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CAMBODGE Les anciens dirigeants khmers rouges risquent d’échapper à la justice

Deux procès qui viennent d’avoir lieu au Cambodge augurent mal d’un jugement en toute indépendance des anciens dirigeants khmers rouges, ont déclaré des juristes et défenseurs des droits de l’homme, qui n’hésitent pas à les qualifier de parodie de justice. Le Cambodge affirme qu’il fera comparaître devant un tribunal les coupables présumés d’un génocide ayant fait près de deux millions de morts entre 1975 et 1979. Mais les sceptiques évoquent le risque qu’ils échappent définitivement à la justice, tout comme leur chef Pol Pot, mort en 1998. Des financements restent à trouver et des responsables à nommer pour juger une poignée de survivants, souvent âgés et malades, de cette période noire. Si le procès a enfin lieu, deux verdicts rendus cette semaine et la semaine dernière ont renforcé l’idée que la justice cambodgienne, même aidée de magistrats internationaux comme cela est prévu pour les Khmers rouges, est mal équipée pour faire son travail. Mardi, un tribunal militaire a condamné à sept ans de prison un député de l’opposition, Cheam Channy, pour tentative de former une armée clandestine dans le but de renverser le gouvernement. Le jugement a provoqué un tollé de la part d’organisations des droits de l’homme. Les États-Unis ont stigmatisé « un procès qui soulève une nouvelle fois la question de la compétence et de l’indépendance de la justice du Cambodge ». Des critiques semblables avaient été portées la semaine dernière contre la condamnation à 20 ans de prison de deux hommes accusés du meurtre d’un dirigeant syndical en 2004, et qui ne seraient que des boucs émissaires. « Le problème dans ce pays est que les vrais criminels sont ceux qui ont comploté pour travestir la loi et les tribunaux afin de réprimer l’opposition sociale et politique », déclare Steve Heder, un juriste de l’Université de Londres basé à Phnom Penh, qui suit les préparatifs du procès des Khmers rouges. « Cela augure très mal des perspectives de voir l’appareil juridique et judiciaire du Cambodge capable de tenir son rôle de manière satisfaisante au procès des Khmers rouges. Je suis d’accord avec ceux qui estiment que les choses vont de mal en pire », ajoute-t-il.

Deux procès qui viennent d’avoir lieu au Cambodge augurent mal d’un jugement en toute indépendance des anciens dirigeants khmers rouges, ont déclaré des juristes et défenseurs des droits de l’homme, qui n’hésitent pas à les qualifier de parodie de justice. Le Cambodge affirme qu’il fera comparaître devant un tribunal les coupables présumés d’un génocide ayant fait près de deux millions de morts entre 1975 et 1979. Mais les sceptiques évoquent le risque qu’ils échappent définitivement à la justice, tout comme leur chef Pol Pot, mort en 1998.
Des financements restent à trouver et des responsables à nommer pour juger une poignée de survivants, souvent âgés et malades, de cette période noire. Si le procès a enfin lieu, deux verdicts rendus cette semaine et la semaine dernière ont renforcé l’idée...