris le pouvoir à Than Shwe, en raison d’allégations de corruption et d’implication dans un trafic d’armes illégal », a déclaré ce responsable thaïlandais. Mais le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Kantathi Suphamongkhon, a déclaré à la presse qu’il ne s’agissait « pour le moment que d’une rumeur ».
En exil à New Delhi, Soe Myint, rédacteur en chef du site Internet mizzima.com favorable à l’instauration d’une démocratie en Birmanie, a pour sa part déclaré que le coup d’État pourrait avoir eu lieu lundi au cours du Conseil des ministres. Selon lui, des dissensions auraient vu le jour entre les généraux et un groupe de cinq militaires aurait décidé de renverser Than Shwe, « accusé de népotisme et jugé incapable de diriger le pays ». « Depuis, il y a un véritable black-out et nous n’avons eu aucune nouvelle du Conseil des ministres », a ajouté Soe Myint. Selon des diplomates en poste à Rangoon, le chef de la junte, qui n’a plus été aperçu à la télévision publique depuis samedi, pourrait simplement être parti en visite en province. Than Shwe, âgé de 73 ans, est au pouvoir depuis 1992.
Toutefois, des diplomates occidentaux et asiatiques jugeaient pour leur part peu probable qu’un coup d’État ait vraiment eu lieu. « Il y a beaucoup de rumeurs, mais rien n’est confirmé. Nous estimons toujours qu’il ne s’agit que d’une rumeur infondée », a déclaré un diplomate occidental. La principale organisation d’opposition birmane, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), partageait cette opinion.
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